ARCHIVES

mardi 25 avril 2017

THE DANDY WARHOLS ~ Thirteen Tales From Urban Bohemia [2000]


En lisant leur nom pour la première fois, je ne pus m'empêcher de me demander quels étaient ces guignolos qui s'offraient à nous. Sans doute un énième groupe pensant qu'il suffit d'avoir une fille en son sein, une paire de fausses Wayfarer et une pédale de distorsion pour se prendre pour le nouveau Velvet Underground. Puis, je lus une interview où ils évoquaient leur ville, Portland, avec une belle tendresse. Dans le même entretien, ils racontaient qu'ils étaient potes depuis l'enfance et semblaient aussi amoureux des uns et des autres que de leur musique. Il était temps que je passe à l'acte. En fait, peu de velveteries à se mettre dans l'oreille, à moins d'avoir suffisamment de recul pour s'imaginer un Velvet ultra cool et super fun ! Avec ce troisième album, le quatuor montait le niveau d'un gros cran en nous offrant l'un des tout premiers chefs-d'oeuvre de l'an 2000. Le plaisir était souvent moins immédiat mais beaucoup plus long en bouche. Partout, le groupe semait des fausses pistes dans lesquelles il faisait bon s'abandonner. Pour les amateurs de références, on aurait dit du Kevin Ayers jouant dans le touffu labyrinthe des Stones. J'ai connu des parcours moins gracieux ! Aujourd'hui encore, chaque écoute m'apporte de nouvelles surprises, j'espère qu'il en sera de même pour les nouveaux arrivants.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]       


01 - Godless
02 - Mohammed
03 - Nietzsche
04 - Country Leaver
05 - Solid
06 - Horse Pills
07 - Get Off
08 - Sleep
09 - Cool Scene
10 - Bohemian Like You
11 - Shakin'
12 - Big Indian
13 - The Gospel
MP3 (320 kbps) + artwork


vendredi 21 avril 2017

JULIE LONDON ~ About The Blues [1957]


S'ils sont tous pourris, il y en a une qui me semble encore plus putride que tous les autres réunis. A deux jours des élections présidentielles, la seule chose sur laquelle tout le monde s'accorde, c'est que l'affreuse de l'affront national sera encore présente au second tour. J'ai honte pour mon pays (celui des Droits de l'homme ou celui des collabos ?). Dimanche, je sais que j'aurai besoin d'un bon disque de blues, et je ne choisirai pas n'importe lequel, mais celui d'une arienne ultra sexy qui chante d'une voix tellement suave et élégante la mélopée tragique des grands maîtres Nègres. 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Basin Street Blues 
02 - I Gotta Right To Sing The Blues
03 - A Nightingale Can Sing The Blues 
04 - Get Set For The Blues
05 - Invitation To The Blues
06 - Bye, Bye Blues
07 - Meaning Of The Blues
08 - About The Blues
09 - Sunday Blues
10 - The Blues Is All I Ever Had
11 - Blues In The Night
12 - Bouquet Of Blues 
MP3 (320 kbps) + artwork 




jeudi 20 avril 2017

RAOUL VIGNAL ~ The Silver Veil [2017]


Le souci, quand on commence à prendre de l'âge, c'est que l'on a tendance à écouter beaucoup de disques de macchabées ou de jeunots qui, eux mêmes, ont déjà beaucoup écouté de disques de macchabées ! En même temps, je préfère défendre un Raoul Vignal qui essaye d'enregistrer son Pink moon, plutôt qu'un Daft Punk que l'on nous vend comme le sommet de la modernité, alors que les encasqués se contentent de proposer du disco mou à une jeunesse déjà passablement désœuvrées... The Silver veil ne va pas faire avancer le Schmilblick d'un millimètre, c'est l'oeuvre d'un jeune français qui a dû biberonner du Nick Drake, du Richard Thompson ou du Bert Jansch à longueur de nuits blanches. Pour autant, son magnifique album ne sonne pas comme un vulgaire copié collé. Il prolonge une superbe aventure, dont on osait à peine espérer qu'elle puisse encore se montrer aussi émouvante.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Hazy Days
02 - Mine
03 - One
04 - Under The Same Sky
05 - Side By Side
06 - Dona Lura
07 - Whispers
08 - Bless You
09 - The Silver Veil
10 - Shadows
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 26


mercredi 19 avril 2017

FACES ~ You Can Make Me Dance, Sing Or Anything... [5CD] [Boxset 2015]


