ARCHIVES

mardi 18 avril 2017

JOHN WARREN GEILS JR.


Je ne sais pas écrire d’éloges véritables et si elles doivent être funèbres c’est encore pire. Ce n’est pas ce que je préfère pour écrire ce que je pense. Je choisis toujours un biais tordu (comme dirait Léon Pléonasme, un cousin du côté de ma femme) et si je suis le seul à le comprendre c’est encore mieux. Mes guitar-heroes c’est pareil, s’ils peuvent être tordus c’est pas plus mal. J. Geils n’était pas tordu, je ne sais pas si c’était un vrai héros mais son groupe portait son nom et personne, en gros, ne connaissait sa tronche : elle est pas bonne celle-là ? Voilà, John Warren Geils Jr. est mort et moi ben ça me fait un peu mal.
Everett W. GILLES [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


lundi 17 avril 2017

GREN SEME ~ Hors Sol [2016]



Je suis envoûté par ce disque, totalement marabouté ! La magnifique pochette a provoqué l’achat, et je me félicite, depuis, d'avoir découvert cette fusion bizarre venue de l’île de la Réunion. Elle est basée sur une racine rythmique de Maloya, et plusieurs éléments vous happent. Tout d’abord, cette voix claire, simple, conviviale et profonde (Carlo de Sacco, le compositeur et chanteur), puis la beauté du créole (suavité naïve) où la poésie étrange (on dirait du Boris Bergman !) qui provoque l’attention, les riffs fuzzy tout en contraste, cette basse organique et tellurique qui groove superbement. Les étranges sons électro viennent donner de la lumière, du piment. Le travail et la richesse de la production est fantastique (Jean Lamoot passé derrière la console de Bashung et Noir Désir), tant de détails s’éveillent aux réécoutes successives, on passe de continents en continents, les influences explosent ; de l’afrobeat au blues saharien, des caraïbes aux sons latins, voire au folk. Les morceaux parlés, slamés, sont amenés en douceur, plutôt en fin de disque. On y croise Péan de Lo’Jo et, bien sûr, on pense avec ce quintette Grèn Sémé, rodé par dix ans d’existence,  que l’on vient de découvrir un exotique cousin lointain avec un univers aussi passionnant et sans doute en devenir. Fait bon i bon memm !
SORGUAL [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Hors Sol
02 - La Rue
03 - Maloya La Rès La
04 - Pésèr
05 - Marguerite
06 - Tu Me Manques Déjà
07 - Parez
08 - Une Minute De Silence
09 - Tibet
10 - Anna
11 - Ti Marik
12 - Zazakèl
13 - Hors Sol (Extended)
MP3 (320 kbps) + front cover

COOL 24


dimanche 16 avril 2017

COOL VIDS ~ Karen Dalton : It Hurts Me Too [1969]


Ma' Dalton dans ses œuvres. De cette bouche (un tantinet bizarre !) s'échappait un condensé du bonheur (même si chargé de mélancolie)...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]




samedi 15 avril 2017

DON'T BOGART ME...


Ne dormez pas sur vos trésors, pensez aux copains qui n'ont (presque) rien à écouter !
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]
P.S. : il reste encore des places si vous désirez vous abonner et devenir Cool Members (c'est tout en haut à droite de l'écran) !  


vendredi 14 avril 2017

KAT ONOMA ~ Far From The Pictures [1995]


La France a toujours magnifiquement accueilli les exilés que l'Amérique avait chassés à grands coups de pieds dans le tagada, mais elle a trop souvent négligé ses propres enfants désireux de s'exprimer (principalement) dans la langue de Lou Reed. Si Kat Onoma avait débarqué de l’Oklahoma, de l'Ecosse ou de la Papouasie, notre pays l'aurait peut-être fêté tel qu'il le méritait, soit comme l'un des groupes les plus importants de son époque. En plus des soucis de langage, nos amis traînaient une réputation d'intellos ayant baignés dans le jazz, comme si un supplément de culture et une plus grande ouverture d'esprit étaient nuisibles ! Pour tout arranger, le groupe fut embourbé dans les problèmes juridiques avec sa maison de disques, ce qui retarda considérablement la suite du chef-d'oeuvre que fut Billy The Kid. Enfin de retour, la belle bande nous offrit un nouvel indispensable avec cette batterie qui cogne au fond du temps, ces guitares qui saignent à blanc, cette voix d'ogre et les seuls cuivres venus du jazz qui ne transforment pas tout en vilain jazz-rock. Far from the pictures : toujours plus haut ou plus profond, toujours plus intrigant ou bouleversant : une aventure irremplaçable...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]        


