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dimanche 12 mars 2017

COOL VIDS : Nico pour Pop 2 [1972]



Pour Pop 2, Nico répond (en français) aux questions de Patrice Blanc Franquard. Elle interprète également deux de ses plus bouleversants chefs-d'oeuvre : Janitor of lunacy et You forgot to answer. Immense moment de télévision...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaires !]


samedi 11 mars 2017

DON'T BOGART ME...


Faites tourner !
Je suis certain que vous êtes plus partageurs que la jeune demoiselle ci-dessus, dont seuls les formes semblent généreuses ! N'hésitez donc pas à vous servir de l'espace des commentaires de ce post pour nous offrir vos récentes trouvailles.  
Si vous avez des idées de posts, l'envie de nous présenter vos trésors ou besoin d'aide pour dénicher une perle rare, c'est également ici que ça se passe.
Jimmy JIMI  

vendredi 10 mars 2017

MEMORABILIA : Ready, Steady, Go !


Ready, Steady, Go ! J'aime cette émission comme si j'avais pu la voir ! C'est que j'ai tant fantasmé sur ce pays magnifique et cette époque sacrée... Oui, le week-end commençait devant le poste, tous les vendredis entre 17 et 18 heures, au son du superbe 5-4-3-2-1 de Manfred Mann (remplacée, plus tard, par Hubble bubble, toil and trouble du même groupe). Avant d'enfiler leur plus beau costume et de gober quelques pilules contre le sommeil pour aller enflammer les pistes des clubs chics, les jeunes gens à la cool regardaient R.S.G! quasi religieusement. Elle fut l'une des premières émissions télévisées britanniques consacrées au rock et à la pop et sa diffusion s'étala superbement d'août 1963 à décembre 1966. L’émission était plus orientée vers la jeunesse que sa rivale de l’époque, Top of the Pops, diffusée sur la B.B.C.


A l'origine, les artistes n'étaient autorisés qu'à mimer leurs chansons. Toutefois, début 1964, certains groupes donnèrent de vraies performances avant que cela ne se banalise en avril 1965. Il était demandé aux artistes de jouer des versions complètes de leurs titres plutôt que des versions raccourcies telles qu’elles étaient réclamées par les shows de l’époque. Les tournages se faisaient en présence d'un auditoire sélectionné aussi bien pour sa façon de s'habiller que pour sa capacité à danser. La production avait choisi un studio plutôt exigu situé sur Kingsway, mais qui avait l'avantage d'être au centre de Londres, d'où les particularités marquantes de l'émission : les artistes jouaient sur de petites estrades pratiquement de plain-pied avec le public et au contact des danseurs, et on avait pris le parti de laisser visibles à l'écran les grosses caméras TV de l'époque. D'où une impression de chaleur et d'authenticité qui tranchait radicalement avec les émissions conventionnelles de variétés. Les gros plans réalisés sur l'auditoire ont énormément contribué à répandre les canons de l'esthétique mod dans tout le Royaume-Uni dans les années 1964-1965. 


Fin 1966, avec l'effacement du mouvement mod et la fin de l'âge d'or de la musique beat, l’émission fut retirée des grilles de programmes, en plein apogée du Swinging London. Sa disparition au summum de sa gloire permit à R.S.G! d’acquérir un statut d’émission culte.


Pendant toute la diffusion de l’émission, les principaux présentateurs furent Keith Fordyce et Cathy McGowan, bien que les premières émissions furent présentées par Dusty Springfield (et sa choucroute magique !). De plus, R.S.G! était occasionnellement présentée par David Gell et Michael Aldred. La délicieuse Cathy McGowan rejoignit l’émission après avoir répondu à une annonce qui cherchait une "adolescente typique" pour travailler comme présentatrice. Ses bafouillages et sa difficulté à garder son calme pendant les interviews et son apparente inexpérience ne la rendirent que plus populaire auprès du public. Vers la fin de la diffusion de l’émission, elle présentait seule.