Ian McLagan, Kenney Jones et Ronnie Lane furent des saints martyrs de la cause rock'n'rollienne. Ils se firent successivement poignarder par Steve Marriott et Rod Stewart, leurs géniaux mais stupides chanteurs qui rêvaient de toujours plus de gloire et de grosses galettes. L'Histoire retiendra le nombre ahurissant de trésors offerts en pâture en moins d'une décennie... Contrairement à ce que pensent les malentendants et les simples d'esprit, les Faces représentaient bien davantage que des Rolling Stones du pauvre. Dans le miroir aux alouettes, ils proposaient un visage plus humain : bordélique à souhait (comme doit l'être un vrai groupe de rock'n'roll) et d'une tendresse infinie. Tant que vous ne posséderez pas ce coffret, votre discothèque ne pourra être que d'une affligeante tristesse ! Les Faces faisaient tout mieux que tout le monde, sans frime, mais avec l'élégance rare de piliers de pubs ! "You can make me dance, sing or anything..." C'est écrit dessus ! Rigoureusement INDISPENSABLE.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]        


The First STep [1970] :
01 - Wicked Messenger
02 - Devotion
03 - Shake, Shudder Shiver
04 - Stone
05 - Around The Plynth
06 - Flying
07 - Pineapple And The Monkey
08 - Nobody Knows
09 - Looking Out The Window
10 - Three Button Hand Me Down
11 - Behind The Sun [(Outtake) - Bonus Track]
12 - Mona - The Blues [(Outtake) - Bonus Track]
13 - Shake, Shudder, Shiver [(BBC Session) - Bonus Track]
14 - Flying [(Take 3) - Bonus Track]
15 - Nobody Knows [(Take 2) - Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 25 A

Long Player [1971] :

01 - Bad 'N' Ruin
02 - Tell Everyone
03 - Sweet Lady Mary
04 - Richmond
05 - Maybe I'm Amazed
06 - Had Me A Real Good Time
07 - On The Beach
08 - I Feel So Good
09 - Jerusalem
10 - Whole Lotta Woman [(Outtake) - Bonus Track]
11 - Tell Everyone [(Take 1) - Bonus Track]
12 - Sham-Mozzal [(Instrumental - Outtake) - Bonus Track]
13 - Too Much Woman  [(For A Henpecked Man) (Live) - Bonus Track]
14 - Love In Vain [(Live) - Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 25 B

A Nod Is As Good As A Wink… To A Blind Horse... [1971]

01 - Miss Judy's Farm
02 - You're So Rude
03 - Love Lives Here
04 - Last Orders Please
05 - Stay With Me
06 - Debris
07 - Memphis
08 - Too Bad
09 - That's All You Need
10 - Miss Judy's Farm [BBC Session - Bonus Track]
11 - Stay With Me [BBC Session - Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 25 C

Ooh La La [1973]

01 - Silicone Grown
02 - Cindy Incidentally
03 - Flags And Banners
04 - My Fault
05 - Borstal Boys
06 - Fly In The Ointment
07 - If I'm On The Late Side
08 - Glad And Sorry
09 - Just Another Honky
10 - Ooh La La
11 - Cindy Incidently [BBC Session - Bonus Track]
12 - Borstal Boys [Rehearsal - Bonus Track]
13 - Silicone Grown [Rehearsal - Bonus Track]
14 - Glad And Sorry [Rehearsal - Bonus Track]
15 - Jealous Guy [Live - Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 25 D

Stray Singles & B-Sides [C. 2015]

01 - Pool Hall Richard [2006 Remastered Single Version]
02 - I Wish It Would Rain (With A Trumpet) [Live  Remastered]
03 - Rear Wheel Skid [Remastered Single Version]
04 - Maybe I'm Amazed [Remastered Single Version]
05 - Oh Lord I'm Browned Off [Remastered Single Version]
06 - You Can Make Me Dance, Sing Or Anything [2006 Remastered Single Version]
07 - As Long As You Tell Him [Single Version]
08 - Skewiff (Mend The Fuse) [Remastered Single Version]
09 - Dishevelment Blues [Remastered Single Version]
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 25 E





mardi 18 avril 2017

JOHN WARREN GEILS JR.


