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mercredi 28 novembre 2018

RAOUL VIGNAL ~ Oak Leaf [2018]


Je suis sans pitié. Si vous avez des oreilles et un cœur, vous devez déjà être au bord de l'apocalypse émotionnel après avoir enquillé le Marianne, le Josephine et le Alain. Nous ne sommes pas sur terre pour nous remettre de nos émotions, mais pour nous vautrer majestueusement dans les draps de la sensualité ! Après un premier effort, The Silver veil, paru l'an passé et ressemblant à s'y méprendre à un chef-d’œuvre, l'ami Raoul remet les savoureux petits plats dans les grandes assiettes à évanouissement. Comme chez Chet Baker ou Nick Drake, on se demande ce qui l'emporte, la couleur du soleil ou le parfum de la mélancolie. En fait, ce qui est merveilleux, c'est la complication de ces deux horizons. Ce n'est pas de ma faute si tous les derniers grands disques sont peints à l'acoustique : il va donc encore vous falloir tendre l'oreille pour entendre les confidences généreusement distillées dans cet album aussi passionnant qu'émouvant. Partout, il pleut, il mouche, il grisouille : que foutre ! je ne vous donne pas quarante-cinq secondes avant que vous ne soyez en train de faire du dos crawlé au milieu des fééries ! 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]           

01 - Pepa's Eyes
02 - No Faith
03 - The Dream
04 - Blue Raven
05 - I Might
06 - I Have Sinned
07 - The Waves [Pt. 1]
08 - The Waves [Pt. 2]
09 - Mirror
10 - The Valve
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 142 

 
 

23 commentaires:

  1. Ah ben tiens ,en parlant de ta Josephine... je suis précisèment en train de l'écouter. La voix monte parfois grave dans les aigus avec une maîtrise toute relative, derrière ça ferraille bizarrement (ça me rappelle un clavecin déglingué)... l'expérience est assez inhabituelle... en tout cas très différente de ce à quoi je m'attendais, à savoir la folkeuse lamba (la photo annonçait il est vrai un peu la couleur). Mérite le détour... produit atypique en diable !

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  2. Ai-je l'habitude de poster des folkeuses lambda? La réponse est dans la question. Avais-je prévenu que le produit était atypique en diable? Oui: "Oui, il se pourrait, éventuellement, que certaines soient un peu zinzins sur les bords (voire même au milieu, à l'occasion), mais c'est justement ça qui est tellement bon, et c'est justement ça que ne comprendront jamais les lourdeaux de tout poil." Je suis content que ça t'ai plu!

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  3. Euh... Le Raoul, il faut aussi que je l'écoute ?

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    1. Dans un monde idéal, tu aurais tellement adoré le premier que tu te serais précipité sur celui-ci!

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    2. On va essayer de se rapprocher de ce monde idéal ... Des parfums de (mal ?) Barrett, mois ça me motive !

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    3. Après, tu vas m'implorer pour que je redonne un lien pour le premier album!

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    4. Ah je veux bien aussi que tu nous redonnes un lien pour le "The Silver Veil"...je me souviens bien de ton billet et j'avais pris avec plaisir…..et puis impossible de remettre la main sur mon fichier !!
      Alors si c'est possible ???!!

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    5. Je te prépare ça pour la semaine prochaine.

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  4. Je découvre avec beaucoup de bonheur cet artiste. J'y retrouve parfois des parfums du Pink Floyd du début… sans doute la voix.
    Ok, j'attaque ma première longueur de dos crawlé dans le salon, je vais encore me faire engueuler par madame !!!
    Merci

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    1. C'est vrai qu'il y a des accents à la Barrett, ce qui est toujours un point fort positif. Fais surtout gaffe de ne pas trop éclabousser le chat!

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  5. Je viens de le récupérer et je l'écouterais certainement ce WE. Je sais pas, mais je le sens mieux que Joséphine (et j'ai pourtant osé plusieurs pour l'écouter).

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  6. Maman !!!!!! y'a JJ qui fait rien qu'à m'embêter !!