R.S.G! avait pour vedettes des groupes et des artistes à succès : The Beatles, Gerry And The Pacemakers, The Rolling Stones, Donovan, The Dave Clark Five, Dusty Springfield, Bobby Vee, The Animals, Cilla Black, The Searchers, The Who, Georgie Fame and the Blue Flames, Billy Fury, Lulu, Van Morrison, Marvin Gaye, Gene Pitney, The Beach Boys, Sandie Shaw, Burt Bacharach, Samantha Jones, Jerry Lee Lewis, Kenny Lynch, Simon Scott (III), Them, The Yardbirds etc. Ready, Steady, Go! fut impliquée en grande partie dans le succès planétaire de Jimi Hendrix. Sa première performance télévisuelle en Angleterre fut dans cette émission. Après cette apparition, les concerts apparaissaient complets. La seconde fois où il retourna en Angleterre, il joua au Royal Albert Hall. Le chauffeur de salle fut pendant de nombreuses années Gary Glitter (C'est peut-être là qu'il commença à s'intéresser d'un peu trop près aux très jeunes personnes !). Il aida aussi la sécurité (il peut d’ailleurs être aperçu dans un film qui montre les fans des Beatles crier et devenir hystériques). L’émission était déjà terminée depuis 6 ans lorsqu’il se fit connaître grâce à son hit Rock'n'roll (parts one and two) en 1972 et devint l'un des fers de lance du mouvement glam rock. 




L’émission n’avait pas peur de présenter des artistes relativement peu connus à l’époque, venant du Royaume-Uni ou des États-Unis. Les comédiens Peter Cook & Dudley Moore firent aussi leurs premières apparitions dans cette émission. Une seule fois, R.S.G! fut tourné non pas à Londres mais à Paris, dans la fameuse discothèque La Locomotive, près de la place Pigalle. L'émission diffusée le 1er avril 1966 s'appela pour l'occasion Ready, Steady, Allez ! et fut l'occasion de présenter au public britannique Antoine, Hugues Aufray et Mireille Mathieu.
Jimmy JIMI & WIKIPEDIA [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]






jeudi 9 mars 2017

COOL BOOKS : Nick Tosches - Country, Les Racines Tordues Du Rock'n'roll [1976] + VARIOUS ARTISTS ~ Country Roots [HMC. 2017]


Parfois, sans doute pour camoufler la couche d’inculture crasse sous le tapis usé par les pas de danse de mes fanfaronnades, je me prends pour maître Eckhart, cherchant à définir l’objet de mon attention par ce qu’il n’est pas. 
Il n’est jamais trop tôt pour passer la serpillière sur nos rétines encrassées. La country était venue jouer les troubles fêtes dans la cassette des Beatles de la voiture familiale, avant de reparaître, sous un chapeau noir et des lunettes noires, dans un rawhide endiablé. La crise existentielle vint après,  à la découverte des derniers albums de Johnny Cash, il était temps de plonger le vide de mon identité courroucée dans les grands lacs, de l’empuantir en suivant les bisons, de lui faire passer ses prétentions intellectuelles en tâtant du hillbilly de derrières les bûches, de contempler l’abîme existentialiste et situationniste depuis les grandes plaines. Le blues urbain n’y pouvait rien, country boy dans les oreilles et nature writing sous le bras, je repartais me ressourcer, loin des danses en lignes et des cheveux gominés, dans ce que je croyais la country, j’étais fier de mon Steve Earle, de mon circle unbroken, des festivals sous terre et d'une liste de références dont je n'allais pas tarder à découvrir l'inanité.
Pour tout dire, je venais de terminer d'en découdre avec "trinités", un polar mafieux du même auteur, j'étais enjoué, et sa manière de rentrer dans le moule du genre afin d'y planter une graine culturelle torve m'avait séduit plus que de raison. J'avais des attentes (il en va de l'amour comme de la littérature), l'année d'écriture, la thématique, le pelvis d'Elvis, je guettais une approche gonzo, une chronologie de la décadence. J'entreprenais le bourbon à côté de moi de mon plus beau regard prêt à lui lâcher tout ce que j'avais de raison gardée, de morale et de vertu, je dardais mon marque page d'un air entendu, et j'entrepris de plonger entre les accords tordus au cœur de la country.


