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jeudi 14 novembre 2019

VARIOUS ARTISTS ~ Brazil USA 70 - Brazilian Music In The USA In The 1970's [C. 2019]

Et si on s'échappait de la pluie et de la grisaille pendant une grosse heure... En fermant les yeux, on pourrait imaginer un cargo très spécial, vite transformé en vaisseau pirate par une géniale bande d'hurluberlus... Au tournant des années soixante-dix, le Brésil envoie sa meilleure équipe de dribbleurs pour mettre le feu aux épaisses moquettes des plus fins studios yankees. Les noms s'affichent sur la pochette de cet excellent florilège, offert pour le non moins fameux label Soul Jazz : il y a de la belle pointure et quelques chouettes raretés. L'ensemble, servi bien brûlant, est souvent extrêmement élégant, mais parfois suffisamment brindezingue pour faire rougir les fans de jazz en fusion ou les accros à l'acid rock. Baissez le thermostat mais montez le son !
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]

     
01 - Airto - Samba De Flora
02 - Duke Pearson & Flora Purim - Sandalia Dela
03 - Brasil '66 & Sergio Mendes - Batucada
04 - Deodato - Skyscrapers
05 - Milton Nascimento - Catavento
06 - Airto - Tombo In 7;4
07 - Luiz Bonfa - Bahia Soul
08 - Dom Um Romao - Braun-Blek-Blu
09 - Moacir Santos - Kathy
10 - João Donato - Almas Irmãs
11 - Sivuca - Ain't No Sunshine
12 - Milton Nascimento - Rio Vermelho
13 - Tamba 4 - Consolation
14 - Flora Purim - Moon Dreams
15 - Dom Um Romao - Escravos De Jo
16 - Airto - Andei
MP3 (320 kbps) + front cover 

 

jeudi 7 novembre 2019

BRUCE SPRINGSTEEN ~ Western Stars [2019]


Je n'ai jamais pu être un véritable fan de Bruce Springsteen ; le gars sait écrire des chansons et j'adore sa voix (je trouve que c'est l'une des plus chaudes et des plus consolatrices qui soit), mais, sur de trop nombreux albums, j'ai été rebuté par son goût pour les charges héroïques, les cuivres pompiers et les nappes de claviers dégoulinantes... Ce Western stars est essentiellement acoustique, mais ce n'est pas un nouveau Nebraska, ce serait plutôt sa version lumineuse (même si les thèmes ne sont pas tous souriants). A bientôt soixante-dix ans, "le Boss" s'autorise une nouvelle expérience en nous embarquant dans un road-trip nostalgique très (mais jamais trop) orchestré. Il louche sans vergogne sur les albums californiens (fin soixante, début soixante-dix) de Burt Bacharach, Glen Campbell ou Jimmy Webb, et c'est une extraordinaire réussite. De bout en bout, ce disque est habité par la grâce, et il est difficile de renoncer à l'écouter en boucle.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]   



01 - Hitch Hikin'
02 - The Wayfarer
03 - Tucson Train
04 - Western Stars
05 - Sleepy Joe's Café
06 - Drive Fast (The Stuntman)
07 - Chasin' Wild Horses
08 - Sundown
09 - Somewhere North Of Nashville
10 - Stones
11 - There Goes My Miracle
12 - Hello Sunshine
13 - Moonlight Motel
MP3 (320 kbps) + front cover

mardi 29 octobre 2019

SHANNON WRIGHT ~ Dyed In The Wool [2001]


Or donc, voici le petit cour de rattrapage pour les cancres ! Attention ! ne vous fiez pas trop aux couleurs chaudes de la pochette : il tombe moins d'agrumes que de grêle sur cet album bouleversant (qui aurait tout aussi bien pu se nommer : La Jeune femme au bord de la falaise). Aux âmes sensibles, il suffit parfois de quelques notes d'introduction et d'un tout petit bout de couplet pour s'amouracher ; en ce sens, les quinze premières secondes du titre d'ouverture devraient faire le boulot. Ici, Shannon Wright renoue avec l'électricité qu'elle avait abandonnée depuis la dissolution de Crowsdell. Elle alterne entre le piano et la guitare avec la même exubérance superbe. Le souffle de la diva chafouin est souvent si fort qu'il semble parfois précéder les paroles. Les amateurs de franches rigolades devront se dénicher une autre compagnie, on n'est pas exactement là pour se gondoler ; pour autant, la demoiselle Wright évite tout flirt excessif avec le patos ; ce disque serait plutôt celui de la vérité toute nue, et, quelques fois, au détour d'un refrain, il arrive que le vent se fasse particulièrement violent. 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]           