Je ne sais pas écrire d’éloges véritables et si elles doivent être funèbres c’est encore pire. Ce n’est pas ce que je préfère pour écrire ce que je pense. Je choisis toujours un biais tordu (comme dirait Léon Pléonasme, un cousin du côté de ma femme) et si je suis le seul à le comprendre c’est encore mieux. Mes guitar-heroes c’est pareil, s’ils peuvent être tordus c’est pas plus mal. J. Geils n’était pas tordu, je ne sais pas si c’était un vrai héros mais son groupe portait son nom et personne, en gros, ne connaissait sa tronche : elle est pas bonne celle-là ? Voilà, John Warren Geils Jr. est mort et moi ben ça me fait un peu mal.
Everett W. GILLES [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


lundi 17 avril 2017

GREN SEME ~ Hors Sol [2016]



Je suis envoûté par ce disque, totalement marabouté ! La magnifique pochette a provoqué l’achat, et je me félicite, depuis, d'avoir découvert cette fusion bizarre venue de l’île de la Réunion. Elle est basée sur une racine rythmique de Maloya, et plusieurs éléments vous happent. Tout d’abord, cette voix claire, simple, conviviale et profonde (Carlo de Sacco, le compositeur et chanteur), puis la beauté du créole (suavité naïve) où la poésie étrange (on dirait du Boris Bergman !) qui provoque l’attention, les riffs fuzzy tout en contraste, cette basse organique et tellurique qui groove superbement. Les étranges sons électro viennent donner de la lumière, du piment. Le travail et la richesse de la production est fantastique (Jean Lamoot passé derrière la console de Bashung et Noir Désir), tant de détails s’éveillent aux réécoutes successives, on passe de continents en continents, les influences explosent ; de l’afrobeat au blues saharien, des caraïbes aux sons latins, voire au folk. Les morceaux parlés, slamés, sont amenés en douceur, plutôt en fin de disque. On y croise Péan de Lo’Jo et, bien sûr, on pense avec ce quintette Grèn Sémé, rodé par dix ans d’existence,  que l’on vient de découvrir un exotique cousin lointain avec un univers aussi passionnant et sans doute en devenir. Fait bon i bon memm !
SORGUAL [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Hors Sol
02 - La Rue
03 - Maloya La Rès La
04 - Pésèr
05 - Marguerite
06 - Tu Me Manques Déjà
07 - Parez
08 - Une Minute De Silence
09 - Tibet
10 - Anna
11 - Ti Marik
12 - Zazakèl
13 - Hors Sol (Extended)
MP3 (320 kbps) + front cover

COOL 24


dimanche 16 avril 2017

COOL VIDS ~ Karen Dalton : It Hurts Me Too [1969]


Ma' Dalton dans ses œuvres. De cette bouche (un tantinet bizarre !) s'échappait un condensé du bonheur (même si chargé de mélancolie)...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]




samedi 15 avril 2017

DON'T BOGART ME...


Ne dormez pas sur vos trésors, pensez aux copains qui n'ont (presque) rien à écouter !
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]
P.S. : il reste encore des places si vous désirez vous abonner et devenir Cool Members (c'est tout en haut à droite de l'écran) !  


vendredi 14 avril 2017

KAT ONOMA ~ Far From The Pictures [1995]


La France a toujours magnifiquement accueilli les exilés que l'Amérique avait chassés à grands coups de pieds dans le tagada, mais elle a trop souvent négligé ses propres enfants désireux de s'exprimer (principalement) dans la langue de Lou Reed. Si Kat Onoma avait débarqué de l’Oklahoma, de l'Ecosse ou de la Papouasie, notre pays l'aurait peut-être fêté tel qu'il le méritait, soit comme l'un des groupes les plus importants de son époque. En plus des soucis de langage, nos amis traînaient une réputation d'intellos ayant baignés dans le jazz, comme si un supplément de culture et une plus grande ouverture d'esprit étaient nuisibles ! Pour tout arranger, le groupe fut embourbé dans les problèmes juridiques avec sa maison de disques, ce qui retarda considérablement la suite du chef-d'oeuvre que fut Billy The Kid. Enfin de retour, la belle bande nous offrit un nouvel indispensable avec cette batterie qui cogne au fond du temps, ces guitares qui saignent à blanc, cette voix d'ogre et les seuls cuivres venus du jazz qui ne transforment pas tout en vilain jazz-rock. Far from the pictures : toujours plus haut ou plus profond, toujours plus intrigant ou bouleversant : une aventure irremplaçable...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]        