Cet ouvrage n'est pas une chronologie; non pas qu'il n'en a pas la prétention, c'est juste qu'il a mieux à faire que de vous servir de guide procédural pour mener à bien votre thérapie du temps, pour les balises scolaires, il faudra passer votre chemin. J'avalais une première gorgée, pour la soif, pour faire passer le coup âpre de la journée et me gargariser de satisfaction, la décadence, donc. Ce livre n'est pas un opus gonzo échappé d'un asile pour schizoïde en manque de reconnaissance livresque, une manière de dire, encore et toujours, que les éructations du moi s'encrassent si elles ne peuvent se livrer à quelques massacres (si possible arme au poing dans le désert en attendant qu'un policier véreux fasse son entrée). La deuxième gorgée fut déjà plus circonspecte; derrière la suavité du breuvage, je devinais quelque chose de pas net. Ce livre n'est pas une contre-histoire de la country, vous savez l'une de ces réunions pour snob anonyme de salons mondains, de ceux que les rotary du monde entier invitent pour s'encanailler, l'une de ces causeries de rock-critics ou d'artistes désabusés et antisociaux, certes, mais surtout fauchés qui viennent vous expliquer ce que la rébellion en tendant la main de manière agressive (quitte à demander de l'aide autant le faire avec panache). La troisième gorge m'a rasséréné, j'étais au bon endroit, pas de posture de poseur pontifiant, pas de jargon, pas d'entrée classique, pas de chronologie, les premières pages suffisaient à mon bonheur. Il n'y eu pas de quatrième gorgée; après ça, il n'y eut plus que des bouteilles, des tonneaux, des cargaisons entières; j'aurais bon continué à vider l'océan du Kentucky, jamais plus je ne pourrais revenir en arrière, j'en ai trop vu. Cet ouvrage n'est pas sain.
Country n'est plus d'actualité, on pourrait se demander à quoi sert un livre de 1976 à peine retouché pour comprendre l'histoire d'un style musical qui a su se renouveler depuis. Cette question n'a pas de sens et j'ai compris trop tard pourquoi.  Le bourbon faisait désormais son office, j'abordais la page 8 (ou 18 qu'importe) en toute quiétude, j'allais me délecter de chapitres courts, d'anecdotes frappées au coin des émotions, j'allais coller mon œil malicieux de voyeur assoiffé de connaissance et de noms à noter en vrac pour écouter ses artistes un peu plus tard à l'embouchure du style foutraque de l'auteur et tout se terminerait pour le mieux, l'alcool n'était pas totalement digéré je m'enfonçais encore, bienheureux, dans l'idéal. Je n'ai pas vu le coup venir, je me souviens juste m'être réveillé (Page 9 ou 19 mais who give a shit) avec Platon en face de moi et, là, j'ai arrêté de faire le malin (tout en préférant le goulot au verre).  Quelques chapitres sont courts et proposent effectivement des "anecdotes", des faits divers intéressants ou cocasses, mais ils sont là pour fournir au lecteur une goulée d'air soi-disant salvatrice (on préférerait en terminer une bonne fois pour toute ne plus revoir le dedans de la caverne). Le découpage s'articule surtout autour de longs chapitres thématiques (le sexe, les liens entre musique blanche et musique noire etc.), il sera stupide de chercher à en rentre compte précisément ici, c'est pourquoi je vous propose d'étudier rapidement les trois types de racines auxquels vous aurez à faire durant de voyage (afin de savoir ce qui vous tirera vers les profondeurs insoupçonnées de votre subconscient, à moins que le Blanton's ne suffise à cette tâche).
Je vous rassure, si quelques exégètes pourraient voir un lien entre le système racinaire et un rhizome deleuzien, l'ouvrage reste accessible, il va vous décaper les neurones et les clichés à l'acide et à la ponceuse diamant, mais vous allez tout comprendre, pas d'anesthésie pendant l'opération.
