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jeudi 26 octobre 2017

THE PALE FOUNTAINS ~ Pacific Street [1984]


Dans un coin de Liverpool, Michael Head tient toujours debout et continue encore d’écrire des chansons. De vraies chansons. Vous savez, de celles que lui seul peut écrire et chanter, malgré les blessures, les dépressions, l’alcool ou l’héroïne… Bien sûr, il peut toujours tomber, se faire mal, mais le talent est là, unique, splendide, fragile, et tout ça tient à un fil. Michael Head tient toujours debout et continue d’écrire des chansons et cela tient du miracle, surtout quand d’autres que lui continuent sans talents ou se taisent parce qu’ils s'est échappé depuis fort longtemps (ou feraient mieux de s’abstenir). Je ne vous propose pas son dernier album qui vient de sortir, car vous ferez certainement une bonne action en l'achetant, mais le premier disque de son premier groupe, les Pale Fountains. Certes, le son pourra vous paraître ingrat, mais quiconque possède une oreille aguerrie saura y trouver d’impérissables trésors. A l’époque, ce disque était une totale anomalie, influence de bossa nova, de Burt Bacarach ou de Love, et des envies folles de prendre le large. Et, bien sûr, il y a cette voix, généreuse, qui vole et décolle et qui nous emporte. Aujourd’hui, elle n’a plus ce rayonnant éclat, mais le poids d’une vie sans doute gâchée et tiraillée par de vilains démons, avec ce voile que seules possèdent les âmes blessées et cabossées par la vie. Quelque chose également de déchirant à ne vouloir sombrer. Ou, pire, se résigner. Mais on s’en fout, même tout cabossé, Michael Head tient toujours debout et continue encore d’écrire des chansons. De vraies chansons avec ses doigts inspirés par des muses prodigieuses et sa voix d’or restée pourtant lumineuse dans les ténèbres. Des chansons qui, elles seules, ont sans doute eu ce curieux pouvoir de le faire encore tenir debout. Michael Head tient toujours debout parmi nous et continue toujours d’écrire de vraies et immenses chansons. Et c’est tout simplement beau car rien n’est définitivement et infiniment plus humain que ce cœur qui se bat et se débat avec si peu, au lieu de battre encore et encore comme le font si naturellement ceux des autres.
Audrey SONGEVAL [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Reach
02 - Something On My Mind
03 - Unless
04 - Southbound Excursion
05 - Natural
06 - Faithful Pillow (Pt. 1)
07 - You'll Start A War
08 - Beyond Fridays Field
09 - Abergele Next Time
10 - Crazier
11 - Faithful Pillow (Pt. 2)
12 - Palm Of My Hand
13 - Love's A Beautiful Place
14 - Meadow Of Love
15 - Thank You
MP3 (320 kbps) + front cover


15 commentaires:

  1. Merci Audrey pour ce beau billet....
    J'ai bien rangé "au chaud" le vinyle acheté lors de sa sortie.
    Et excellente idée de nous rappeler que Michael Head continue d'écrire et vient de sortir un bien bel album.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. Audrey a de la suite dans les idées puisque la discussion a eu lieu sur mon blog et a dû raviver le souvenir des Pale Fountains. Du coup, je vais réécouter le disque à travers le prisme du beau texte ci-dessus.

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  4. ''Sans Talents'' : on veut des noms !
    C'est pas ma tasse de thé les Palots mais je me souviens que tu nous avais déjà vendu le loustic (t'es amoureuse ou quoi ? Hou hou !) et qu'il m'avait fait penser à Jurado et du coup forcément ...

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  5. Très léger, très aérien, avec des chœurs magnifiques

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  6. Pour ma part, pendant longtemps, j'ai préféré le second Pale Fountains parce que je n'aimais pas le son du premier que je trouvais daté. Aujourd'hui, je trouve celui-ci magnifique pour ses chansons. Et j'ai fini par apprécier ce son aussi.

    Pour découvrir en quoi ce type est bouleversant, je vous invite à écouter le disque puis à jeter un p'tit coup d’œil (et une oreille) à ça:
    https://www.youtube.com/watch?v=TM_wQGCRXcA
    https://www.youtube.com/watch?v=xZsS9U7HtAQ
    L'écart entre les deux est bouleversant, je trouve.

    @ Everett: C'est pas pour les Palots, c'est pour le nouvel album de Michael Head. Et clique sur les liens pour savoir de quoi je parle.
    Pour les noms "sans talents", je laisse le soin à chacun de penser du mal de qui il veut, ça fait trop plaisir de le faire. ^-^
    Et pour ce qui est d'être amoureuse par rapport à ce qu'on aime faire partager, et toi, tu ne serai pas un peu (beaucoup?)...gay? :)

    @ Fracas: Il faut dire que j'avais été coiffée sur la ligne pour la chronique de Magical World of the Strands par PidGi, alors je voulais pas que ça se reproduise!!!

