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lundi 29 mai 2017

ARTISTES DIVERS ~ Jazz En France - Volume III : Les Trompettistes [HMC. 2017]


Avant même le saxophone, la trompette a été l'instrument-roi du jazz des origines. Aux Etats-Unis, avec Buddy Bolden (qui n'a laissé aucune trace discographique), Bix Beiderbecke, King Oliver, Louis Armstrong, puis Dizzy Gillespie et Miles Davis. En France avec Noël Chiboust (qui passera plus tard au saxophone), Philippe Brun, Pierre Allier. Il faut noter que malgré la distance, les musiciens français étaient au courant des derniers développements du jazz sur le continent américain quasiment en temps réel. J'en veux pour exemple la querelle des années 30 entre les trompettistes qui se réclamaient de l'école de Louis Armstrong et ceux qui reconnaissaient l'influence de Bix Beiderbecke, querelle qui fut simultanée en France et aux Etats-Unis. Puis, sous l'influence des saxophonistes américains, mais aussi du fait de l'immense talent de nos saxophonistes nationaux (Alix Combelle, Hubert Rostaing, Gérard Badini), la trompette va perdre un peu de son importance. Mais depuis quelques années, la trompette retrouve une place de choix dans le jazz français. Erik Truffaz, fortement influencé par le jeu de Chet Baker, Antoine Illouz, Eric le Lann, puis Ibrahim Maalouf ouvrent la voie à toute une jeune génération de trompettistes très doués tels que Sylvain Gontard, Yannick Neveu, Airelle Besson, Davis Enhco. Et l'histoire est loin d'être terminée !
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]



01 - Irakli - Red Hot Hottentot
02 - Airelle Besson - Radio One (Football Games On Radio One)
03 - Noël Chiboust - All For The Swing [Avec Michel Warlop]
04 - Erik Truffaz - Dirge
05 - Boris Vian Et L'Orchestre De Claude Abadie - Tin Roof Blues
06 - Mal Waldron, Doudou Gouirand, Michel Marre - The Last Poet
07 - Ibrahim Maalouf - Doubts
08 - Stéphane Belmondo - Brother Hub
09 - Aimé Barelli Et Son Orchestre - Bébé D'Amour (Some Of these days)
10 - Fabien Mary Quartet - It's About Time
11 - Médéric Collignon - The Way To San Mateo [Feat. Eutépé]
12 - Philippe Brun - Ridin' Along The Moscova
13 - Pierre Allier Et Son Orchestre - Ninouche
14 - Patrick Artero - La Mort
15 - Julien Alour - Impulsion
16 - Eric Le Lann - Fanch Danno
17 - Sylvain Gontard - The Hidden Sun [Avec Jean-My Truong]
18 - Ivan Jullien - Dainaya
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 40

  

mercredi 24 mai 2017

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 139 (fin)


139. WE'RE GONNA HAVE A REAL GOOD TIME TOGETHER [THE VELVET UNDERGROUND] 

   Le fou furieux rebroussa chemin en marche arrière et en vitesse accélérée pour regagner la partie fragile de mon cerveau qu'il n'aurait jamais du quitter.   

   De son joli pas de danseuse, Mary glissa gracieusement jusqu'au juke-box, le même fantasmatique Wurlitzer qui faisait jadis la fierté d'Un Joli Nom (décidément, après les hélicoptères et la maison, « le Monstre » avait peu lésiné sur les moyens pour tenter d'amadouer sa mauvaise conscience). Bientôt, la voix de Van Morrison fit trembler les murs du salon : « Like to tell ya about my baby / You know she comes around... »

   Une vieille nana qui ressemblait vaguement à Polina était installée juste en face de moi. Une paire de vieux jumeaux tout chauves qui ressemblaient vaguement à Christophe et Cyril était assis à côté d'elle. Mon regard ne tarda pas à croiser les yeux si bleus d'une ancienne beauté qui ressemblait vaguement à Olympia. D'autres vieux gars qui ressemblaient vaguement à Guillaume, Alphonse et Isidore se tortillaient sur leur chaise. Je suppose que de l'autre côté du miroir, un vieux type qui ressemblait vaguement à Jimmy regardait l'assemblée d'un air passablement éberlué.