Il y a d'abord les racines en lesquelles on espère, celles qui plongent droit dans les entrailles du genre, on aborde ici des chanteurs country qui dès les "origines" (les premiers enregistrements) vont faire dans la chanson vulgaire et les sous-entendus salaces ou les artistes qui se positionneront en dehors des sentiers battus en proposant des musiques bigarrés et acrobatiques, toutefois fortes de leur impact, de leur succès et de leur originalités ces racines ont tendances à remonter aussi vite vers le soleil et la lumière afin de goûter à la gratification facile d'être une fleur. En bref, l'auteur vous explique que nombres d'artistes (souvent puritains ou tenants un discours moralisateurs) viennent des bas-fonds du genre et, surtout, qu'un artiste peut se dévoyer en un an ou deux (et encore), que les compromis, les contrats juteux au lieu du plaisir (aucun rapport avec une quelconque défense de valeurs artistiques, ne confondons pas tout) font table rase des innovations pour favoriser une musique trop conformiste et gentillette. Il est étrange de voir traiter des artistes des années 30 (par exemple) avec le même esprit cynique et désabusé qui peut être le notre lorsque nous abordons les pires productions radiophoniques. Il est également intéressant de noter l'explosion musicale que fut cette époque.
C'est ici que l'on touche au deuxième point de cet ouvrage, sans doute le plus important. Si des pages entières sont consacrées (pour notre plus grand bonheur) aux artistes SUN (avec un gros bout de Jerry Lee Lewis dedans, rien d'étonnant) ou à d'autres éléments, c'est un bordel inextricable qui remplace une gentille chronologie pour bachoter son épreuve "histoire de la country" du bac. L'auteur a bien fait son boulot, il a été cherché les origines de nombreux titres, ainsi que les différentes versions et reprises plus ou moins honnêtes, si ce n'est qu'au lieu de dresser un tableau clair et lisible d'un "genre", cela nous mène à devoir faire des liens entre les artistes, les époques, les influences, les publics, les ventes etc. impossible de vraiment s'y retrouver, impossible de ne pas égratigner (en fait totalement massacrer et réduire en charpie) l'image d'une "country" unie et impassible. En fait, la country clichée, celle que l'on nous vend à tour de bras, celle derrière laquelle beaucoup se cachent (avec les valeurs et vertus que j'évoquais plus haut, lorsque j'étais encore sobre) est une pure construction, au même titre que le cow-boy des films (d'ailleurs cette mythification s'en prend un grand coup derrière le crâne au passage). Alors, on pourra toujours reprocher à l'auteur de ne pas parler de telle ou telle influence (d'Amérique du Sud, hispanisante, par exemple) ou de passer outre certaines autres ou de tirer à boulet rouge sur des pans entiers de l'histoire de cette musique (le jazz n'existe que peu). Mais cette hargne, cette gratuité, font du bien au moral (on sourit à dents pointues et acérées quand il s'agit de tacler Bernstein au passage), ça fait partie de la boue, de l'esprit "hillbilly" tel qu'il fut avant qu'on ne le brade au moins offrant. Les références se mêlent, s'entremêlent, se chevauchent, on s'y perd et l'on comprend que c'était aussi le cas à l'époque. Se moquer des noirs en se grimant la figure et en les parodiant tenait de la farce raciste, d'un air du temps rance et parfois de l'hommage sincère, parfois jusqu'à accoucher d'une foutue bonne musique, rien n'est clair dans ce passé tordu.
Sans doute histoire d'enfoncer le clou, de dire que rien n'est simple, on se retrouve parfois à sauter à la perche au-dessus de nos attentes, de nos références, du continuum commun pour venir se prendre la tête dans l'étau culturel. Ce n'était pas une hallucination dictée par un sevrage trop long, on vous parlera bel et bien de Platon et les pages remontera le temps (de l'antiquité aux U.S.A. balbutiante et phocomèle en passant par le moyen-âge anglais). Un moyen de toucher du doigt la persistance des histoires à travers les siècles et les cultures mais aussi (surtout) de relativiser notre réception de ces dernières. Ce qui paraît original et nouveau n'est souvent rien d'autre qu'un succédané, qu'une copie pâlotte, informe et commerciale d'une production ancestrale de haute volée, alors qu'une sonorité anodine vrille la roue du temps pour lui imposer une vitalité nouvelle loin des réincarnations sous-payées qui nous tiennent lieux de muses inspiratrices.

