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mardi 19 juin 2018

SHANNON SHAW ~ Shannon In Nashville [2018]


Après la parution d'un tel album, dans un monde qui tournerait à peu près rond, les Rihanna et les Beyoncé de tous poils devraient retrouver le bar à strip-tease qu'elles n'auraient jamais du quitter... Or donc, Dan Auerbach (Black Keys, pour ceux qui vivraient au fond d'une grotte) a craqué sur la voluptueuse chanteuse et bassiste des garagistes Shannon & The Clams et à commencé à méchamment fantasmer à l'idée de la pousser à enregistrer un album de soul (un vrai, avec tout le merveilleux toutim que cela sous entend). Dans un premier temps, doutant de ses capacités (on croit rêver), la gamine refusa avant, finalement, de se laisser embringuer dans cette fabuleuse histoire... Question zicos, l'affaire ne s'est pas exactement jouée à l'économie : on retrouve, ici, des pointures qui enluminèrent, jadis, certaines des plus délicieuses œuvres du gars Elvis comme de la môme Dusty - et ils nous font la totale. Ce disque respire le magnifique fond de marmite de la proverbiale sorcière. Tout y passe : la soul du Sud comme du Nord, les relents girls groups, les mexicaneries suaves, l'Amy touch et je t'en passe en veux-tu en voilà ! Et tout ça sans que jamais l’exercice de style ne soit effleuré. Mais le plus important est ailleurs : dans la plume délicate et dans l'extraordinaire timbre voilée de cette diva capable de nous offrir, sans forcer, d’innombrables secousses d'amour  dans son scenic railway émotionnel suintant la grâce et les parfums rares...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]                


01 - Golden Frames
02 - Bring Her The Mirror
03 - Broke My Own
04 - Leather, Metal, Steel
05 - Freddies 'n' Teddies
06 - Love I Can't Explain
07 - Cryin' My Eyes Out
08 - Goodbye Summer
09 - Cold Pillows
10 - Lord Of Alaska
11 - I Might Consider
12 - Make Believe
13 - Coal On The Fire
MP3 (320 kbps) + artwork


lundi 18 juin 2018

CRISTINA BRANCO ~ Kronos [2009]



VIAGEM A PORTUGAL # 1 

On peine à y croire au vu de la météo qu'on se coltine, mais, d'ici un mois, les grandes transhumances estivales vont commencer. Toute l'Europe du Nord se jettera sur les routes pour se rendre dans le sud et toute l'Europe du sud... Mais oui, au fait. Où les européens qui vivent déjà dans ces endroits paradisiaques que sont Séville, Malaga, Murcia vont-ils passer leurs mois d'été ? J'ai un début de réponse... Cristina Branco est née en 1972, deux ans avant la révolution des œillets. C'est donc tout naturellement qu'elle incarne avec quelques-unes de ses contemporaines le renouveau du fado. Sa carrière commence au tout début des années 2000, une époque qui marque le retour de cette musique après un rejet dû à la trop grande proximité des artistes avec la dictature militaire. Cristina Branco incorpore à sa relecture du fado des éléments issus de la variété, du tango, de la musique populaire brésilienne. Son fado n'est plus une musique dépressive, triste et nostalgique, il sait se faire joyeux, tendre, drôle et léger. Kronos, son huitième album, paru en 2009, est l'un des plus aboutis. Cristina s'accompagne elle-même au piano, au sein d'une formation à l' instrumentation traditionnelle comprenant la guitare portugaise, l'accordéon et la contrebasse. Un délice en toute saison.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Trago Um Fado
02 - Eterno Retorno
03 - Bomba Relogio
04 - Longe Do Sul
05 - Margarida
06 - O Meu Calendario
07 - Bichinhos Distraidos
08 - Tango
09 - Electrico Amarelo
10 - O Rapaz Do Trapezio
11 - O Sitio
12 - Uma Outra Noite
13 - Fado Do Mal Passado
14 - Historias Do Tempo
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 118



jeudi 7 juin 2018

VIOL [Aka Ernesto Violin] ~ Hooligans Wake [2012]


