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jeudi 4 juillet 2019

THE SWEET THINGS ~ In Borrowed Shoes, On Borrowed Time [2019]




Les Stones se sont mis à décliner après le départ de Mick Taylor. Angie m’avait filé une sacrée crise d’acné, alors la suite… Je n’ai pas compris l’arrivée de Ron Wood, un mauvais choix même si j’adore Woody. Il aurait mieux valu prendre un bluesman comme Harvey Mandel voire Rory Gallagher pour reconstituer l’attelage. Mais Keith n’avait plus envie de jouer le blues, il préférait bambocher avec Ronnie au son du reggae pendant que Mick continuait à trémousser son cul en mode disco funk pourri. Black and blue et toute cette mélasse reggae calypso fut un vrai cauchemar pour les fans, à part Memory motel, qui passait en boite au moment des slows, tout le reste me donnait envie de chialer. Ces mecs étaient cramés. J’attendais le groupe qui allait prendre la relève. Les Groovies semblaient à l’agonie depuis le départ de Roy Loney ; Stooges, MC5 bien rangés au rayon des souvenirs. Alice Cooper comptait les araignées  au plafond depuis qu’il avait lâché son groupe de killers.  Aerosmith, Lynyrd  Skynyrd, Blue Oyster Cult pouvaient faire illusion le temps d’un album, mais ils n’avaient pas la carrure. Puis sont arrivés de New York, les poupées Rock'n'roll dans un timing parfait. C’était une version des Stones en plus vulgaire et mal dégrossie, mais je savais que ce seraient eux et aucun autre. J’avais tort sur toute la ligne. Les Dolls furent balayés en deux coups de cuillère à pot. Tués dans l’œuf avant même d’avoir pu étaler leur pleine mesure à la face du monde ébahi. Leur manager foireux s’y connaissait peut-être en frusques et en coups de com mais ne pipait rien du tout au rock'n'roll. Un rouquin requin, deux toxicos et un alcoolo ont brisé mon rêve de plus grand groupe de rock'n'roll du monde. Johnny  Thunders pouvait bien s’en aller bâtir sa légende de pacotille et Malcom McLaren son arnaque punk sur les cendres encore fumantes des poupées, plus rien ne pourrait me consoler. Les Sweet Things trouvent que Goat’s head soup est le meilleur disque des Stones et viennent de sortir leur premier album: In borowed shoes on borowed time sur Spaghetty Records (cela ne s’invente pas). Les Sweet Things sont de New York et se sont rencontrés lors d’une Bar Mitzvah dans les Catskills. Sam Harriss tient sa basse en dessous des genoux et essaye de faire le show, c’est la grande gueule du groupe. Dave Tierney guitare rythmique et chant lead porte les mêmes lunettes que Ron Ashton, arbore une paire de rouflaquette à la JPR Williams (l’arrière légendaire du quinze gallois des années 70) et compose les morceaux. Lorne Behrman, lead guitar, ferraille (pas mal) de la slide sur sa Gibson Les Paul. C’est lui qui a dû leur dégoter ce concert à la Bar-mitsvah. Il est un peu joufflu et je le soupçonne de faire de la musculation en cachette. Darren Fried le batteur est insignifiant comme de rigueur. Les Sweet Things n’ont aucune classe. Ils ne deviennent glamour que lorsque Liza Colby, cette jolie petite nana bien hot en justaucorps et talon hauts, vient pousser les chœurs et secouer le tambourin avec eux. Dave Tierney fricote avec Liza Colby, j’en suis sûr ! Les Sweet Things se sont payés une brochette de pointures dont Alejandro Escovedo, le pianiste des Black Crowes, la section de cuivre des Stones, le souffleur de Daddy Long Legs pour l’enregistrement de leur premier album, mais je n’en ai absolument rien à cirer parce que c’est juste Liza Colby aux chœurs gospel qui m’intéresse. Doctor crazy girl est le morceau de l’album que je préfère, mais les neuf autres sont aussi bien troussés que Liza Colby. Les références des Sweet Things sont les Stones, New York dolls, Mott, Faces, Joneses, Black Crowes, Izzy Stradlin and the Ju Ju’s. Les Sweet Things n’ont absolument rien à dire. Liza Colby est presque aussi sexy que Betty Davis. Les Sweet Things ne seront jamais le plus grand groupe de rock'n''oll du monde. En attendant qu’Elvis ressuscité redescende sur Vegas, je supporte les Sweet Things et le Liza Colby Sound et vous feriez bien d’en faire autant.