Il serait trivial, pire prévisible, de dire qu'en s'enfonçant dans les racines d'un genre, Nick Tosches nous ramène vers les cimes de la country qu'il nous fait percevoir les  qualités insoupçonnées du genre. Alors que c'est finalement l'inverse, il recouvre d'une couche de crasse supplémentaire ce que nous prenions pour de l'immoralité, il renforce de pièces de cuir cloutées ce que nous avions tendances à percevoir comme dur, il écrase la fourmilière de nos missel, il nous force à repenser nos acquis, à boire plus pour ouvrir nos oreilles à des sonorités dans nous n'avions que les images (en gros, percevoir la country comme le relent bigot de la musique des cow boy d'Hollywood tous blancs et virils, c'est creuser nos yeux à la pioche en pensant y trouver de l'or).
Œuvre qu'il doit faire bon pouvoir citer dans les "incontournables" sans jamais l'avoir lue, histoire de prouver que l'on fait bien son boulot de "journaliste spécialisé", ce court ouvrage est jouissif par bien des aspects, fait réfléchir et relativiser par d'autres mais, surtout, il fait mal tant il sait remettre en question notre besoin de confort.
YGGDRALIVRE [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Warren Smith - Black Jack David
02 - Warren Smith - Ubangi Stomp
03 - Jim Reeves - Tahiti
04 - Jim Reeves - Drinking Tequila
05 - Al Dexter - Rock And Rye Rag [Instrumental]
06 - Al Dexter - New Jelly Roll Blues
07 - Billy Ward And The Dominoes - Sixty Minute Man
08 - Billy Ward And The Dominoes - Can't Do Sixty No More
09 - Elvis Presley - That's All Right
10 - Elvis Presley - Blue Moon Of Kentucky
11 - Carl Perkins - Blue Suede Shoes
12 - Carl Perkins - Boppin' The Blues
13 - Moon Mullican - Pipeliner Blues
14 - Roy Acuff - Wabash Cannonball
15 - Bukka White - Bukka's Jitterbug Swing
16 - Bukka White - Aberdeen Mississippi Blues
17 - Webb Pierce - There Stands The Glass
18 - Webb Pierce - Drifting Texas Sand
19 - Jerry Lee Lewis - Great Balls Of Fire
20 - Jerry Lee Lewis - Whole Lotta Shakin' Goin' On 
21 - Luis Russell - Moaning The Blues
22 - Luis Russell - African Jungle
23 - Henry Thomas - Fishing Blues
24 - Henry Thomas - Old Country Stomp
25 - Hank Williams - Lovesick Blues
26 - Hank Williams - Lost Highway
27 - A Cowboy -  Rambling Gambler
28 - A Cowboy - Red River Valley
29 - Jimmie Rodgers -  Pistol Packin' Papa
30 - Jimmie Rodgers - T for Texas (Blue Yodel No. 1)
31 - Del Wood -. Big Daddy
32 - Del Wood - Cajun Stripper
33 - Emmett Miller - I Ain't Got Nobody
34 - Emmett Miller - Lovesick Blues
MP3 (256 kbps) + front cover
COOL 6