Cela peut arriver à n'importe quel mélomane : on se réveille dès potron minet et on ne sait quoi écouter. Cette mésaventure ne me concerne plus, quand aucune envie particulière ne me vient, je joue un disque de notre ami Ernesto : sa voix convient à toutes mes humeurs... Tout le monde (et c'est heureux) ne peut ressembler aux vilains frangins Gallagher (voilà que ça me reprend !) : certains artistes doutent de leur talent, n'hésitent pas à critiquer leurs œuvres avec sévérité. Ernesto est embarrassé par tel qui donnerait dans le folk neurasthénique, alors qu'un autre est vraiment trop lent et sinistre... Vous l'aurez peut-être compris : ce garçon est franchement doué pour vendre sa musique ! J'ai l'impression que j'aime ces chansons plus que leur auteur - ce qui tombe bien car c'est moi qui écris ce billet ! Hooligans wake est l'album printanier de Monsieur Violin, donc point de neurasthénie ou de sinistrose ici (même si les thèmes abordés ne sont pas tous franchement guillerets (en ce sens les titres sont suffisamment évocateurs)). Sa voix traînante comme une longue caresse et la simplicité (apparente) de son jeu de guitare font toujours merveille, mais il a concocté, cette fois,  des arrangements ensoleillés pour mieux s'amuser des contrastes ou pour étouffer un peu les élans de sa mélancolie. A noter, pour contrebalancer ce que j'ai écris il y a une dizaine de lignes : Ernesto est très fier des deux dernières chansons - et c'est vrai qu'elles figurent parmi ce qu'il a composé de plus beau et de plus émouvant : je vous conseille de les écouter en boucle jusqu'à ce que le délire vous expédie dans le coma !  
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]          

  
01 - Wreck Of The Concordia 2012
02 - Death Of The European Dream
03 - Mexican Headache
04 - GOP
05 - Kill The Fucking Pigs
06 - Mass Murder Boogie
07 - Nuclear Beach Army
08 - World War III
09 - Loneliness Is Worse Than Death
10 - Hooligan's Wake
11 - Shakespeare's Grave
MP3 (210 kbps) + front cover


lundi 4 juin 2018

(Mon) Panthéon Du Rock # 2 : Quicksilver Messenger Service / John Cipollina (par Le Duke)