THE DUKE [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]





01 - Liquor Lightning
02 - Dead Or Worse
03 - In Borrowed Shoes, On Borrowed Time
04 - Almost Faded
05 - Dr. Crazy Girl
06 - Drained
07 - Coke'n
08 - Through The Cracks Of The City
09 - Fix To Kick
10 - Feed My Dog
MP3 (320 kbps) + front cover

jeudi 27 juin 2019

MODEST MUSSORGSKY [Gustavo Dudamel & WPO] ~ Pictures At An Exhibition [2016]



Le Venezuela d'Hugo Chávez avait tout pour réussir. Des revenus assurés par les réserves pétrolières parmi les plus importantes au monde et une des politiques sociales les plus avancées du continent sud-américain. Au sein de celle-ci, "El Sistema". Initiée en 1975 par  José Antonio Abreu, cette politique consiste à offrir à chaque jeune vénézuélien un instrument de musique et une éducation musicale de haut niveau dans l'un des 55 orchestres de jeunes répartis dans tout le pays. Le gouvernement y voit également (et essentiellement) une façon de lutter contre la drogue et la délinquance, endémiques sur le continent. Il est d'ailleurs frappant de noter que le ministère en charge du "Sistema" n'est pas celui de la culture, mais celui de l'action sociale.

Parmi les millions de jeunes formés par "El Sistema", le plus célèbre est sans nul doute le charismatique chef d'orchestre Gustavo Dudamel. Son talent et sa fougue vont éclater aux yeux du public européen au cours de la tournée qu'il entreprend avec l'Orchestre Simón Bolívar en 2007. A la fin de chaque concert, tous les musiciens revêtaient un gilet aux couleurs du Venezuela avant d'interpréter une grande œuvre du répertoire classique latino-américain.

Mais si vous suivez l'actualité internationale, vous savez que l'état de grâce vénézuélien n'a pas survécu à la mort d'Hugo Chávez. Son successeur désigné, Nicolás Maduro, après des élections remportées sur le fil du rasoir, a plongé le pays dans la plus grande crise économique de l'histoire du pays. Les manifestations quotidiennes sont réprimées par l'armée ou les milices pro-gouvernementales qui tirent à balles réelles dans la foule, faisant des dizaines de morts.

Le 3 mai 2017, Armando Cañizales Carrillo, un altiste du "Sistema" est abattu par balle lors d'une manifestation. Gustavo Dudamel ne peut plus se taire. Il prend publiquement position contre la politique de Nicolás Maduro. Mais revenons à la musique. Le 1er janvier de cette même année, il avait été à 35 ans le plus jeune chef d'orchestre jamais invité à diriger l'Orchestre Philharmonique de Vienne pour le concert du nouvel an. C'est avec ce même orchestre, augmenté de quelques jeunes musiciens de l'association viennoise "Superar", qu'il grave les Tableaux d'une Exposition de Modest Mussorgski, dans l'orchestration de Maurice Ravel.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !] 


01 - Promenade I
02 - Gnomus
03 - Promenade II
04 - The Old Castle
05 - Promenade III
06 - Tuileries Gardens
07 - Bydlo
08 - Promenade IV
09 - Ballet Of The Unhatched Chicks
10 - Samuel Goldenberg Und Schmuÿle
11 - The Market At Limoges
12 - Catacombae (Sepulchrum Romanum)
13 - Cum Mortuis In Lingua Mortua
14 - The Hut On Chicken's Legs
15 - The Great Gate Of Kiev
MP3 (320 kbps) + front cover