01 - Artificial Life
02 - Idiotic
03 - Video Chuck
04 - La Chambre
05 - Bingo
06 - A Sad Tale
07 - Reality Show
08 - No Poem
09 - Love Loop
10 - Le Déluge (D'Après Moi)
11 - Blue Velvet
12 - John And Mary
13 - Missing Shadow Blues
14 - A Birthday
MP3 (320 kbps) + front cover


jeudi 13 avril 2017

COOL GAME : paintings & drawings











Saurez-vous rendre son oeuvre à chacun de ces musiciens plasticiens ? Voici la liste à remettre dans l'ordre : Ed Askew, David Bowie, Miles Davis, Daniel Johnston, John Lennon, Gérard Manset, Django Reinhardt, Patti Smith, Alan Vega, Ron Wood. 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


mercredi 12 avril 2017

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 135


135. AS TEARS GO BY [MARIANNE FAITHFULL] 

   Mes deux bons gros gars de la B.I.D. disparurent donc dans l'infini des limbes mystérieuses, mais le véritable hélicoptère ne tarda pas à transpercer le rose vaporeux des nuages. J'eus à peine le temps de ranger mon Desertshore dans la pochette du Fisher-Z avant de le cacher dans un placard de la cuisine. Evidemment, je perdais là un bien précieux collector (à ma connaissance, il n'avait pas été réédité dans l'une de ces dispendieuses nouvelles versions en 180 grammes), mais ce geste généreux sauverait peut-être un malheureux, pressé par l'adversité. Cela me semblait en valoir la peine – et quand on a expédié un type dans les profondeurs du coma, on ne craint plus de contrevenir au règlement d'une quelconque brigade.   

   Comme lors du voyage aller, on me posa un masque de sommeil sur les yeux et le casque d'un lecteur mp3 sur les oreilles. C'était tout à fait inutile. Une trouille immense mangeait mes sens et je ne parvenais plus qu'à distinguer l'écho de moins en moins lointain d'une grille qui se referme en écrabouillant le chant de la liberté. Au fond de mon ciel noir et sourd, les oiseaux de malheur pouvaient jouer de la harpe maudite en ricanant. Il n'y avait plus de désert ou fuir et l'Ile du Diable gagnait du terrain sur la mer.   

   Me laisserait-on seulement le droit d'embrasser mon amoureuse et ma fille une dernière fois avant de m'envoyer lécher les murs lépreux de la geôle ? La question s'étira sur des centaines de kilomètres... J'avais mal au cœur. On ne pèse jamais le poids de cette phrase.

   Du tarmac de l'héliport, j'entrevis des centaines de flics et de militaires. C'était quand même un peu abusé, comme dit ma petite chérie, je n'étais pas l'ennemi public n°1 ! 
   En fait, tout ce petit monde armé jusqu'aux dents acérées se déployait dans un exercice antiterroriste, et nous gagnâmes la voiture de la Brigade sans qu'aucun lascar en uniforme ne pense à me passer les menottes. Ce fut le plus long trajet de toute mon existence. Il pleuvait à verse, la circulation se montrait difficile. J'essayais de me relire la lettre de Mary pour me donner du courage et croire au miracle, mais la vision des flics m'attendant devant la maison me faisait hurler en sourdine. A mi chemin, la pluie redoubla et le ciel prit des couleurs d'apocalypse.

   « Pour votre retour, vous n'êtes vraiment pas gâté, me souffla un des deux brigadiers. »

   On aurait dit qu'il savait – qu'il savait que, dans un instant, j'allais changer de véhicule pour un fourgon qui ferait marche arrière vers Fleury, la mal nommée. Déjà, je ne reconnaissais plus l'entrée de la ville, comme si je revenais de cent ans d'un bagne qui ne m'avait pourtant pas encore avalé. 