"Entre ici Jean Chipollin avec ton cortège flamboyant…" Ainsi entamerai-je le discours d’intronisation du grand John Cipollina et de son groupe le Quicksilver 
Messenger Service. 
Puisque les bouffons du Rock'n'roll Hall of Fame de Cleveland n’ont su encore cette année te rendre 
honneur (ils ont préféré ce navet de Bon Jovi et même pas nominé Père Ubu qui joue à la piaule àv
Cleveland !), le Duke est là pour te réserver une place méritée dans le nouvel Olympe du rock'n'roll. 
Eh bien, oui, je veux réparer cette injustice car je vais faire édifier prochainement ce sanctuaire 
mystique qui comprendra un sous-sol digne du tombeau d’ Aménophis III l’égyptien abritant la 
crypte sacrée et ses trésors oubliés (interdite au public). Cette nécropole musicale sera élevée d’un 
étage pyramidal consacré au culte de nos chers disparus afin qu’ils puissent recevoir décemment 
les hommages de leurs fans et gagner sereinement le Walhalla du rock'n'roll par l’entremise 
d’une transmutation cosmique. 
Point de hamburgers et de produits dérivés dans ce lieu empreint de beauté et de spiritualité. 
Non loin de la crypte sacrée, une salle blindée renfermera en édition vinyle 180 grammes la 
discothèque du "Duke" complétée par les généreuses donations de mes folowers retraçant toute 
l’histoire du rock'n’roll à l’usage des générations qui survivront à la guerre nucléaire et au méga tsunami 
qui rayera définitivement Cleveland et Memphis (la cité des pharaons du Tennessee) de la 
carte du globe. 
Je ne prendrai pas un architecte chinetoque qui connait que dalle au rock'n'roll et à la sécurité
nucléaire pour qu’il me fourgue la copie de la pyramide du Louvre comme il a fait avec ces gros nases 
de Cleveland qui n’y ont vu que du feu. Non, je pense plutôt humblement que je vais créer ce temple 
moi-même. Ce sera un mélange d’architecture antique et de style baroque qui fera sensation. 
Dans la grande aile du sanctuaire consacrée aux guitar heroes, John Cipollina figurera en bonne 
place dans une alcôve fleurie parfumée d’encens et de patchouli dédiée au west coast rock, en compagnie 
de ses brillants congénères de la baie de San Francisco et sous la férule bienveillante des 
Saints patrons de la catégorie : Link Wray, Cliff Gallup, Scotty Moore, Chuck Berry, Ike Turner et 
Johnny Ramone dont les statues de marbre blanc représentants nos demi-dieux nus et simplement 
affublés de leur instrument de prédilection en bandoulière, orneront le péristyle de l’édifice 
consacré à la six cordes. 
Tout ceci sera du plus bel effet et ma foi d’un très bon gout rock'n'rollien mais faudrait voir avant ce 
qu’en pense le docteur Ungemuth qui est un esthète en la matière. 
Donc pour vous résumer l’histoire du "Mercure vif argent", il nous faut remonter quelques années 
avant la funeste disparition de Chocolate George. Nous sommes en 1965 à San Francisco, une bande 
de folkeux mené par un gitan évadé du Greenwich village surnommé Dino Valenti (certains lui 
attribuent la paternité du morceau Hey Joe, mais je n’en crois pas un mot !) décide de monter un 
groupe électrique, Cippolina est le seul à jouer de la guitare amplifiée et en plus il connait le blues. 
Valenti se fait immédiatement coffrer pour possession de illégale de marijuana et c’est une 
véritable aubaine pour le groupe qui enrôle Skip Spence à la guitare et David Freiberg un autre 
folkeux pour se produire une première fois au Matrix le club de Marty Balin. Spence (à la batterie) 
est débauché par Balin pour monter son groupe le Jefferson Airplane et se faisant pardonner 
propose Greg Elmore et Garry Duncan en provenance du groupe garage The Brogues (I ain’t no 
miracle worker, révisez vos Pebbles nom d’un chien !) pour remplacer l’instable Spence. Jim Murray
le chanteur d’origine que l’on retrouvera plus tard dans Copperhead lâche l’affaire après quelques 
concerts et voici notre quatuor de bravados réunis dans leur formation historique : Cipollina, 
Duncan, Freiberg et Elmore. 
Très rapidement, le groupe se distingue comme un des plus emblématiques de la scène bouillonnante 
de San Francisco et particulièrement lors de ses performances scéniques ou le public en totale 
interaction avec la musique du groupe expérimente le LSD de façon plus ou moins organisée. 
Des acid tests et des love in sont organisés à qui mieux mieux avec comme support la 
musique des représentants du cartel San Franciscain (QMS, Grateful Dead, Jefferson Airplane, Big 
Brother, Mad River et bien d’autres). 
C’est le grand raout du sexe et de la défonce sans entraves ! 
Mais vous connaissez la suite avec la fin tragique de Chocolate George venant s’encastrer dans cette maudite 
Buick… "
An underrated musician" (comme on lit parfois sur les blogs au sujet de Jeff Lyne…) doit être cité 
car ayant influencé la musique de San Francisco et de Quicksilver en la personne de Nick Gravenites. 
Chanteur de blues et compositeur émérite, Gravenites posera avec Mike Bloomfield et Buddy miles 
un jalon important de l’histoire du rock avec son "super » group" : Electric Flag : A Long time comin' en 
1968 (également conseillé en solo : My Own labors, 1969 avec un Bloomfield au top de sa 
forme). 