    J'teste des nouveaux trucs. En même temps faut pas m'en vouloir. En ce moment, je lâche un peu les livres (un jour faudrait que je vous parle du pourquoi du comment on a envie de tuer des gens quand on reprend des études (de Lettres) et pourquoi et comment les gens à l'intérieur peuvent être des clichés (pas tous mais tout de même)) pour revoir des films... plein de films... vous savez (ou pas) le genre de film du cinéma de minuit, tous les Films Noirs matés en rediffusion pourrie à travers une qualité vhs médiocre, ils sont désormais un peu plus dispos et surtout dans de jolies versions, du coup je me gave de Films Noirs, un peu comme si ma vie ne dépendait (ce n'est pas le cas du coup et puis en même temps je regarde aussi des Johnny To)... j'troque même des plages d'écoutes musicales pour des podcast...alors forcément ces derniers temps JJ m'embête ! Parce que bon le dernier Neil Young (un live de 76 qui doit être génial en plus) fait envie mais je peux me dire "oki, ça serait pour un peu plus tad", Phish à terminé sa tournée d'automne, Manset est toujours mort et j'peux jouer au vieux con sur toutes les nouveautés ("ouais, la musique actuelle ça vaut pas celle d'hier"... j'en crois pas un mot mais ça permet de faire illusion quelques jours) sauf que non, y'a l'autre là avec son blog de partage qui revient à la charge (yep ! la rime est volontaire... qu'est-ce vous croyez, que chui terre à terre). Parce que les blogs spécialisés ça peut s'éviter facilement (oh non, en ce moment j'écoute moins de jazz [tout à fait faux aussi]) et les blogs qui proposent trop de choses, y'a qu'à fait sa pimbêche ("non les supermarchés, très peu pour moi") et ça roule itou dans l'aveuglement des oreilles (j'tente carrément des images maintenant... sérieux faut que je pense à prendre l'air). Mais, là y'a de la personnalité, du choix, des plages de silence suivies de moments d'emphase, pis des commentaires de qualité aussi... alors, forcément, je suis faible, je craque et je reviens... et me voilà à ne pas regarder The Big Combo de Lewis pour venir écouter Raoul Vignal... alors deux choses : la première c'est que JJ tu devrais regarder Gun Crazy du même Lewis, je pari la main gauche de Keith Michards que tu adoreras !

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    1. la deuxième c'est que Raoul Vignal c'est beau. parfois un paysage est moyen mais paf y'a LE rayon de soleil au bon moment et on se sent stupidement en harmonie avec l'endroit. Cette évidence dépend de chacun (perso, en montagne ça m'arrive souvent, j'aime la montagne). En musique, il est difficile de toucher du doigt ce type de moment. D'une part, parce que les émotions faciles sont plus faciles à toucher, d'autre part parce que la sensibilité est souvent affaire de sensiblerie, de mièvrerie que d'authenticité. Le folk ça paraît facile, un peu comme de faire peur lorsqu'on est au milieu de bois inconnu devant un feu de camp et que les bruits étranges s'en mêlent, il suffirait de prendre sa guitare en bois, d'avoir deux trois chansonnettes en tête avec des rimes autour de l'amour perdu qui rend fou ou autour de la folie d'avoir perdu son amour, de se faire pousser les cheveux ou la barbe pour que ça passe. Seulement, c'est casse gueule parce que très vite l'exercice tourne ... à l'exercice justement ou au concours de qui serait le plus "caricaturellement authentique" en correspondant aux clichés du genre (elle m'a donné rendez-vous à katmandou, chantait thierry hazard !... et, franchement, si en débutant la lecture de ce commentaire vous pensiez tomber sur du thierry hazard, c'est que je deviens aussi prévisible qu'un journal télévisé et je m'en excuse platement). Les chefs d'oeuvre de folk qui embarquaient tout le monde sur leur passage ne sont plus, les chef d'oeuvres moins connus sont... moins connus et il faut parvenir à éviter les discours élitistes chiants qui tentent de les récupérer dans leurs girons, les albums actuels qui parviennent à être produit sans passer par les filtres de production et de distribution lourdingues sont peu nombreux... et cet album est de ceux là, il sonne comme une foutu évidence, il rayonne comme une évidence parce qu'on se l'approprie tout de suite mais qu'il refuse d'être résumé à deux qualificatifs et surtout, surtout, on sait tout de suite qu'il nous accompagnera longtemps. Contrairement à beaucoup d'autres, on réécoutera cet album et franchement ce n'est pas si souvent qu'une "nouveauté" peut, sans heurt ni fracas, s'insérer dans un imaginaire ancien aussi paisiblement, aussi naturellement, faire comme si elle avait toujours fait partie du paysage sans pour autant se fondre dans la masse.
      Ygg

