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mercredi 12 septembre 2018

PAUL McCARTNEY ~ Egypt Station [Limited Edition] [2018]


Dans les meilleurs clubs, tout là-bas, au cœur du Swinging London, on disait que les modettes dansaient le jerk avec des grâces égyptiennes. C'est la première image qui m'est venue à la lecture du titre de ce nouvel album de Paul McCartney. Et puis, j'ai replongé dans l'enfance, ce jour où, à huit ans, mon monde en noir et blanc (désolé pour le cliché) s'est paré de mille couleurs chatoyantes, alors que j'entendais les Beatles pour la toute première fois (combien sommes-nous à avoir perdu notre pucelage avec les fameuses compilations rouges et bleues ?) C'était si bon que je n'eus même pas le temps de me demander pourquoi c'était si bon... Il me semble que la voix de Paulo s'est beaucoup voilée, depuis notre dernière rencontre, mais cela ne saurait gâter le plaisir (cela apporte même un supplément d'émotion, comme sur le sublime dernier disque de Joan Baez, que vous êtes si peu à avoir tenté...). Or donc, la rentrée étant un tantinet mollassonne, Macca - qui a pourtant déjà un tout petit peu donné ! - s'est porté volontaire pour secouer le cocotier. Pendant que la plupart de ses vieux copains de bac à sable font la planche dans le formol, Sir Paul nous offre ce magnifique album, résolument actuel, qui donne aussi bien à danser qu'à rêver (les fans de Damien Jurado (il paraît qu'il y en a quelques-uns qui traînent par ici) pourraient lâcher une larme ou deux sur une poignée de ballades - s'ils osaient pousser la porte). Notre homme pourrait se contenter de glisser sur ses acquis, de touiller trois anciennes mélodies pour en refourguer une quatrième à peine maquillée, mais il préfère se mettre en danger une énième fois en inventant encore quelques formidables tours de passe-passe. Dans la nuit, les vieilles jeunes filles dansent le jerk avec des grâces égyptiennes...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]
P.S. : ce billet est dédié à l'ami Charlu, comme de bien entendu. 

       
01 - Opening Station
02 - I Don't Know
03 - Come On To Me
04 - Happy With You
05 - Who Cares
06 - Fuh You
07 - Confidante
08 - People Want Peace
09 - Hand In Hand
10 - Dominoes
11 - Back In Brazil
12 - Do It Now
13 - Caesar Rock
14 - Despite Repeated Warnings
15 - Station II
16 - Hunt You Down;Naked;C-Link
17 - Get Started
18 - Nothing For Free
MP3 (320 kbps) + front cover 

 

lundi 10 septembre 2018

MADREDEUS ~ Ainda [1995]


VIAGEM A PORTUGAL # 3

Quittons pour un temps le fado et tournons nous vers un groupe qui n'en est malgré tout pas totalement éloigné. Alors, certes, les musiciens qui le composent ont tous des racines profondément ancrées dans le fado. Certes, sa chanteuse a commencé sa carrière dans cette musique avant d'être remarquée par les fondateurs du groupe. Mais en s'enrichissant d'influences venues du voisin espagnol (notamment sévillanes), mais aussi du Brésil, cet orchestre a tracé une voie inexplorée vers une musique beaucoup plus universelle. L'instrumentation, elle aussi, se démarque de la tradition du fado. L'abandon de la guitare portugaise et de l'accordéon, la présence de claviers et d'un violoncelle donne à cette formation un petit air de musique de chambre dont elle possède, sinon la gravité, du moins le recueillement. Et puis la voix. Fondatrice et essentielle. La légende veut que les deux initiateurs du groupe, Pedro Ayres Magalhães et Rodrigo Leão, tombèrent sous le charme de la chanteuse Teresa Salgueiro dans un club de Lisbonne, alors même qu'ils cherchaient la voix féminine de leur groupe. Comme on les comprend ! Aujourd'hui, Teresa a quitté le groupe pour voler de ses propres ailes. Elle a été remplacée par la non moins charmante Beatriz Nunes, qui ne figure donc pas sur cet album. Si vous êtes sages, nous reviendrons prochainement sur le talent de cette jeune chanteuse. Quand je vous aurais dit que la notoriété internationale de cet orchestre doit beaucoup à Wim Wenders et à son film Lisbon story, où d'ailleurs l'acteur Rüdiger Vogler tombe amoureux de Teresa Salgueiro, quand je vous aurais dit que, le hasard faisant bien les choses,  l'album que je vous propose est la bande sonore de ce film fameux, vous n'aurez plus aucun doute sur le nom de nos invités du jour. Mesdames et Messieurs, chers jimmyphiles, j'ai l'honneur de vous présenter Madredeus.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !] 