J’espère que vous prenez des notes ! 
Surnommé "le Grec" en raison de ses origines le chicagoan Gravenites est une sorte de passeur 
entre le blues moderne de Chicago et le blues psychédélique de San Francisco. Mike Bloomfield et le 
Paul Butterfield Blues Band avaient ouvert la boite de Pandore avec leur morceau East West pour 
lequel Bloomfield avouait qu’ayant eu une révélation après avoir gobé un sucre imbibé de LSD, il 
avait percé le mystère de la musique indienne pour créer cette pièce totalement avant-gardiste qu’ils 
étiraient en live sur plus de quarante-cinq minutes d’extase électrique. 
Les frères de la côte ouest s’en souviendront. 
Les esprits chagrins pourront taxer la musique de QMS d’une faiblesse relative au niveau du chant 
et de la composition, mais celle-ci est très largement compensée par leur puissance d’interprétation. 
On est en présence de quatre jazzmen sans leader véritable déstructurant des pièces de blues pour 
créer la bande son d’un western spaghetti hallucinogène. Ils posent les bases du free rock. 
Le style de John Cipollina est unique et immédiatement reconnaissable. Il utilise plusieurs onglets de 
fingerpicking et deux sorties distinctes sur deux amplis différents pour sortir de sa Gibson SG les 
subtils effets de vibrato caractéristique de son jeu (tout le matos de John est consigné chez les gros 
blaireaux de Cleveland, mais je vais bientôt le faire rapatrier pour mon sanctuaire). Avec Gary 
Duncan (Gibson Les Paul) qui est une très fine gâchette, ils opèrent en doublette, alternant le 
lead et la rythmique à l’instar des autres duos célèbres de l’époque : Mike Bloomfield et Elvin Bishop 
au sein du Paul Butterfield blues band, Duane Allman et Dicky Betts avec les Allman Brothers, Jerry 
Garcia et Bob Weir avec Grateful Dead ou tiens Lou Reed et Sterling Morrison du Velvet Underground, 
lorsqu’ils balançaient au Matrix en 1969 des versions de Sister Ray de plus de trente-sept 
minutes totalement psychédéliques. John est un guitariste qui a de la personnalité, qui plus est 
avec ses longs cheveux tombant sur les épaules, sa silhouette longiligne et ses fringues "hippy 
chic", il a l’allure d’un dieu grec. Tout le contraire de Joe Bonamassa en définitive. 
Les deux premiers albums du groupe : Quicksilver messenger service et Happy trails sont des 
chefs-d’oeuvre impérissables emballés comme de rigueur à cette époque dans des pochettes 
magnifiques, la première calligraphiée rouge sur fond noir est dessinée par Rick Griffin cher à nos 
amis surfeurs et la seconde présente une fresque évoquant l’ouest sauvage et libre sous un ciel 
d’azur... qui transpire dans la musique de l’album. Le troisième LP Shady Grove doit beaucoup à la 
personnalité de Nicky Hopkins, mais Duncan n’est plus là. La suite avec la reprise en main du groupe 
par le tyran Dino Valenti demeure du rock West Coast de très bonne facture ou l’on retrouve par 
intermittence la flamboyance des débuts dans le jeu de guitare de Duncan et Cippolina, trop souvent 
mis sous l’éteignoir par l’omniprésence du chef à la voix un brin horripilante. 
Cippolina lassé des frasques de Valenti mettra un terme à l’aventure QMS pour monter
Copperhead qui sort en 1973 un unique petit chef-d’oeuvre de hard rock californien. Après 
l’expérience d’un nouveau groupe, The Raven, il continuera de jammer et d’enregistrer avec Terry 
Dolan et ses Pirates ou Nick Gravenites voire Man, sans jamais se départir de sa générosité et de sa
coolitude californienne non feinte. Il décédera à 45 ans des suites d’un emphysème lié sans doute à 
sa grande consommation de tabac. Avis aux pseudos punkers ignorants et autres nihilistes de toutes obédiences. Cippolina était un grand, un hippy, un vrai ! Comme je vous l’ai expliqué les deux premiers albums du groupe sont essentiels et le reste en comparaison est de la petite bière. Vous demandez du rab comme à la cantine ? Alors vous allez être servis copieusement. Le CD Lost gold and silver offert avec le billet regroupe un bootleg de très bonne qualité audio connu sous le nom de Maiden of the cancer moon enregistré en live en 1968 à l’époque de Happy trails. Il présente l’avantage d’offrir les versions live de morceaux inédits comme la reprise féroce des classiques de blues que sont Backdoor man et Smokestack ligthning mais aussi les versions live inédites des morceaux du premier album qui culminent avec The Fool et Gold and silver (une variation du Take five de Dave Brubeck pour les jazzeux qui aiment le rock ou l’inverse) et deux versions raccourcies de Mona et Who do you love de papa Diddley. Le deuxième CD (bonus) en studio est composé de chutes du premier album, de singles de la première période ou de l'enregistrement du groupe pour la B.O. du film hippy de 1967 Revolution ou des versions studio des pièces de bravoure joués en live sur Happy trails. Maintenant que vous êtes rassasiés pour clôturer la cérémonie nous entonnerons le chant des partisans afin de célébrer notre victoire prochaine sur les forces nihilistes qui gangrènent le rock'n'roll.
n’roll. WOP BOP A LOO BOP A LOP BAM BOOM, TUTTI FRUTTI, OH A RUTTI…
LE DUKE [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]