   Nous nous observâmes bouche bée pendant une belle poignée d'éternité, alors que Mary continuait à jouer au D.J. sur le juke-box étincelant. Des milliards de mots enfouis depuis des lustres tentaient vainement de s'échapper de nos lèvres endolories. Finalement, Olympia parvint à extraire quelque chose du charabia qui mangeait les émotions à fleur de sang de chacun : « C'est ta femme, Jimmy, qui passe les disques sur le juke-box ? C'est Mary Moore, la danseuse ? Je suis archi fan ! Je connaissais rien à la danse, c'est mon mari qui m'a invité à une représentation de Où va le blanc quand la neige fond ? pour notre anniversaire de mariage. Depuis, on rate jamais un de ses spectacles. Un soir, en sortant du théâtre, j'ai cru t'apercevoir, accoudé au bar. J'ai pensé que ça recommençait. Pendant une grosse dizaine d'années, je vous ai tous vu, partout, tout le temps. Quand j'allais acheter un disque, Christophe tenait la caisse ; quand je me rendais chez le coiffeur, Polina me shampouinait ; quand je prenais l'avion, Alphonse faisait le steward... J'ai épuisé tous les médecins, les psys et les marabouts de la capitale ! Au final, c'est un clown qui m'a sauvé ! Un vrai Auguste à l'ancienne avec le gros nez rouge, le falzar improbable et les pompes pointure cinquante-six. Je m'étais perdue dans le dédale d'un hôpital psychiatrique et j'avais atterri à l'étage des enfants. En réalité, il était avocat, mais, une fois par semaine, il venait tenter de faire marrer les gosses. Le costume, c'était son armure de grand timide, parce qu'il faisait pas tous ces trucs de clown. Lui, il racontait des histoires complètement abracadabrantes en prenant des voix toutes plus délirantes que les précédentes. Les gamins adoraient et, moi, j'avais plus ri depuis le soir où Chris était tombé de la scène après s'être entortillé les pieds dans son jack pendant qu'il imitait les moulinets de Pete Townshend ! Il était tellement timide, mon petit clown baratineur, que c'est moi qui ait été obligé de lui parler. J'avais jamais dragué un mec de toute ma vie, « Miss lycée à vie » n'avait pas besoin de ça ! Il m'a sauvé en me faisant un bébé, les hallucinations ont cessé le jour où j'ai su que j'étais enceinte... Bon, qu'est-ce qu'on fait, maintenant, mes amours, on s'embrasse comme des fous et on met le feu à cette baraque ? »

   Un mignon petit séraphin survola la pièce en effectuant quelques saltos un peu trop frimes avant qu'un autre ange ne s'exclame : « Oh, non, mamou, elle est trop cool, cette maison ! »

   C'était le sosie parfait d'Olympia, le jour où je l'avais vu, pour la première fois, tout en haut des marches, à la sortie du métro Pasteur.

   Je rangeai précieusement toutes mes émotions dans le pli de mon foulard, pris ma plus belle voix de chanteur raté, et offris à mes amis le solo final dont vous devrez vous contenter : « On ne va rien brûler du tout, si ce n'est la vie par tous les bouts, les plus beaux disques peuvent se permettre de contenir une chanson un peu trop longue et douloureuse, cela ne peut gâcher leur superbe. Et que fait-on quand un album magnifique vient de se terminer ? On s'en saisit délicatement avant de le retourner et de reposer l'aiguille magique tout au bord du sillon sacré. »




FIN    

                 

lundi 22 mai 2017

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 138


138. ALL OR NOTHING [THE SMALL FACES] 

   Le vent était si délicieux qu'on en aurait mangé à la petite cuillère. 

   Mes bottines crurent reconnaître les marches du perron de la maison du cousin d'Oscar (cela aurait bien été le genre de ce dernier de tremper dans ce type de surprise) mais pas le long couloir qu'Eleonore me fit traverser. Elle m'aida ensuite à m’asseoir. La pièce était chargée de trop d'odeurs et d'électricité pour que je puisse y déceler le moindre indice. Elle m'enleva le casque au sublime milieu du All or nothing des Small Faces (ce qui, en toute autre occasion, aurait valu un lourd châtiment corporel !).    