   La voiture tourna pour glisser dans ma rue. Je retenais mes larmes depuis si longtemps qu'elles finirent par déborder à l'intérieur. 

    

mardi 11 avril 2017

LEWIS ~ L'Amour [1983]


Quel titre gracieux et quelle splendide pochette ! Les amateurs de bizarreries peuvent s'en pourlécher les oreilles (je sais, ce n'est pas fastoche !)... On ne connait presque rien de ce blondinet à la coupe impeccable (le non regretté Georges Michael aurait adoré) qui aimait poser torse nu, si ce n'est qu'il se nommait Randall Wulff dans le civil et qu'il enregistra cet unique album avec ses petites économies avant de disparaître dans la nature (ou dans un camp de nudistes !). Aux alentours des années 10, des collectionneurs trouvèrent une pile d'invendus sur les étales d'un marché aux puces d'Atlanta. Le disque, complètement ignoré lors de sa parution (mais on doute qu'il fut distribué convenablement), commença alors à s'échanger entre fans d'étrangetés jusqu'à gagner l'enviable statut d'album culte. Le label Light In The Attic le réédita en 2014. L'Amour laisse à entendre un chanteur superbe, mais passablement épuisé (par la chose amoureuse, on présume), qui croone magnifiquement sur des guitares folk voire country savamment compliquées à des nappes de synthé évanescentes ou des arpèges de piano planants ! Passé la surprise, on se laisse séduire par ce disque énigmatique doué d'un charme quasi envoûtant... 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !] 
P.S. : il semblerait qu'un deuxième album existe, voir dans les commentaires...   


01 - I Thought The World Of You
02 - Cool Night In Paris
03 - My Whole Life
04 - Even Rainbows Turn Blue
05 - Like To See You Again
06 - Things Just Happen That Way
07 - Summer's Moon
08 - Let's Fall In Love Tonight
09 - Love Showered Me
10 - Romance For Two
MP3 (320 kbps) + front cover


lundi 10 avril 2017

NICOLE ATKINS ~ Slow Phaser [2014]



"Operator, gimme number 911."
J’ai noté tout un tas de trucs bizarres récemment sur ce blog. Des batailles sur la légitimité de compiles, des détournements de style et autres impostures, la moindre n’étant pas de se qualifier d’imposteur alors que d’imposteur ici il n’y en a qu’un et vous êtes en train de le lire. OK Zocalo ? J’ai donc décidé unanimement de rajouter au bordel ambiant en postant ici un disque de gonzesse. C’est à dire que c’est une gonzesse qui chante. Pour aller au bout du concept il me faut toutefois flirter avec le danger, comme disait Uncle Louis (ouais, faut faire passer la pilule de l’introduction auprès du patron des lieux). Il peut ici se manifester occasionnellement par une basse discoïde ou des arrangements limite variétoche. Je dis arrangements mais je sais pas ce que c’est exactement que des arrangements en fait, je vais pas commencer à vous raconter des craques. Y a aussi des ouh-ouh un peu limite, genre pas du tout le genre New York Dolls, quelques paroles un peu cul-cul enfin c’est l’impression qu’elles me donnent et des chœurs parfois, comment dire, "Joyeux Anniversaire" style. Voilà pour le côté tordu de l’affaire. Comment rebondir maintenant sur l’honnêteté de ce qui m’amène ici devant vous, pfou… je ne le sais guère. Oui parce qu’il est question d’être honnête, l’imposture sans une certaine forme d’honnêteté ça n’a pas très bon goût, et honnêtement cette petite nana je l’adore. Peut-être parce qu’elle vient du New Jersey, Neptune plus exactement, et les ethnologues parmi vous se souviendront que c’est la patrie de Danelectro mais bon c’est pas le sujet et puis elle joue pas sur Danelectro elle s’accompagne régulièrement d’une demi-caisse Gretschoïde plus grande qu’elle. En plus ce disque fut enregistré en Suède, nous voilà bien. Si au moins il l’avait été au Mexique ou s’il était chanté en japonais j’avais carton plein mais non, même pas. Les plus fins de ces ethnologues, mais alors là faut vraiment qu’ils soient fins, auront bien une idée de comment j’ai pu découvrir la Miss mais honnêtement on s’en fout. Ça commence à en faire un paquet des "honnêtement", faudrait pas que vous vous imaginiez non plus que j’essaie de vous embrouiller. Pas mon genre. Mon genre à moi c’est l’imposture déclarée, tout sauf sournoise. Mais puisque c’est définitivement un post sur l’honnêteté (c’est ça l’imposture) il me faut bien l’avouer : je tourne en rond, je tourne en rond … parce qu’en fait je ne sais pas ce qui m’attire chez Nicole, si vous en avez une idée je suis preneur même si je sais que vous n’en avez rien à cirer et je me vois mal vous le reprocher. Je vous demanderai toutefois de signer une clause de confidentialité, j’ai une réputation à tenir. Ah au fait, les photos ça compte pas.
Everett W. GILLES [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !]