CD1 : Live from 1968
01 - Back Door Man
02 - Codine
03 - Gold And silver
04 - Smokestack lightning
05 - Light Your Windows
06 - Dino’s Song
07 - The Fool
08 - Who Do You Love
09 - Mona/Maiden Of The Cancer Moon/Mona
CD2 : Bonus Studio
01 - Don’t Want To Spoil Your Party (Dino’s Song)
02 - Acapulco Gold [type de beuh] And Silver (Gold And Silver)
03 - I Hear You Knockin’
04 - Back Door Man
05 - Your Time Will Come
06 - Who Do You Love (Part 1)
07 - Walkin’ Blues
08 - Calvary
09 - Codine
10 - Babe I’m Gonna Leave You
11 - Stand By Me
12 - The Bears
1-7 unreleased demos and early versions
8-9 from the soundtrack “revolution”
10-12 capitol singles
WMA + artwork




mardi 22 mai 2018

STEPHEN MALKMUS AND THE JICKS ~ Sparkle Hard [2018]


Un Damien Jurado et un Stephen Malkmus And The Jicks qui paraissent la même quinzaine, c'est presque un peu trop, nous ne sommes plus habitués à recevoir autant de bonheur d'un seul coup... C'est sans doute très réducteur, mais lors de la première écoute des albums de Malkmus et ses potes, j'ai toujours l'impression d'entendre les merveilles qu'un Syd Barrett moins tourmenté aurait pu nous offrir... Dans ce Sprakle hard, il y a tout ce que nous aimons chez notre Stephen chéri : des chansons qui semblent d'une simplicité (et d'une beauté) confondante(s) et des titres tarabiscotés (non moins beaux) qui risquent de nous réclamer cent-soixante-quinze écoutes avant de trouver le chemin de la sortie. Il y a également tout plein de petites nouveautés : le gars s'est mis au piano, histoire de se remettre en danger; il taquine également l'Auto-Tune et autres gadgets électroniques (mais le garçon étant intelligent, ça ne sonne pas exactement comme sur le dernier Rihanna !). Pour les âmes romantiques, on trouve également un duo (très country pervers) avec Kim Gordon : "L'homme raconte qu'il trompe sa femme avec la fille au pair et la femme livre sa version des faits, avec une certaine violence." Cela va devenir compliqué de choisir le meilleur album de l'année.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]     

    
01 - Cast Off
02 - Future Suite
03 - Solid Silk
04 - Bike Lane
05 - Middle America
06 - Rattler
07 - Shiggy
08 - Kite
09 - Brethren
10 - Refute
11 - Difficulties ; Let Them Eat Vowels
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 115

jeudi 17 mai 2018

DAMIEN JURADO ~ The Horizon Just Laughed [2018]


Bien avant la fin de l'enregistrement de cet album, notre ami Everett en avait déjà fait son disque de l'année. En cette période trouble, il est bon de pouvoir compter sur quelques hommes de confiance. Les vilains pourront toujours guetter le faux pas, c'est un fait de plus en plus avérer, ce garçon ne sait faire que de très belles choses. Ici, il tente l'ultime album intime (en prenant le risque d'y aller sans Richard Swift, son fidèle frère d'arme). Tout de suite, à tord ou à raison, j'ai songé à une poignée d'ensorceleurs du temps jadis : Nick Drake, Kevin Coyne, Richard Thompson, Bill Fay... Après deux écoutes, on sait que cet Horizon est lointain et qu'on n'a pas fini de voyager ; on en prend pour perpète, j'en ai peur ! Et le Damien invente un truc sans avoir l'air d'y toucher : le murmure qui hurle (avec ce voile si charmant en bout de souffle) et qui vous fait danser sur des tempêtes de confidences ! Aussi simple et complexe (selon la lumière) que la Beauté en négligé...   
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]     


01 - Allocate
02 - Dear Thomas Wolfe
03 - Percy Faith
04 - Over Rainbows And Rainier
05 - The Last Great Washington State
06 - Cindy Lee
07 - 1973
08 - Marvin Kaplan
09 - Lou - Jean
10 - Florence - Jean
11 - Random Fearless
MP3 (320 kbps) + artwork