   « Je vous remercie tous pour votre présence, dit Mary d'une voix étranglée par une vive émotion, je vais vous demander d'avoir la gentillesse de patienter encore quelques minutes avant de retirer vos masques ; j'ai un enregistrement à vous faire écouter... Merci de garder votre calme et de rester silencieux jusqu'à la fin. »

   Je n'y comprenais goutte. 

   « Bonjour à toutes et tous. Je sais que vous ne me pardonnerez jamais, parce que je suis un impardonnable monstre... J'étais jeune, rongé par l'ambition, et je savais que je ne ferais jamais vraiment partis de votre bande, alors j'ai commis cette trahison ignoble... Ce n'est pas grand chose en comparaison de ce que je vous ai volé, mais, il y a déjà longtemps, avec l'argent que m'a rapporté vos chansons, j'ai fais construire cette maison en face des falaises. Si vous vous serrez un tout petit peu, il devrait y avoir de la place pour tout le monde... Je remercie Jimmy, s'il ne m'avait pas expédier dans les vapes à grands coups de poings, je n'aurais peut-être jamais trouvé le courage de vous l'offrir... J'espère que vous y passerez des moments merveilleux... Je ne vous fais pas cadeau de mon nouveau disque qui doit paraître la semaine prochaine, ça risquerait de gâter l'ambiance ! »

   Il y eut des cris étouffés, des bruits de chaises manquant se renverser et deux ou trois insultes bien salées s'échappant entre des dents serrées...  

   Je vous le jure, de toute votre vie, vous n'avez pu entendre une voix aussi geignarde, et je n'ose exprimer ce que je pensais de sa petite vanne pourrie qui, mine de rien, nous rappelait qu'il appartenait encore à ce monde de la musique duquel son infâme traîtrise nous avait exclu...     

   Sur cette pesante réflexion – et avec une page d'avance –, un fou furieux fracassa la porte d'entrée avant de faire irruption dans le salon en braillant comme un damné : « Mais qu'est-ce que c'est que cet incroyable fichu bazar ? Vous avez donc pas lu les notes d'Elliott Murphy sur la pochette du live de 69 du Velvet Underground : « Contrairement au cinéma, le rock'n'roll ne ment pas, il ne promet pas une fin heureuse » ?

  

dimanche 21 mai 2017

COOL VIDS ~ Amy Winehouse : Back To Black [Acoustic Version] [2007]


Une des plus belles chansons du monde de tous les temps en version dénudée. Admirez bien son merveilleux sourire à la fin du titre.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]




samedi 20 mai 2017

DON'T BOGART ME...


Grosse semaine bien électrique ! J'ai notamment déniché une compile gourmande réalisée à partir de la collection de Lux & Ivy, les singles de Jerry Lee chez Sun et l'intégrale des sublimes Easybeats. N'hésitez pas à me faire signe si ça vous êtes passés au travers et à partager vos propres trouvailles.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]




vendredi 19 mai 2017

RON GALLO ~ Heavy Meta [2017]