01 - Artificial Life
02 - Idiotic
03 - Video Chuck
04 - La Chambre
05 - Bingo
06 - A Sad Tale
07 - Reality Show
08 - No Poem
09 - Love Loop
10 - Le Déluge (D'Après Moi)
11 - Blue Velvet
12 - John And Mary
13 - Missing Shadow Blues
14 - A Birthday
MP3 (320 kbps) + front cover


jeudi 13 avril 2017

COOL GAME : paintings & drawings











Saurez-vous rendre son oeuvre à chacun de ces musiciens plasticiens ? Voici la liste à remettre dans l'ordre : Ed Askew, David Bowie, Miles Davis, Daniel Johnston, John Lennon, Gérard Manset, Django Reinhardt, Patti Smith, Alan Vega, Ron Wood. 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


mercredi 12 avril 2017

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 135


135. AS TEARS GO BY [MARIANNE FAITHFULL] 

   Mes deux bons gros gars de la B.I.D. disparurent donc dans l'infini des limbes mystérieuses, mais le véritable hélicoptère ne tarda pas à transpercer le rose vaporeux des nuages. J'eus à peine le temps de ranger mon Desertshore dans la pochette du Fisher-Z avant de le cacher dans un placard de la cuisine. Evidemment, je perdais là un bien précieux collector (à ma connaissance, il n'avait pas été réédité dans l'une de ces dispendieuses nouvelles versions en 180 grammes), mais ce geste généreux sauverait peut-être un malheureux, pressé par l'adversité. Cela me semblait en valoir la peine – et quand on a expédié un type dans les profondeurs du coma, on ne craint plus de contrevenir au règlement d'une quelconque brigade.   

   Comme lors du voyage aller, on me posa un masque de sommeil sur les yeux et le casque d'un lecteur mp3 sur les oreilles. C'était tout à fait inutile. Une trouille immense mangeait mes sens et je ne parvenais plus qu'à distinguer l'écho de moins en moins lointain d'une grille qui se referme en écrabouillant le chant de la liberté. Au fond de mon ciel noir et sourd, les oiseaux de malheur pouvaient jouer de la harpe maudite en ricanant. Il n'y avait plus de désert ou fuir et l'Ile du Diable gagnait du terrain sur la mer.   

   Me laisserait-on seulement le droit d'embrasser mon amoureuse et ma fille une dernière fois avant de m'envoyer lécher les murs lépreux de la geôle ? La question s'étira sur des centaines de kilomètres... J'avais mal au cœur. On ne pèse jamais le poids de cette phrase.

   Du tarmac de l'héliport, j'entrevis des centaines de flics et de militaires. C'était quand même un peu abusé, comme dit ma petite chérie, je n'étais pas l'ennemi public n°1 ! 
   En fait, tout ce petit monde armé jusqu'aux dents acérées se déployait dans un exercice antiterroriste, et nous gagnâmes la voiture de la Brigade sans qu'aucun lascar en uniforme ne pense à me passer les menottes. Ce fut le plus long trajet de toute mon existence. Il pleuvait à verse, la circulation se montrait difficile. J'essayais de me relire la lettre de Mary pour me donner du courage et croire au miracle, mais la vision des flics m'attendant devant la maison me faisait hurler en sourdine. A mi chemin, la pluie redoubla et le ciel prit des couleurs d'apocalypse.

   « Pour votre retour, vous n'êtes vraiment pas gâté, me souffla un des deux brigadiers. »

   On aurait dit qu'il savait – qu'il savait que, dans un instant, j'allais changer de véhicule pour un fourgon qui ferait marche arrière vers Fleury, la mal nommée. Déjà, je ne reconnaissais plus l'entrée de la ville, comme si je revenais de cent ans d'un bagne qui ne m'avait pourtant pas encore avalé. 

   La voiture tourna pour glisser dans ma rue. Je retenais mes larmes depuis si longtemps qu'elles finirent par déborder à l'intérieur.