     












01 - Less Than A Moment
02 - The Hem Around Us
03 - Hinterland
04 - Vessel For A Minor Malady
05 - You Hurry Wonder
06 - Dyed In The Wool
07 - Method Of Sleeping
08 - Surly Demise
09 - Colossal Hours
10 - The Path Of Least Persistence (Figure II)
11 - The Sable
12 - Bells
MP3 (320 kbps) + front cover 
 

mardi 22 octobre 2019

WOLFGANG AMADEUS MOZART [London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis] ~ Requiem [2007]



On a écrit beaucoup de bêtises sur la mort de Mozart. Le médecin français Lucien Karhausen en recense 140, augmentées de 27 troubles mentaux supposés. Parmi elles figurent l’assassinat par un mari jaloux, l’empoisonnement par Salieri, une fracture du crâne, la tuberculose. La vérité est, ne vous en déplaise, beaucoup plus simple. A la fin de l’année 1791, Vienne est le siège d’une épidémie de streptocoque, comme en attestent les registres des décès des hôpitaux de la ville. Selon toute vraisemblance, c’est donc une infection rénale avec streptocoque qui aurait entraîné un œdème accompagné d’une forte fièvre. Le Mozart de cette fin 1791 est un homme au bout du rouleau, ruiné, obèse, qui compose dans son lit dont il ne peut plus se lever. Quelques mois auparavant, Wolfgang Amadeus avait reçu la commande d’un requiem de la part de l’émissaire d’un mari éploré dont l’épouse venait de décéder. Le mari en question se révèle en réalité être le Comte Franz Paula Josef Anton, Comte von Walsegg, qui avait la fâcheuse réputation de s’attribuer les œuvres commandées aux compositeurs célèbres de son époque. Il s’était ainsi attribué la paternité des Sept dernières paroles du Christ de Joseph Haydn qu’il avait dirigées en 1787. Le Comte von Walsegg ayant déjà payé une grosse partie de l’œuvre, Constanze, la veuve de Wolfgang Amadeus, s’attellera à faire terminer la composition du Requiem par les disciples de son défunt mari. Ce sont Joseph Ebler et surtout Franz Xaver Süssmayer qui s’y collent. Les deux seuls mouvements achevés au jour de la mort de Mozart sont donnés le 10 décembre 1791, cinq jours après le décès de son compositeur. Il s’agit de l’Introitus et du Kyrie. La version définitive de l’œuvre est créée le 14 décembre 1793 à l’abbaye cistercienne de Neukloster sous la direction du Comte von Walsegg qui présente le Requiem comme étant de sa main. On s’accorde à considérer l’interprétation de Karl Böhm comme la version de référence du Requiem, même si je lui préfère celle de Philippe Herreweghe. Pourtant, je vous propose ici la version du London Symphony Orchestra (L.S.O. pour les intimes) dirigée par un Sir Colin Davis survolté. C’est d’ailleurs tout l’orchestre qui est sous amphétamines, et tout particulièrement le chœur, dynamisé par son chef et la présence du public. Il s’agit en effet d’une captation live effectuée en septembre et en octobre 2007 au centre culturel The Barbican de Londres où le L.S.O. est résident.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movements 1 & 2- Introitus – Kyrie
02 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movement 3a. Sequenz- Dies irae
03 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movement 3b. Sequenz- Tuba mirum
04 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movement 3c. Sequenz- Rex tremendae
05 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movement 3d. Sequenz- Recordare
06 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movement 3e. Sequenz- Confutatis maledictis
07 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movement 3f. Sequenz- Lacrimosa
08 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movement 4a. Offertorium- Domine Jesu
09 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movement 4b. Offertorium- Hostias
10 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movement 5a- Sanctus
11 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movement 5b- Benedictus
12 - Mozart Requiem Mass in D minor, K626 - Movements 6 & 7- Agnus Dei – Lux aeterna
MP3 (320 kbps) + front cover