01 - Who Killed The Moonlight ?
02 - It's Only Chemistry
03 - Girl You Look Amazing
04 - Cool People
05 - We Wait Too Long
06 - Red Ropes
07 - What Do You Know ?
08 - Gasoline Bride
09 - The Worst Hangover
10 - Sin Song
11 - Above As Below
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 21



dimanche 9 avril 2017

COOL VIDS ~ Gérard Manset (présenté par Guy Lux !) : Il Voyage En Solitaire [1975]


Je me souviens de ce passage, je venais de m'offrir le quarante-cinq tours. A l'époque (le haut moyen-âge !), Guy Lux présentait le Ring Parade et Manset acceptait encore de faire un peu de promo (quel look, c'était bien la peine d'avoir fait parti de la Bande du Drugstore !). Si vous prenez le temps de fouiller sur YouTube, vous trouverez d'autres délices du même genre et des choses plus passionnantes encore...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]



  

samedi 8 avril 2017

DON'T BOGART ME...


"Tournez et tournez encore
Tournez et tournez sans aucun remords
Tournez dansez sans vous soucier du sort
Tournez sans cesse approchez vous du bord
Qu'importe l'heure les nuits suivent les jours
Jusqu'au bonheur beaucoup trop de détours"
Daniel Darc (Tournez tournez (extrait))




vendredi 7 avril 2017

SUICIDE ~ Attempted : Live At Max’s Kansas City 1980 [2004]


"C’était trop, même pour les punks." (Marty Thau, ancien manager des New York Dolls et fondateur de Red Star Records, dont Suicide fût la première signature). Alors que la vague punk déferle, le duo Alan Vega & Martin Rev extirpe Elvis de sa tombe à peine refermée pour le plonger dans un bain de radicalité dont il sort récuré jusqu’à l’os et passé au hachoir de cris primaux, de beats et de riffs synthétiques à pas cher. Suicide, ou les arts premiers en musique. Comme pour un autre groupe ayant marqué, lui aussi, le rock d’une empreinte indélébile tout en ayant connu, de son vivant, un échec commercial retentissant, des bandes magnétiques témoignent d’une soirée suicidaire au Max’s Kansas City. Avec le CBGB, situé à deux pas, ce club du Bowery, quartier alors crasseux d’un Lower East Side aujourd’hui gentrifié, constituait, à la fin des années soixante-dix, l’épicentre d’un nouveau séisme sur la planète rock.


Cet enregistrement sismographique, initialement non destiné à un usage commercial, en constitue un précieux témoignage. La belle session photographique qui l’habille en renforce encore l’intérêt. Vital.
AREWENOTMEN? [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Harlem
02 - Radiation
03 - Dream Baby Dream
04 - Ghost Rider
05 - Cadillac
06 - Dance
07 - 96 Tears
08 - Rocket USA
09 - Touch Me / Be Bop A Lula
10 - Night Time
11 - Jesus
12 - Frankie Teardrop
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 20



mercredi 5 avril 2017

VARIOUS ARTISTS ~ Aranjuez [HMC. 2017]