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  7. Magnifique. La musique des Pale Fountains a quelque chose de limpide, d'évident. En complète opposition avec la vie pas facile de ce musicien. Merci Audrey.
    https://www.youtube.com/watch?v=4aQ3XEQmsno

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  8. finalement, à visiter ce blog (et quelques autres aussi ^^ ) mon approche de "classique" change beaucoup... pas mon avis sur les musiques, ni la tension de la catégorie (question fondamentale et inutile à la fois), mais bien l'idée de "classique". Parce que comme pour Lee il y a peu, j'ai envie de dire "c'est classique" ... ce qui est génial, formidable et énonce un fait... un mot pour dire "allez-y écoutez ça, c'est du bon"... sauf que c'est con, parce que ça néglige une réalité capitale contenue dans une des réponses d'Audrey : "Aujourd'hui, je trouve celui-ci magnifique pour ses chansons. Et j'ai fini par apprécier ce son aussi."
    c'est le genre d'albums, d'artistes que l'on va dire "classique" (même pour nous) on finit par oublier ou par négliger à quel point ces musiques oeuvrent en nous. On garde souvent en mémoire, à raison, le choc initial, la découverte, le "whaou!"... mais il ne faut pas oublier que ça peut être actif encore des années après.
    merci pour le partage, de la musique et de cette évidence.

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  9. Je ne l'avais pas écouté depuis très longtemps, mais mon opinion n'a guère évoluée. Je respecte la démarche, j'entends de la qualité et de l'originalité, je comprends les sentiments qu'on peut lui porter, mais il y a là une sorte de maniérisme qui me dérange assez rapidement...

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  10. Je comprends tout à fait, Jimmy, pour ce qui est du maniérisme (et je pense que c'est aussi ce qui me dérangeait avant). Je me disais, ouais, pas mal, mais bon... un peu trop démonstratif pour moi.
    Mais pour comprendre ce disque (et finalement sa beauté particulière), il faut partir de ce qu'il écrit aujourd'hui et replonger dans celui-ci après. Et là, il y a quelque chose de très fort qui doit se passer. Si tu cliques sur les deux liens, tu vas découvrir l'intensité de la relation qu'il entretient avec la musique. Sur l'un d'eux, on dirait un vrai gamin. Et ça, c'est très rare et très beau quand on sait ce qu'il a vécu (et continue sans doute à vivre).

    J'ai vécu avec ce groupe un peu la même chose que That Petrol Emotion. Un truc que j'appréciais mais sans plus mais qui au fil des années est devenu plus fort et plus intense, pour devenir pour moi fondamental. La bascule s'est faite pour moi en découvrant le plaisir de plonger dans The Magical World of The Strands. Soudain, j'avais découvert le lunaire et le solaire dans la même tête.

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  11. l'album de Shack (un autre groupe de M.Head)"Here's Tom With The Weather..." peut être aussi une bonne introduction dans l'univers de cet artiste que je suis aussi depuis les pale foutains.

    https://www.youtube.com/watch?v=0avvihsNSus

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  12. La pochette ! La pochette du premier Pale Fountains !! Vous vous rappelez ? Elle m'avait bouleversé: une photo authentique pendant je ne sais quelle guerre (Irlande ? Espagne ? Russie ?)... je sais juste que le combattant du milieu, regarde dans les yeux le type qui lui tire dessus... et il va mourir...
    Bien sûr, le disque est bon mais quelqu'un se rappelle-t-il d'autres détails sur cette photo ?
    Alain

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  13. j'ajoute mon commentaire car ce disque à l'époque était un vrai choc (visuel déjà avec l'histoire derrière cette photo) et sonore car quand on était bercé par la new wave et le punk/post-punk, ce disque était un vrai ovni. pendant longtemps dès que les beaux jours arrivaient en juin, j'avais envie d'écouter ce disque. j'ai découvert Love que bien plus tard. J'ai eu l'occasion de rencontrer Michael Head plusieurs fois à la fin des années 80 et début 90. C'était tout à fait ce que tu écris Audrey. Un mec adorable. Le premier Shack (malgré une prod déjà datée au moment de sa sortie) était très bien. De grands souvenirs de concerts au new morning et à la locomotive. merci d'avoir ravivé ces souvenirs. vivian

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  14. @Airoe et Vivian: Pour ma part, j'ai longtemps eu plus d'affinités avec From accross the Kitchen table. D'abord parce que c'est celui que j'ai eu en premier entre les mains (achetés en vinyls pour une bouchée de pain) et parce que le son me plaisait plus. Donc je n'ai pas eu cette nostalgie.
    Pour ce qui est de la pochette, j'aimerai avoir le vinyl, parce que la mienne est en CD avec mention sacrilège "nice price" ou un truc du genre dans le coin droit... Les maisons de disques n'avaient vraiment aucune pitié pour les artistes et les amateurs de musique...

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