mercredi 8 mars 2017

RICHARD HAWLEY ~ Truelove's Gutter [2009]


Depuis huit ans, Richard Hawley fait la plus belle musique du monde, mais il semble que peu de gens le sachent. Depuis Late night final inaugurant sa carrière solo jusqu'à ce Truelove's gutter, l'homme n'a pas bougé d'un iota, à l'exception du précédent, Lady's bridge, son seul album à moitié raté. Il tient la barre et ne dévie pas. Entre temps, nous avons eu les Strokes, les White Stripes, un groupe avec un chanteur à tête de rat (Muse), un autre à tête de nœud (Coldplay), Keane, Arcade Fire, MGMT etc. Tout ce beau monde se décarcasse avec plus ou moins de talent pour laisser sa petite emprunte dans un rock'n'roll qui commence à sentir l'arthrite. Hawley fait tout le contraire et c'est pour ça qu'il durera plus que les autres. Hors du temps, hors du monde, l'homme de Sheffield chante des berceuses trouvant leur source à une époque que personne n'a réellement connue. Hawley, dans le fond, est comme Dylan : ses références sont toutes hors d'âge. De Gene Vincent à Hank Williams, de Dean Martin à Faron Young, il s'auto-alimente, en toute autarcie, avec les disques qu'écoutaient son père et le père de ce père, et le père de ce père. Rien d'autre n'est venu polluer ses oreilles. Depuis huit ans, il laboure le même sillon. Son art est dans la chanson d'amour, reposant sur presque rien. On trouve, en fouinant bien, du céleste, de la guitare baryton, du vibrato, de l'écho, de la batterie jouée aux balais. Mais pour le reste, c'est le vide. Hawley, Miles Davis du rock, fait ses disques de manière silencieuse. Ce sont les mêmes accords qui l'obsèdent d'album en album et, à vrai dire, le musicien travaille toujours la même chanson. Celle-ci est pleine d'écho, de vent, et chiche en notes. C'est la chanson de La Nuit du chasseur mais en version positive, en version anesthésiante... C'est l'épure absolue. Chez ce romantique vivant dans un monde pré-Beatles, à l'esthétique fifties pleine d'innocence, il n'y a pas une note en trop. Il y a même des fantômes de note. De la guitare liquide, des sons fantasmatiques, des ectoplasmes ! Et puis, le voici qui ouvre la bouche, s'empare du micro, et sort ce truc... cette voix ! Du baryton dément, plus beau encore que ceux de Lee Hazlewood et Scott Walker réunis. Lorsque Richard hawley chante, la beau des disques comme on en fait plusté du monde paraît. C'est un révélateur, un magicien. Qui gère son talent avec une infinie grâce : voir, par exemple, le crescendo hallucinant de Soldier on. Un moment rare, un frisson violent, un émerveillement. Tout le monde est tenté, après s'être enfilé cinquante fois de suite les huit morceaux de Trulove's gutter, de dire qu'il s'agit de son plus bel album. A vrai dire, non. Late night final était parfait. Cole's corner aussi. Lowedges idem. Celui-ci est seulement aussi beau que les précédents, et ce n'est pas une mince affaire. Alors que le monde tourne, s'agite, se pose des questions inutiles (Oasis reformé ? déformé ?), Richard Hawley traîne sa Gretsch et sa mélancolie, chante l'homme de tous les jours, ce working class hero dont il se sent si proche, et continue de sortir méticuleusement des disques comme on en fait plus, qui n'ont d'ailleurs jamais vraiment existé avant lui... Et, de chanson en chanson, au fil des ans, atteint la perfection suprême. Et avec lui est retrouvé le plaisir adolescent de la quête : voici enfin un auteur dont on attend chaque nouvel album en trépignant. Par conséquent, la vraie question est : comment pourrions-nous vivre sans les albums de cet homme ? Durement, sans doute.
Nicolas UNGEMUTH [Rock&Folk 507 - Novembre 2009]

C'est une nouveauté pour Absolutely Cool : de temps à autre, je vous proposerai un chef-d'oeuvre accompagné d'une chronique d'époque... Oh, je ne suis pas sans savoir que Nicolas Ungemuth (plus facile à éternuer qu'à prononcer, un blaze pareil !) compte quelques détracteurs. En général, on lui reproche sa mauvaise foi. C'est tout à fait injuste : c'est en toute bonne foi qu'il égratigne ou assassine les groupes qu'il juge insupportables ! Si je l'apprécie autant, c'est peut-être parce que je partage plusieurs de ses petites détestations, mais plus certainement parce que je me reconnais dans la majorité de ses passions - en commençant par le génial Richard Hawley. En plus, il possède un joli coup de patte, ce qui ne gâche rien. 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - As The Dawn Breaks 
02 - Open Up The Door
03 - Ashes On The Fire
04 - Remorse Code
05 - Don't Get Hung Up On Your Soul
06 - Soldier On
07 - For Your Lover, Give Some Time
08 - Don't You Cry
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 5


mardi 7 mars 2017

SIMON GHRAICHY ~ Heritages [2017]


Je jouais négligemment avec la télécommande, quand ce jeune chevelu apparut à l'écran. L'animatrice le présenta comme le nouveau surdoué du piano. Les prodiges ne m'intéressent que modérément (peut-être parce que mes oreilles peinent à reconnaître un bon pianiste d'un grand), mais il interpréta une Danzas cubanas que le trisaïeul de Rubén González (Buena Vista Social Club) aurait pu adorer ! Je ne pouvais laisser les choses en l'état et décidai donc de pousser plus loin. L'album du jeunot (français d'origine libano-mexicaine) est à l'avenant de son passage dans la lucarne : ça déborde de magnifiques espagnolades et de latineries délicieuses ! Même ceux qui se croient allergiques à la musique dite classique pourraient goûter ce brûlant et formidable voyage.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaires !]         