Cette compilation a tout d'une imposture. Au départ, j'avais prévu de mettre en application ce que j'avais répondu à Jimmy, à savoir composer de A à Z un florilège les pieds dans l'herbe, au soleil, avec un laptop et un casque. J'avais donc préparé une première sélection de trente-cinq titres, chargé à bloc mon portable, pris le volant pour rejoindre un jardin paradisiaque de ma connaissance, préparé un répétiteur wifi pour le cas où la couverture eût été insuffisante. Bref, l'ascension du K2 par Lacedelli et Compagnoni, en comparaison, était une gentille balade improvisée. Et là, nous sommes dimanche, et il pleut. Cette compilation a donc été réalisée au chaud, une tasse de thé à la main, et sur un système hi-fi pas très éloigné de celui de Jimmy sur son île déserte.
C'est à Paris, en 1939, que Joaquin Rodrigo composa le Concierto de Aranjuez. Malgré cela, l'inspiration de cette œuvre ne doit rien à la France. Son nom se veut un hommage aux sublimes jardins du Palais Royal d'Aranjuez, près de Madrid. C'est aussi un concerto pour guitare, instrument emblématique de la péninsule. Il est composé de trois mouvements, Allegro con spirito, Adagio et Allegro gentileLes musiciens non classiques ne vont s'intéresser qu'à l'adagio, ce qui fait que cette sélection présente le concerto sous une forme un peu bizarre. Entre le premier et le dernier mouvements, ce sont dix interprétations de l'adagio que vous allez entendre. Si le jazz est largement majoritaire, on trouve également des versions chantées, dont celle très célèbre de notre Richard Anthony national. Plus rares, deux versions en portugais interprétées par Amália Rodrigues et Dulce Pontes, chanteuses de fado. Pour en revenir au premier mouvement, j'ai choisi l'interprétation très délicate de la guitariste japonaise Kaori Muraji. Le dernier mouvement est quant à lui joué avec énergie par Paco de Lucía.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]
P.S. : on croit être convié à une promenade dans un jardin espagnol et l'on se retrouve assit, le fessier sur la lune, à contempler les étoiles... Ce florilège magnifique mériterait de s'offrir au plus grand nombre, mais seuls les plus malins, visiteurs de ce superbe petit blog (ouille, les chevilles !), pourront en profiter. Un véritable délice, du début à la fin.
Jimmy

  
01 - Kaori Muraji - ロドリーゴ:アランフェス協奏曲 [Allegro Con Spirito]
02 - Miles Davis & Gil Evans - Concierto De Aranjuez (Adagio)
03 - Dulce Pontes - Meu Amor Sem Aranjuez
04 - Dorothy Ashby - Concierto De Aranjuez
05 - Joe Diorio - Adagio From Concerto Di Aranjuez
06 - Richard Anthony - Aranjuez Mon Amour
07 - Santana Brothers - En Aranjuez Con Tu Amor
08 - Chris Botti - En Aranjuez Con Tu Amor
09 - Amália Rodrigues - Em Aranjuez Com Teu Amor
10 - Brassed Off OST - Rodrigo's Concierto D'Orange Juice
11 - Chick Corea & Hiromi Uehara - Concierto De Aranjuez
12 - Paco de Lucía - Concierto De Aranjuez Allegro Gentile
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 19




mardi 4 avril 2017

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 134


134. JANITOR OF LUNACY [NICO] 

   Il n'y a pas de hasard, le destin hurle à la mort... La vengeance, peut-être, aura fait chuter quelques fantômes de leur hamac... Des phrases qu'emporte le vent... 