01 - Guitarra
02 - Milagre
03 - Cèu Da Mouraria
04 - Miradouro Da Santa Caterina
05 - A Citade E Os Campos
06 - O Tejo
07 - Viagens Interditas
08 - Alfama
09 - Ainda
10 - Maio Maduro Maio
MP3 (320 kbps) + front cover

 

jeudi 6 septembre 2018

LOU REED ~ Dirty Blvd (Live At Paramount Theatre, Denver, 13 April 1989) [2018]


Il nous manque, le bougre. En même temps, vu la tournure que prenaient les évènements, il aurait été capable d’enregistrer des poèmes courtois en compagnie de Judas Maiden ! On se satisfera donc de ce live. Les gars ont fait de gros efforts pour la pochette, mais ils ne sont pas parvenus à dégoter une photo plus vilaine. Passons… Je ne vais pas vous survendre cet album, il est loin d’être indispensable, mais il pourra intéresser les fans car, à quelques rares exceptions près, il oubli les grands standards du Lou pour se pencher sur des titres un peu plus rares. Ce n’était pas sa meilleure période, mais, ce soir-là, l’homme était en voix et n’avait pas les doigts gourds (on ne soulignera jamais suffisamment son jeu de guitare, non seulement unique mais qui se mariait si bien avec son phrasé). Par chance, aucune horde de choristes ou de cuivres ne vient gâter la partie. Parmi les meilleurs moments, on notera (bien avant que Dylan ne s’y mette) la reprise du One for my baby (and one more for the road) popularisé par Frank Sinatra, l'exubérant Busload of faith Lou ou ce Doin' the things that we want to, sur lequel son guitariste joue les John Cale en passant au violon. Je vous rassure, il y a également un ou deux moments qui naviguent entre décadence et chianterie ! Sinon, ça serait forcément moins drôle...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !]  


01 - Dirty Blvd.
02 - Endless Cycle
03 - Last Great American Whale
04 - Beginning Of A Great Adventure
05 - Busload Of Faith Lou
06 - I Love You, Suzanne
07 - One For My Baby (And One More For The Road)
08 - Doin' The Things That We Want To
09 - Rock'n'roll
10 - Video Violence
11 - The Original Wrapper
12 - Sweet Jane
13 - Walk On The Wild Side
MP3 (320 kbps) + front cover 


 

mardi 4 septembre 2018

MADELEINE PEYROUX ~ Anthem [2018]


Les histoires de vieux couples ne sont pas toujours très marrantes. Je ne sais trop si cela vient d’elle ou de moi, mais, depuis trois albums déjà, le fameux courant ne passe plus entre nous comme au joli temps jadis... Sincèrement, j’étais heureux de la revoir et impatient d’écouter ce qu’elle avait à raconter, mais dès la première écoute du titre d’ouverture, j’ai senti que ça n’allait pas matcher (comme disent les djeunes). Ce n’est pas si simple à expliquer. La voix est impeccable, l’orchestre plus que compétent, les compositions de bonnes tenues et la version du Liberté de Paul Eluard va faire plaisir à notre ministère de la culture, mais il y a comme une sorte d’espèce de machin qui gêne aux entournures ! S’il s’agissait d’une autre chanteuse, on ne trouverait sans doute rien à redire, mais Madeleine a placé la barre trop haute, pendant des années, pour qu’on puisse se contenter d’un à peu près. Ce n’est rien et tout à la fois : comme sur ses deux précédents disques, je n’entends plus le souffle magique de l’innocence, le charme du naturel, le petit grain de poivre qui rehausse la sauce… Cela me crève le cœur de l’écrire, mais j’ai l’impression que Madeleine Peyroux est devenue une chanteuse de jazz comme les autres – comme tant d’autres. Longtemps, elle a possédé ce rare talent qui nous faisait croire que chaque nouvel album avait le goût de la sublime première fois. Madeleine, on avait le sentiment qu’elle ne savait pas vieillir, et qu’elle serait toujours cette petite chanteuse des rues de Montmartre qu’on avait laissée, presque par hasard, franchir les portes d’un studio. Aujourd’hui, elle paraît enfermée dans une routine sympatoche qui ne saurait nous suffire. Les histoires de vieux couples ne sont pas toujours très marrantes. J’espère que vous serez nombreux à me contredire, mais je crains d’avoir raison.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !] 

  

01 - On My Own
02 - Down On Me
03 - Party Tyme
04 – Anthem
05 - All My Heroes
06 - On A Sunday Afternoon
07 - The Brand New Deal
08 – Lullaby
09 - Honey Party
10 - The Ghosts Of Tomorrow
11 - We Might As Well Dance
12 – Liberté
13 - Last Night When We Were Young
MP3 (320 kbps) + artwork
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