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lundi 19 septembre 2022

LOU REED ~ Words And Music, May 1965 [2022]


C'est donc ici, en mai 1965, que Lou Reed, avec l'aide de John Cale, fomentera la révolution... A l'époque, il tentait de subsister en enregistrant sur commande des copies de l'air du temps pour des compilations bas de gamme. Mais il sent que le vent se lève et qu'il est temps d'entrer véritablement dans la danse. I'm waiting for the man et Heroin trouveront leur place, deux ans plus tard, sur le premier album du Velvet Underground ; Pale blue eyes devra patienter jusqu'au troisième, tandis que Men of good fortune ne se livrera qu'à la parution de Berlin. D'autres encore resteront inédites jusqu'à aujourd'hui. Ces émouvantes versions épurées, Lou Reed se les enverra à lui-même par la poste, et l'enveloppe demeurera scellée pendant plus de cinquante années! Vous parlez d'une découverte! Toutankhamon peut retourner se faire emmailloter! Laurie Anderson ne pouvait conserver ce trésor pour elle seule et elle nous offre donc ce drageoir aux épices qui risque de faire couler bien des larmes. Les âmes sensibles sont priées de ne surtout pas s'abstenir.

Jimmy JIMI             


 

01 - I'm Waiting For The Man
02 - Men Of Good Fortune
03 - Heroin
04 - Too Late
05 - Buttercup Song
06 - Walk Alone
07 - Buzz Buzz Buzz
08 - Pale Blue Eyes
09 - Stockpile
10 - Wrap Your Troubles In Dreams 
11 - I'm Waiting For The Man (Alternate Version)

COOL 223 

vendredi 4 février 2022

LOU REED ~ I'm So Free - The 1971 RCA Demos [2021]


Eh bien, ça n'aura pas lambiné. En effet, il se murmure en haut lieu que cet album (au son tout à fait correct) pourrait être quelque chose comme la grosse affaire de l'année - et qu'importe si les chansons furent enregistrées il y a des lustres par un gars juché sur un tabouret de cuisine et n'ayant qu'un micro et une petite guitare pour faire tournoyer toutes ces merveilles. Déjà la pochette, qui annonce fièrement une liste de titres qui auront bouleversé nos existences, est un sujet d'évanouissement! Mais grimpons un instant dans la machine à remonter le temps. Lou Reed et John Cale s'arrangèrent malicieusement pour évincer Nico (dont la majestueuse ombre blonde leur masquait un peu trop la lumière), après la parution du cultissime premier album du Velvet Underground (en gentilshommes, ils l'aideront tout de même à réaliser son Chelsea girl). Lou se débarrassa ensuite de John, un an plus tard, après l'enregistrement de White light/white heat, avant de se faire lui-même pousser vers la sortie par le manager Steve Sesnick et Doug Yule, après deux albums au succès relatif (pour rester poli). Voilà, nous sommes au début d'une nouvelle décennie, et notre homme se retrouve à l'abandon. Rongé par la déprime, la légende raconte qu'il serait retourné vivre chez ses parents et aurait même tâté du métier de comptable! Cependant, moins d'une année plus tard, on annonce un premier album sous son nom. La pochette ne donne pas très envie, mais les chansons, majoritairement composées à l'époque du Velvet Underground, attirent forcément les fans (encore assez peu nombreux) du groupe. Malheureusement, le disque, enregistré à Londres, ne tient pas toutes ses promesses. Lou semble fatigué, presque absent, et les musiciens (dont deux membres de Yes - chapeau pour le recrutement!) comme le producteur paraissent peu impliqués. Pourtant, comme le prouve ce florilège de demos, les chansons étaient toutes excellentes (les dénicheurs de bootlegs et ceux qui se régalèrent de la compilation VU le savaient déjà). Ecouter Lou Reed s'exprimer dans le plus simple appareil procure des émotions que je ne me risquerais pas à résumer. Et puis, pour ceux qui n'auraient pas tout suivi à la loupe, il y a les grosses cerises sur le gâteau: à l'heure d'enregistrer son premier disque en solitaire, Lou avait déjà composé Perfect day (une de ses plus belles réussites) et New York telephone conversation, qui paraîtront sur l'album suivant, le merveilleux Transformer produit par David Bowie, mais, beaucoup plus surprenant, on peut se délecter des premières versions de Kill your son ou de She's my best friend qui ne paraîtront officiellement et respectivement qu'en 74 et 75 sur Sally can't dance et Coney Island Baby. Loin des éditions Deluxe qui lassent trop souvent avant d'être totalement écoutées, ce drageoir intime saura passionner les vieux enfants au cœur pur.

Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire!]   


                                   

01 - Perfect Day (Demo - Takes 1 & 2)
02 - I'm So Free (Demo)
03 - Wild Child (Demo)
04 - I'm Sticking With You (Demo - Take 2)
05 - Lisa Says (Demo)
06 - Going Down (Demo - Take 2)
07 - I Love You (Demo)
08 - New York Telephone Conversation (Demo)
09 - She's My Best Friend (Demo)
10 - Kill Your Sons (Demo)
11 - Berlin (Demo)
12 - Ocean (Demo - Takes 1 & 2)
13 - Ride Into The Sun (Demo - Take 2)
14 - Hangin' Around (Demo - Take 2)
15 - Love Makes You Feel (Demo - Take 2)
16 - I Can't Stand It (Demo)
17 - Walk It And Talk It (Demo)
MP3 (320 kbps) + front cover

 

jeudi 6 septembre 2018

LOU REED ~ Dirty Blvd (Live At Paramount Theatre, Denver, 13 April 1989) [2018]


Il nous manque, le bougre. En même temps, vu la tournure que prenaient les évènements, il aurait été capable d’enregistrer des poèmes courtois en compagnie de Judas Maiden ! On se satisfera donc de ce live. Les gars ont fait de gros efforts pour la pochette, mais ils ne sont pas parvenus à dégoter une photo plus vilaine. Passons… Je ne vais pas vous survendre cet album, il est loin d’être indispensable, mais il pourra intéresser les fans car, à quelques rares exceptions près, il oubli les grands standards du Lou pour se pencher sur des titres un peu plus rares. Ce n’était pas sa meilleure période, mais, ce soir-là, l’homme était en voix et n’avait pas les doigts gourds (on ne soulignera jamais suffisamment son jeu de guitare, non seulement unique mais qui se mariait si bien avec son phrasé). Par chance, aucune horde de choristes ou de cuivres ne vient gâter la partie. Parmi les meilleurs moments, on notera (bien avant que Dylan ne s’y mette) la reprise du One for my baby (and one more for the road) popularisé par Frank Sinatra, l'exubérant Busload of faith Lou ou ce Doin' the things that we want to, sur lequel son guitariste joue les John Cale en passant au violon. Je vous rassure, il y a également un ou deux moments qui naviguent entre décadence et chianterie ! Sinon, ça serait forcément moins drôle...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !]  


01 - Dirty Blvd.
02 - Endless Cycle
03 - Last Great American Whale
04 - Beginning Of A Great Adventure
05 - Busload Of Faith Lou
06 - I Love You, Suzanne
07 - One For My Baby (And One More For The Road)
08 - Doin' The Things That We Want To
09 - Rock'n'roll
10 - Video Violence
11 - The Original Wrapper
12 - Sweet Jane
13 - Walk On The Wild Side
MP3 (320 kbps) + front cover