   L'album s'ouvre sur Janitor of lunacy, la chanson préférée de Nico, celle qu'elle interprétait à chaque concert.
   Sur la première note de l'harmonium, « le Monstre » se retourna doucement dans son coma... « Janitor of lunacy, paralyze my infancy, petrify the empty cradle, bring hope to them and me (Cerbère de la folie, paralyse ma petite enfance, pétrifie le berceau vacant, porte-leur espoir comme à moi). » Le chien à trois têtes empeste l'odeur nauséabonde des Enfers... Et « le Monstre » ne pourra plus s'enfuir... Je revis la scène pour la millième fois : la pointe de ma bottine frappant ses testicules recroquevillées par une trouille immense... « Mortalize my memory, deceive the devil's deed (Donne la mort à ma mémoire, déjoue le fait du diable). » Comment oublier quand les sirènes de flics se compliquent aux crissements du sable qui me mord les pieds ? « Tolerate my jealousy, recognize the desperate need (Tolère ma jalousie, reconnais le besoin acharné). » Autant lancer une prière dans le désert. La cicatrice intérieure se creuse encore un peu. « Janitor of lunacy, identify my destiny, revive the living dream, forgive their begging scream (Cerbère de la folie, identifie ma destinée, ranime le rêve vivant, pardonne leur cri suppliant). » Il n'y a pas de hasard, le destin hurle à la mort... les fantômes laissent tomber leur masque sur le trottoir ensanglanté... Je ne me souviens plus des suppliques du « Monstre »... « Disease the brething grief (Invalide le chagrin haletant). » Si seulement... Il fait une chaleur à crever sur cette île déserte...

   Janitor of lunacy, ce n'est pas exactement : « Be bop a Lula, she's my babe » avec tout le respect que l'on doit à Mr. Vincent ! 

   Nico, aussi appelée : « la déesse de la lune »... D'abord modèle qui fit frémir les couvertures de Vogue, puis cover girl pour quelques pochettes de disques de jazz, bien avant qu'elle ne s'imagine en chanteuse. D'actrice dans la Dolce vita de Federico Fellini, elle deviendra l'atout charme du Velvet Underground (avec une toute petite poignée de chansons à interpréter et quelques faméliques coups de tambourin à asséner (tiens, ça me rappelle étrangement quelqu'un de connaissance !)). Nico, un trajet unique pour devenir une artiste encore plus unique dans le monde de la « pop » (avec de très larges guillemets). On connaît son admiration pour Nusrat Fateh Ali Khan (magnifique chanteur et musicien pakistanais, dont elle parla avant tout le monde), son goût pour les harmonies inspirées des folklores eurasiens, ses inclinaisons vers les troubadours courtois ou les lieder de Gustave Mahler... Quelques références qui ne manqueront pas d’effaroucher ceux qui, pourtant, ne cessaient de vanter l'originalité du Velvet Underground, mais je suppose que l'originalité à ses limites, comme la beauté, et certains jugeaient celle de Nico glaciale – des gens, certainement, capables de confondre le Pérou et le Groenland ! Heureusement, Olympia m'avait enseigné comment ne pas craindre les très belles filles.  

   L'harmonium est une drogue, il suffit d'aspirer le souffle des vents pour tournoyer tel un derviche avant de se laisser glisser vers les profondeurs de l'enchantement.

   The Falconer (Le Fauconnier) : « The falconer is sitting on his summersand at dawn unlocking flooded silvercages and with a silverdin arise all the lovely faces and the lovely silverstraces erase my empty pages (Le fauconnier est posté à l'aube sur sa plage d'été déverrouillant les cages d'argent inondés et en un tumulte argentin se lèvent tous les ravissants visages et les ravissants tracés d'argent effacent le blanc de mes pages). » Retrouver un à un les visages des fantômes et s'endormir en paix dans les draps propres des pages immaculées.
   My Only child (Mon Unique enfant) : « There are no words no ears no eyes to show them what you know (Il n'existe pas de mots ni d'oreilles ni d'yeux pour leur montrer ce que tu sais). » Eleonore, ma petite princesse, toi qui range les disques les yeux fermés, et toi qui sauve mon aventure. Je suis si heureux que tu écoutes Nico en mon absence, toi qui l'a trouvait : « trop flippante » !
   Abschied (Adieu) : « Sein köper bewegt sich nicht, im traume sich endlich sein zwingen vergisst (Son corps ne bouge pas, en rêve enfin s'oublie sa crainte) ». Dort, petit monstre, et laisse-moi rêver !  
     
   Le disque tourna et tourna encore, il tournait toujours quand le bruit des pales d'un hélicoptère vint troubler la nouvelle harmonie de l'île.  
   Mes deux obèses préférés gagnèrent la plage dans un ridicule canot pneumatique qui manqua de chavirer sous leur poids. 
   « Je sais que je suis en train de rêver, vous ne me la ferez plus ! » 
   Ils quittèrent définitivement mes songes en maugréant...