01 - Arturo Márquez - Danzón No. 2 - Transcr. For Piano Solo
02 - Enrique Granados - Goyescas - Los Majos Enamorados - 4. Quejas ó La Maja y el Ruiseñor
03 - Claude Debussy - Estampes, L. 100 - 2. La Soirée Dans Grenade
04 - Manuel De Falla - Homenaje Le Tombeau De Debussy - Piano Version
05 - Ernesto Lecuona - Danzas Afrocubanas - 6. La Comparsa
06 - Ernesto Lecuona - 7 Danzas Cubanas Tipicas - 6. La 32
07 - Claude Debussy - Préludes  Book 1, L.117 - 9. La Sérénade Interrompue
08 - Manuel De Falla - Cuatro Piezas Españolas - 4. Andaluza
09 - Isaac Albéniz - Cantos De España, Op. 232-2. Asturias - Leyenda
10 - Heitor Villa-Lobos - New York Skyline, W407
11 - Heitor Villa-Lobos - Ciclo Brasileiro, W374 - 3. Festa No Sertão
12 - Manuel Maria Ponce Cuellar - Cuéllar Intermezzo No. 1
13 - Ernesto Nazareth - Odeon-Tango Brésilien, Op. 146
14 - Louis Moreau Gottschalk - Souvenir De Porto Rico (Marcha De Los Jibaros), Op. 31, RO 250
15 - Camargo Guarnieri - Ponteios - Ponteio No. 30
16 - Camargo Guarnieri - Ponteios - Ponteio No. 49-Homenagem A Scriabin
17 - Arturo Márquez - Danzón No. 2 - Transcr. For Piano And Percussions
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 4


lundi 6 mars 2017

TODD RUNDGREN ~ A Wizard, A True Star [1973]