"All risks are paralyzed."
La critique est unanime : le seul truc qu’on entend sur le deuxième album de Ron Gallo ce sont ses influences. Ah merde. Déjà moi je savais pas qu’il en avait fait un premier d’album, pas plus qu’avant ça il faisait partie d’un groupe qui, que, quoi (dont, ou…) on s’en fout de toute façon. Et puis c’est pas la peine d’aller vérifier chez Charlu, j’en viens : pas de trace du bonhomme. Nous voilà bien. J’explique, pour les nouveaux venus : un mec, un groupe, Charlu n’en a pas parlé sur son blog ? Désolé mec, groupe, t’existe pas ! Ou presque. Alors du coup, et pour commencer, qu’est-ce qu’il faut en penser d’un disque dans lequel on n’entendrait que des influences ? Au départ j’en sais rien moi, c’était pas écrit dans la critique que j’ai lue (celle qui est unanime.) Après je réfléchis un peu et je me demande si j’écoute autre chose que des disques dans lesquels etc. et je me réponds "euh non". Ah si tiens, le dernier Mulcahy ! Ce disque que j’écoutais en boucle jusqu’à ce que ce branleur de Ron Gallo vienne foutre le bordel dans cette petite routine. Vous me direz "c’est normal de foutre le bordel quand on est un branleur, non ?" Ce à quoi je vous répondrai : "merci de me laisser finir !" Je reprends : aucune trace de Mulcahy chez Ron Gallo. Je l’avais pas prévue celle-là tiens, je nettoyais mon arme le coup est parti tout seul. Ouais donc j’ai pensé à un truc, genre un jeu, vous aimez les jeux je le sais. Le but serait de citer dans votre commentaire une influence que vous auriez reconnue dans ce disque. Faudra argumenter bien sûr on n’est pas des sauvages. Mais on va compliquer un peu, il ne faudra pas que l’influence ait été déjà citée. Ça devrait marcher, des influences il paraît qu’il y en a plein là-dedans. Je vois là plein de bons côtés dans ma proposition (si vous me le permettez…) D’une ben ça tombe bien parce que le petit jeu des influences c’est le premier truc qui vous vient à l’idée avant d’écrire un commentaire sur un truc que vous découvrez et puis finalement vous vous retenez : le commentaire décomplexé, voilà ce que je vous propose ! (Hé, c’est pas dans l’air du temps la décomplexation ?) De deux ça va aiguiser vos réflexes, bah ouais tu commentes en dernier tout est pris, il te reste les trucs dont personne ne voulait. De trois ça va vous forcer à l’écouter ce disque (si ça se trouve vous me remercierez.) Oui parce que je vous connais, vous avez tous les défauts de la terre mais vous savez pas tricher. Quand il s’agit de musique s’entend, pour le reste vous faites ce que vous voulez. Et si ça se trouve à l’arrivée on l’atteindra, tous ensemble, le but secrètement recherché : les commentaires qui prennent le pas sur l’article : "Make comments great again !". Hein, qu’est-ce que vous dites ? Que je joue moi aussi ? Hé ben j’vous l’ai déjà fait mon commentaire, on n’entend pas l’influence de Mulcahy. C’est vous qui trichez pas, moi je triche tout le temps.
Everett W. GILLES [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire ! (Y a intérêt oui !)]


01 - Young Lady, You're Scaring Me
02 - Put The Kids To Bed
03 - Kill The Medicine Man
04 - Poor Traits Of The Artist
05 - Why Do You Have Kids
06 - Please Yourself
07 - Black Market Eyes
08 - Can't Stand You
09 - Started A War
10 - Don't Mind The Lion
11 - All The Punks Are Domesticated
MP3 (320 kbps) + front cover


jeudi 18 mai 2017

MAZZY STAR ~ Seasons Of Your Day [2013]


La disparition de Keith Mitchell ne va rien changer : les magazines spécialisées vont lui consacrer quelques maigres lignes et tout le monde va oublier son nom. Pourtant, ce gars-là était de la graine des héros. Contrairement à ce que d'aucuns peuvent penser, il est moins facile d'offrir un jeu économe et sensuel plutôt que de multiplier les roulements et de fracasser des cymbales. Ce n'est pas tout : des scientifiques se sont penchés sur la question sans rapporter l'ombre d'une réponse : comment cet homme faisait pour ne jamais perdre le rythme ou devenir complètement fou alors que sous son nez s'agitait le petit cul hautement spirituel de la chanteuse de la plus sexy de l'univers ? Pour le reste (à l'usage de ceux qui tombent de la lune), il s'agit du chef-d'oeuvre inespéré d'un groupe immense qui ne s'était pas réuni depuis des lustres (dix-sept ans exactement). 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - In The Kingdom
02 - California
03 - I've Gotta Stop
04 - Does Someone Have Your Baby Now
05 - Common Burn
06 - Seasons Of Your Day
07 - Flying Low
08 - Sparrow
09 - Spoon
10 - Lay Myself Down
MP3 (320 kbps) + artwork