 
 

vendredi 18 octobre 2019

ROKY ERICKSON & THE EXPLOSIVES ~ Casting The Runes [1987]



Imaginez un large couloir, les murs sont peints en noir. Les néons sont rouges et bleus. La moquette est violette. A gauche, les bacs quarante-cinq tours. A droite, les bacs trente-trois tours. Bienvenue à Rocka Rolla. L'enseigne est couleur crème, rouge sang les lettres évoquent des notes de musique. Une tenture noire envahit la devanture. En bonne place, la pochette Stay sick! des  Cramps, à l'honneur  le derrière de Poison Ivy. La porte du magasin est grande ouverte, déjà onze heures du soir. Attirés par les décibels, des noctambules s'approchent, s'interrogent. Bar, boîte de nuit, peep-show ? Du monde à l'intérieur, bruits de conversations, des bières tournent au comptoir, des produits aussi. La voix puissante de Roky Erickson jaillit des hauts parleurs. Un rugissement. « Tonight is the night of vampire... Tonight is the night of vampire... If it's raining and you're running don't slip in mude because if you do you'll slip in blood tonight... is the night of vampire... Tonight is the night of vampire... » Teint pâlichon, quelqu'un me tend une bière. Un autre lève sa canette à notre santé. On renifle, on a pris la même chose. Terminé les hurlements, nuits de pleine lune, les vampires, Roky fait une déclaration d'amour. Ton intime, rythme chaloupé. « I have tried, and tried everything I know how. I have died, and died because of that familiar result I could allow. I have cried, and cried uneasy days and sleepless night too. But there's nothing I can do but wait for youuuu... » Sur le trottoir, l'air est frais. Carole ne va plus tarder. Carole revient toujours. C'est ma petite amie, et j'ai du produit. Exceptées les loupiotes du café à l'angle, la rue du Loup est noire. La nuit, Bordeaux est désert. Reclus à Paris, Chaban est un fossile qui a perdu la boussole. Soudain la vitre de la devanture palpite, Ivy frissonne face à un déluge de décibels. Roky hurle. « ...YOU'RE GONNA WAKE UP ONE MORNING AS THE SUN GREETS THE DAWN. YOU'RE GONNA LOOK AROUND IN YOUR MIND, GIRL, YOU'RE GONNA FIND THAT I'M GONE. » Les cœurs reprennent. « YOU DIDN'T REALIZE, YOU DIDN'T REALIZE... » La section rythmique déclenche un orage sonore, Apocalypse now version texane. Roky martèle : « You're gonna miss me baby. You're gonna miss me baby. You gonna miss me, child. Yeah! yeah, yeah... » Break, seules la basse et la batterie jouent. Roky gueule : « I gave you the warning, but you never heeded it. How can you say you miss my lovin, when you never needed it... » Lourde, puissante, la rythmique force le passage. Roky menace : « You're gonna wake up wanderin', find yourself all alone. But what's gonna stop me, baby? I'm not comin' home. I'm not comin' home. I'm not comin' hoooome... » Solo de guitare. La guitare rythmique est en acier, la section rythmique fait bloc. Le batteur abuse de la ride, des étincelles jaillissent. La guitare s'envole dans les aigus, du napalm en gouttelettes. La voix de Roky écrase les cœurs : « ...You didn't realize, you didn't realize, you didn't realize... how, you're gonna miss me baby. How, you're gonna miss me, child, yeah, yeah, yeah, yeah... » L'herbe ne repoussera plus. Le dernier qui a prononcé The Explosives a eu la mâchoire fracassée et les rotules explosées. Les vampires ont fait le coup ? Sans transition Roky enchaîne avec : « I walked with a zombie ». Le tempo est lent, aspire à la danse. La vie de Roky en dépend. « I walked with a zombie... I walked with a zombie, zombie. I walked with a zombie, last night... » Au refrain, The Explosives reprennent : « You walked with a zombie... You walked with a zombie... » Roky poursuit imperturbable : « I walked with the zombie... I walked with a zombie, zombie. I walked with a zombie, last night... » Trois lignes de texte et une constance jamais démentie. Une comptine à fredonner aux enfants avant de s'endormir ? La porte du magasin a bougé. Elle