"Rivers of blood, oceans of tears."
La première fois que j’ai entendu parler de Todd Rundgren, je pense que c’était dans Best. Tiens, si ça se trouve, c’était signé de Patrick Eudeline. Ouais, j’aimais bien Best, parce qu’il y avait un poster, et c’était plus facile à lire que Rock & Folk, qui était écrit petit, tout ça; non, moi, Rock & Folk, c’est venu après… Euh, où j’en étais ? Ah, ça commence bien ! Oui, c’est ça : alors, les mecs, ils disaient, en substance, hein : "Todd Rundgren, il a salopé le premier album des New York Dolls avec sa production." Ah, merde ! J’aime autant vous dire qu’à l’époque je n’avais aucune idée de ce que c’était qu’un producteur, un peu comme aujourd’hui, d’ailleurs, mais comme on nous bassinait depuis des mois avec l’arrivée prochaine des Sauveurs Du Rock (je ne savais pas non plus qu’Il était en danger), et que j’apprenais que Todd Rundgren il avait salopé leur disque, hé ben, je lui en voulais. Et je le racontais à qui voulait l’entendre. Autant dire personne. Un peu plus tard, je l’ai écouté ce disque des Dolls. En même temps que le second en fait, j’étais un peu long à la détente et aussi un peu jeune, enfin bref. Double claque, évidemment, et la production… mon cul, ouais, ce mec avait participé à l’élaboration d’une bombe atomique, un point c’est tout. Et me voilà devenu fan de Rundgren (dont je n’avais pas écouté un seul disque) et légèrement sceptique sur l’honnêteté des rock-critics, ça aussi, je le criais à qui voulait l’entendre et, non, y avait toujours personne. Du coup, je me suis promis de détester à jamais les bons producteurs (Eno, Cale, heu… Eno etc.) et adorer les mauvais (Todd, donc, Chilton, Dickinson etc.), et je m’y suis tenu. Encore aujourd’hui, je le crie sous tous les toits et, non, toujours personne pour m’écouter; ça en deviendrait fatigant, si je n’étais pas si têtu… Expert dans un domaine où je ne connaissais toujours rien, voilà le titre que je venais à tout jamais de me décerner. J’en n'ai pas écouté beaucoup des disques de Rundgren, oui, parce que ce billet normalement il est centré sur lui, Nazz un peu grâce à Nuggets, deux ou troistrucs solo et ça me suffisait. Et puis, paf, ces fameux rock-critics qui me rattrapent (je vous la fais courte, hein, je m’étais vite rabiboché avec certains d’entre eux) et figurez-vous qu’Assayas dans son dico… mais non, je déconne, Antoine, je ne l’ai jamais lu son dico; le seul dico que j’aie jamais lu, c’est celui du Diable d’Ambrose Bierce, mais c’est une autre histoire… Ah, je me marre, tout seul certes, mais je vous l’ai dit, j’ai l’habitude. Non, en fait, c’est dans Magic que j’ai lu que… Hahaharrr, je t’ai bien eu, hein, Charlu ! Jamais lu Magic, non plus. Uncut, voilà, en fait, j’ai le dernier Uncut sous les yeux. Uncut, ce sont des anglais qui ont le bon goût d’aimer la même musique que moi, en général, et surtout si elle vient des US. Brillants, ils sont brillants, hé, ouais, il en reste. D’ailleurs, on est en février et c’est le numéro d’avril dont je vous parle, c’est vous dire s’ils sont à la pointe. Et donc, en couverture, c’est Bjork et…  Mais c’est quoi ce bordel, Bjork ? Non, mais ça n’a rien à voir, excusez-moi. En fait, c’est le numéro de mars qui nous intéresse, où je l’ai foutu déjà?… Ah, ça y est : en couverture la magnifique tronche de Beefheart barrée d’un grand Freak Out ! et sous-titrée d’un alléchant : "101 weirdest albums of all time". Vous faut une traduction ? Non ? Tant mieux, on continue. Je suis comme vous, j’adore/je déteste les listes de ce genre. Mais bon, comme on est chez Uncut, j’ai confiance et, d’ailleurs, ils te préviennent d’entrée : "on ne prétend pas avoir établi la Liste Ultime et, c’est sûr, vous allez nous flamber la gueule pour tel ou tel oubli, et vous aurez raison, mais…" Je me rue sur le truc, j’ai évidemment déjà trouvé le Numéro 1, mais Uncut c’est la classe et la chronique qu’ils dédieront à Trout Mask Replica, c’est un nectar dont je me régale à l’avance et, et...…et Pan ! Dans la gueule ! Je ne l’avais pas vu venir, celle-là : A Wizard, A true star, le voilà le Bizarro Numero Uno. Sur le cul, le gros malin qui vous parle. Jamais écouté, celui-là, mais j’y crois pas. Je vous ai déjà raconté ma découverte de Todd Rundgren ? Ah, oui, merde, je viens de le faire. Hem, reprends-toi, mon gars ! Première écoute (ben oui, j’allais pas bouder indéfiniment) : heeeeeh, y a quelque chose, oui, mais quoi, Something ? Anything ? Naah !... Deuxième écoute : quelle année vous dites, 73 ? Merde, mais c’est l’année de sortie du premier Dolls. Et cette pochette pourrie… Reste concentré, ne te disperse pas... Troisième écoute… Aaarrggh, touché-coulé ! Sont trop forts à Uncut, m’ont scié là. Je m’en vais le crier à qui veut l’entendre. Autant dire personne... Quatrième écoute, série en cours. Z’êtes toujours là ? Moi non plus.
Everett W. GILLES [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaires !]





01 - International Feel
02 - Never Never Land
03 - Tic Tic Tic, It Wears Off
04 - You Need Your Head
05 - Rock & Roll Pussy
06 - Dogfight Giggle
07 - You Don't Have To Camp Around
08 - Flamingo
09 - Zen Archer
10 - Just Another Onionhead; Da Da Dali
11 - When The Shit Hits The Fan/Sunset Blvd.
12 - Le Feel Internacionale
13 - Sometimes I Don't Know What To Feel
14 - Does Anybody Love You?
15 - I'm So Proud [Medley]: Ooh Baby Baby/La la Means I Love You/Cool Jerk
16 - I Don't Want To Tie You Down
17 - Is It My Name?
18 - Just One Victory
MP3 (320 kbps) + Cover
COOL 3