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    2. J'ai regardé les images de "Big Combo", ça ne me semble pas inconnu, mais il n'y a rien de sûr...
      A dire vrai, je ne sais pas trop à quoi ressemble les œuvres formatées d'aujourd'hui: je n'écoute plus la radio, ne regarde plus la télévision, et j'ai la chance que mes filles écoutent leurs chansons au casque! Alors, je reste dans mon monde, et je m'imagine que la musique de notre époque à la chance de ressembler aux disques du bon Raoul. Je crois que c'est mieux pour ma santé mentale.
      En littérature, j'ai replongé une énième fois dans les splendeurs de Yasunari Kawabata; ça me fait voyager très loin et, ça aussi, c'est excellent pour ma santé.
      Merci pour ton magnifique (comme toujours) commentaire. C'est pour ça que j'essaye de faire court, je sais que, derrière moi, certains vont avoir besoin d'espace!

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    3. ha ! mais long ou court, tu t'exprimes très bien et souvent y'a un avis, que l'on soit d'accord ou pas ça permet la discussion et le partage.
      je conseillais surtout "gun cray" de Lewis.
      Perso, comme j'écoute du hip hop sans doute, j'essaie d'écouter ce qui se fait de bien aujourd'hui. Je ne pense pas que ça soit pire qu'avant (ou mieux), en revanche c'est vraiment le rapport à la musique (et à l'art en général) qui a évolué. D'un côté j'ai l'impression que l'on tourne toujours des mêmes productions à analyser (le nombre d'analyse sur les films des années 75-95 est énorme, comme si tout le reste de la production n'existait pas. En musique c'est surtout la musique des années 60-70 je trouve) du coup ça brouille notre rapport au temps (on surinvestit trop des périodes). De l'autre côté, j'ai l'impression que le constat de Pynchon ou de Moore sur la pop culture (trop de propositions, trop de choses, trop vite) n'a rien stoppé (qui aurait pu stopper ça) et que désormais il y a un contraste plus fort entre la consommation sans lendemain et des replis réac' assez forts.
      L'air de rien Vignal parvient à proposer un album qui existe entre ces ornières, il ne fait pas que prolonger ce qui existait avant sur un mode "c'était l'bon temps" mais il en joue tout en proposant une production et un regard plus contemporains.
      Ygg

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    4. Et quand bien même c'eut été mieux avant (ce que je pense dans plusieurs domaines), ce n'est pas une raison pour abandonner complètement son époque et se désintéresser de ceux qui réussissent l'exploit de s'approcher des sommets de jadis. Ce qui me fait réellement souffrir, c'est de savoir que des gens tels que Vignal ne connaîtrons jamais qu'un succès très limité à cause de la paresse et du manque de curiosité du plus grand nombre. Je vais pousser encore beaucoup plus loin: je pense que c'est à cause du manque de passion de la majorité des individus que nous souffrons tous autant. Je pense que si cette trop fameuse majorité avait quelque chose de consistant à se mettre dans le cœur, elle passerait moins de temps à encaguer son voisin. Euh, je crois que j'ai légèrement débordé du sujet!

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    5. Je me dis surtout que la passion est beaucoup plus diffuse qu'avant. Enfin soit dans des niches beaucoup plus précises et calibrées avec des fans qui ont du mal à en sortir (ce qui existait déjà mais il me semble qu'il y a plus de niches), soit un "j'aime/j'aime pas" ou plutôt un "j'écoute de tout, sans trop savoir ce que j'écoute". ce qui existait aussi mais à moindre échelle. Il y a tellement de choses à disposition qu'il n'y a jamais de temps de pause, de découverte, de réécoute, de curiosité... parce qu'il y a des musiques, des artistes qui ne se donnent pas facilement qui sont synonymes de pas en avant.
      Ygg

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  7. Je ne connaissais qu'un seul Raoul. Il était français. Dans les années 70, un rédacteur de Rock'n'Folk avait écrit sur lui qu'il était notre Captain Beefheart ! Tout comme Ian Curtis, bien avant lui, il s'est pendu en 1977, mais lui face à la mer au Cap Gris Nez… C'était Raoul De Godewarsvelde…
    Alors un deuxième Raoul : je fonce. Merci Jimmy
    Jean-Paul

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    1. La ressemblance avec Captain Beefheart ne m'avait jamais vraiment frappée, mais chacun est libre de ses analogies!

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  8. J'ai écouté l'album. Un côté pour moi Red house Painters qui serait automnale plutôt qu'hivernal avec un peu de Kings Of Covenience. Et effectivement Nick Drake.

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  9. J'aime beaucoup. Merci!

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