arrive. Peu importe son prénom, c'est pas Carole. Carole elle est partie. Elle me frôle. Je lui glisse un képa dans la main. Elle tire la tenture noire de l'arrière-boutique. Avant, les filles lui trouvaient une ressemblance avec Annie Lennox : cheveux très courts, jolie bouche, yeux superbes, silhouette androgyne. Désormais elle ressemble à un spectre. On s'envoie la même saloperie. Elle ne se s'attarde jamais derrière. Une vibration dans l'air, une odeur où se mêle cuir et cigarette, la précède. Elle passe, glisse dans ma main un objet. Le double des clés. Le canapé est parfait pour s'écrouler, ce soir exit le garage. Sourire en coin, elle agite une vague main. Des hauts parleurs, la voix de Roky me ramène vers Lucifer. Avec la même constance, il hurle : « Don't shake me, don't shake me Lucifer... Don't shake me, don't shake me Lucifer... I been up all night, and no suicide clock the works... » En mode tranquille, The Explosives exécutent un rock'n'roll classique, dansant. Les paroles peuvent évoquer Satan, Lucifer, ou Néron, peu importe. La voix de Roky me bouleverse, elle enflamme mon esprit. Des créatures maléfiques grimpent le long de mon bras, s'incrustent dans mon épaule, encrées dans mon épiderme elles sont miennes. L'encre a cicatrisé, les démangeaisons relèvent du passé. Le tatouage m'a coûté le prix d'un gramme. Pas de couleur, Roky et ses créatures sont de la même teinte que les gnomes sur mon bras gauche. Soudain, une intro cataclysmique. Bloody hammer explose. Roky crie : « Demon is up in the attic to the left. My eyes turns to the left to say, ''no''. You said ''First, I am the special one''. I never hammered my mind out. I never have the bloody hammer... » Secondé par les chœurs, Roky martèle : « I never have the bloody hammer. I never have the bloody hammer. I never have the bloody, I never have the bloody, I never have the bloody hammer... » La basse-batterie est un rouleau compresseur. Le guitariste Cam King tronçonne joyeusement. Alien descendu sur terre ou fils illégitime de Satan, Roky Erickson & The Explosives est le cauchemar de l'Amérique. Tempo lent, ambiance morbide, Roky déclare plus bas : « Stand for the fire demon. Rising in tune with the clouds... Stand for the fire demon. Satan's is his crown... Stand for the fire demon... » L'atmosphère est pesante, lugubre, des créatures maléfiques rôdent. Bras tendus vers le ciel, Roky hurle tel un prédicateur : « ...STAND FOR THE DEMON OF FIIIIIIIRE... STAND FOR THE DEMON OF FIIIIIIIRE... STAND FOR THE DEMON OF FIIIIIIRE... » Toujours à ce moment-là que je m'absente. Hors de ma tête, je suis loin. Le café de la rue du Loup a fermé ses portes. Dans la poche intérieure de mon cuir, côté cœur, la dernière lettre de Carole. Elle aimerait avoir plus souvent de mes nouvelles. Elle attend mon prochain mandat avec impatience. Son changement de cellule a été positif, elle s'est fait de véritables copines. Au fond de ma poche, le double des clés. « ...Stand for the demon of fiiiiiire... Stand for the demon of fiiiiiire.... Stand for the fire demon... »
P.S. : Mine mine mind, I love how you love me et Don't shake me Lucifer sont extraits du concert at Soap Creek Saloon in Austin, 27 Novembre 79. Les autres titres proviennent du concert at Rock Island in Houston, 22 Décembre 79. Toutes les chansons figurent sur l'album Casting the runes, exceptée Heroin, issue du concert at The Whisky A Go-Go in Hollywood, 81, toujours avec The Explosives. Vous la retrouverez sur la version expanded de Casting the runes, et également sur la compilation Gremlins have pictures, pressage G.B.
ERIC [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !]


01 - The Wind And More
02 - Night Of The Vampire 
03 - Mine Mine Mind
04 - For You (I'll Do Anything)
05 - You're Gonna Miss Me
06 - I Walked With A Zombie
07 - Love How You Love Me
08 - Don't Shake Me Lucifer
09 - Bloody Hammer
10 - Stand For The Fire Demon
11 - Heroin
MP3 (320 kbps) + artwork