mardi 15 mai 2018

P. PAUL FENECH ~ The F-Files [2018]


"Raging thunder in my heart, lightning flashing in my brain."
Les Clapham South Escalators ont sorti un seul et unique E.P. que j’adorais autant que le nom qu’ils s’étaient choisi. La pochette aussi était magnifique. L’année qui suivit sa sortie, tenez-vous bien, on m’envoie en stage à Londres où je loge face à la station de Clapham… North. Non mais tu vas pas me dire, c’est le diable qui me faisait payer mes conneries à venir (jusque-là j’étais resté bien sage), trop fort ce satané Satan. Parce qu’un truc comme ça, quand on est du genre à s’attacher à des détails (essayez un peu de me faire croire que c’est pas votre cas), ça te rend dingue ! Ces Clapham South Escalators c’était en fait un groupe éphémère derrière lequel s’étaient réfugiés les M3T3ORS, ouais ça s’écrivait toujours en capitales avec les E à l’envers mais j’ai pas trouvé mieux que le 3 pour donner le change, désolé. De toute façon ça ne marcherait qu’avec une police tordue genre SF-Gore telle qu’on ne risquait pas d’en trouver à l’époque sur nos claviers d’ordi vu que des ordis on n’en voyait qu’aux infos ou dans les films de, comment déjà, S.F., c’est ça. En attendant, l’escalator ou les escaliers que je montais et descendais plusieurs fois par jour ben c’était ceux de Clapham North, jamais je m’en suis remis. Mais revenons à nos Meteors (ouais, ça va un moment…), cette comète sur laquelle on se jeta tous avec gourmandise pour passer rapidement à autre chose, à moins d’être fan au-delà de l’entendement et des limites humaines du terme. Mais des fans comme ça ça existe, exemple qui n’a (presque) rien à voir, j’en connais qui juste pour avoir accès gratuit à vie à leurs concerts (c’était la récompense promise) se sont faits tatouer la fusée-symbole de RFTC. A mon avis les ultra-fans des Meteors auront pu faire pire. En ce qui me concerne les loustics je les ai définitivement oubliés en 1983, juste après Wreckin’ crew. Ils ne m’ont jamais manqué et je n’ai jamais depuis attendu quoi que ce soit de leur part, ni reformation ni disque miraculeux exhumé, Smile ou The Great lost album on a déjà donné, merci. Sauf que je découvre à l’instant (hier soir en fait) que non, pas du tout, ils n’ont jamais cessé d’exister ni arrêté de tourner ni d’enregistrer. Ah ben ça alors … Donc je vous explique pour hier soir. Je tombe sur un truc, par hasard parce que ouais, ils sont où les potes quand t’as besoin d’eux hein ? Hein ? Par hasard donc et tout seul je trébuche littéralement sur l’équivalent d’une lampe d’Aladin à-moitié enterrée, je l’époussette, j’ouvre le couvercle et je disparais pendant 47 minutes… c’est quoi ce bordel ? Très peu de souvenirs, faut que je recommence (ouais, je suis un peu con) : 47 minutes de plus, ou de moins, ça dépend du point de vue. Les images qui m’en restent sont floues, certaines me sont familières et j’ai même eu l’impression fugace d’entr’apercevoir la Lumière. Aurais-je enfin, après toutes ces années d’incrédulité sur le concept même, déchiré le continuum spatio-temporel ? Non, faut pas déconner, les choses sont plus simples : P. Paul Fenech, pourquoi ce P avant le Paul, j’en sais rien, vient de sortir un disque solo qui n’a d’autre but que d’extirper l’humanité des ténèbres dans lesquelles elle s’enfonce irrémédiablement. Il est tout aussi plausible qu’il soit là pour enfoncer l’humanité dans les ténèbres qu’elle essaie d’éviter, faites votre choix, j’ai fait le mien. Quoi qu’il en soit, enthousiasmante ou terrorrifiante (comme disait un pote à moi adepte malgré lui de néologismes involontaires, le pléonasme c’est cadeau, ça me fait plaisir) ne vous inquiétez pas, l’expérience ne dure que 47 minutes à l’issue desquelles vous pourrez reprendre une vie normale, si c’est vraiment ce que vous souhaitez.
Everett W. GILLES [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !]


01 - Bad Universe
02 - Let's Burn 'Em Down
03 - Love Charms
04 - Off The Chain
05 - Raging Thunder
06 - Ravenous (Family Death House)
07 - Satan Is Her Name
08 - The Multiple Deaths Of Pichina
09 - The Return To Guts Crossing
10 - Tricky
11 - Voodoo Man
12 - What's In The Basket
13 - Who's Laughing Now
MP3 (320 kbps) + front cover