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vendredi 14 avril 2017

KAT ONOMA ~ Far From The Pictures [1995]


La France a toujours magnifiquement accueilli les exilés que l'Amérique avait chassés à grands coups de pieds dans le tagada, mais elle a trop souvent négligé ses propres enfants désireux de s'exprimer (principalement) dans la langue de Lou Reed. Si Kat Onoma avait débarqué de l’Oklahoma, de l'Ecosse ou de la Papouasie, notre pays l'aurait peut-être fêté tel qu'il le méritait, soit comme l'un des groupes les plus importants de son époque. En plus des soucis de langage, nos amis traînaient une réputation d'intellos ayant baignés dans le jazz, comme si un supplément de culture et une plus grande ouverture d'esprit étaient nuisibles ! Pour tout arranger, le groupe fut embourbé dans les problèmes juridiques avec sa maison de disques, ce qui retarda considérablement la suite du chef-d'oeuvre que fut Billy The Kid. Enfin de retour, la belle bande nous offrit un nouvel indispensable avec cette batterie qui cogne au fond du temps, ces guitares qui saignent à blanc, cette voix d'ogre et les seuls cuivres venus du jazz qui ne transforment pas tout en vilain jazz-rock. Far from the pictures : toujours plus haut ou plus profond, toujours plus intrigant ou bouleversant : une aventure irremplaçable...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]        


01 - Artificial Life
02 - Idiotic
03 - Video Chuck
04 - La Chambre
05 - Bingo
06 - A Sad Tale
07 - Reality Show
08 - No Poem
09 - Love Loop
10 - Le Déluge (D'Après Moi)
11 - Blue Velvet
12 - John And Mary
13 - Missing Shadow Blues
14 - A Birthday
MP3 (320 kbps) + front cover


jeudi 13 avril 2017

COOL GAME : paintings & drawings











Saurez-vous rendre son oeuvre à chacun de ces musiciens plasticiens ? Voici la liste à remettre dans l'ordre : Ed Askew, David Bowie, Miles Davis, Daniel Johnston, John Lennon, Gérard Manset, Django Reinhardt, Patti Smith, Alan Vega, Ron Wood. 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


mercredi 12 avril 2017

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 135


135. AS TEARS GO BY [MARIANNE FAITHFULL] 

   Mes deux bons gros gars de la B.I.D. disparurent donc dans l'infini des limbes mystérieuses, mais le véritable hélicoptère ne tarda pas à transpercer le rose vaporeux des nuages. J'eus à peine le temps de ranger mon Desertshore dans la pochette du Fisher-Z avant de le cacher dans un placard de la cuisine. Evidemment, je perdais là un bien précieux collector (à ma connaissance, il n'avait pas été réédité dans l'une de ces dispendieuses nouvelles versions en 180 grammes), mais ce geste généreux sauverait peut-être un malheureux, pressé par l'adversité. Cela me semblait en valoir la peine – et quand on a expédié un type dans les profondeurs du coma, on ne craint plus de contrevenir au règlement d'une quelconque brigade.   

   Comme lors du voyage aller, on me posa un masque de sommeil sur les yeux et le casque d'un lecteur mp3 sur les oreilles. C'était tout à fait inutile. Une trouille immense mangeait mes sens et je ne parvenais plus qu'à distinguer l'écho de moins en moins lointain d'une grille qui se referme en écrabouillant le chant de la liberté. Au fond de mon ciel noir et sourd, les oiseaux de malheur pouvaient jouer de la harpe maudite en ricanant. Il n'y avait plus de désert ou fuir et l'Ile du Diable gagnait du terrain sur la mer.   

   Me laisserait-on seulement le droit d'embrasser mon amoureuse et ma fille une dernière fois avant de m'envoyer lécher les murs lépreux de la geôle ? La question s'étira sur des centaines de kilomètres... J'avais mal au cœur. On ne pèse jamais le poids de cette phrase.

   Du tarmac de l'héliport, j'entrevis des centaines de flics et de militaires. C'était quand même un peu abusé, comme dit ma petite chérie, je n'étais pas l'ennemi public n°1 ! 
   En fait, tout ce petit monde armé jusqu'aux dents acérées se déployait dans un exercice antiterroriste, et nous gagnâmes la voiture de la Brigade sans qu'aucun lascar en uniforme ne pense à me passer les menottes. Ce fut le plus long trajet de toute mon existence. Il pleuvait à verse, la circulation se montrait difficile. J'essayais de me relire la lettre de Mary pour me donner du courage et croire au miracle, mais la vision des flics m'attendant devant la maison me faisait hurler en sourdine. A mi chemin, la pluie redoubla et le ciel prit des couleurs d'apocalypse.

   « Pour votre retour, vous n'êtes vraiment pas gâté, me souffla un des deux brigadiers. »

   On aurait dit qu'il savait – qu'il savait que, dans un instant, j'allais changer de véhicule pour un fourgon qui ferait marche arrière vers Fleury, la mal nommée. Déjà, je ne reconnaissais plus l'entrée de la ville, comme si je revenais de cent ans d'un bagne qui ne m'avait pourtant pas encore avalé. 

   La voiture tourna pour glisser dans ma rue. Je retenais mes larmes depuis si longtemps qu'elles finirent par déborder à l'intérieur. 

    

mardi 11 avril 2017

LEWIS ~ L'Amour [1983]


Quel titre gracieux et quelle splendide pochette ! Les amateurs de bizarreries peuvent s'en pourlécher les oreilles (je sais, ce n'est pas fastoche !)... On ne connait presque rien de ce blondinet à la coupe impeccable (le non regretté Georges Michael aurait adoré) qui aimait poser torse nu, si ce n'est qu'il se nommait Randall Wulff dans le civil et qu'il enregistra cet unique album avec ses petites économies avant de disparaître dans la nature (ou dans un camp de nudistes !). Aux alentours des années 10, des collectionneurs trouvèrent une pile d'invendus sur les étales d'un marché aux puces d'Atlanta. Le disque, complètement ignoré lors de sa parution (mais on doute qu'il fut distribué convenablement), commença alors à s'échanger entre fans d'étrangetés jusqu'à gagner l'enviable statut d'album culte. Le label Light In The Attic le réédita en 2014. L'Amour laisse à entendre un chanteur superbe, mais passablement épuisé (par la chose amoureuse, on présume), qui croone magnifiquement sur des guitares folk voire country savamment compliquées à des nappes de synthé évanescentes ou des arpèges de piano planants ! Passé la surprise, on se laisse séduire par ce disque énigmatique doué d'un charme quasi envoûtant... 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !] 
P.S. : il semblerait qu'un deuxième album existe, voir dans les commentaires...   


01 - I Thought The World Of You
02 - Cool Night In Paris
03 - My Whole Life
04 - Even Rainbows Turn Blue
05 - Like To See You Again
06 - Things Just Happen That Way
07 - Summer's Moon
08 - Let's Fall In Love Tonight
09 - Love Showered Me
10 - Romance For Two
MP3 (320 kbps) + front cover


lundi 10 avril 2017

NICOLE ATKINS ~ Slow Phaser [2014]



"Operator, gimme number 911."
J’ai noté tout un tas de trucs bizarres récemment sur ce blog. Des batailles sur la légitimité de compiles, des détournements de style et autres impostures, la moindre n’étant pas de se qualifier d’imposteur alors que d’imposteur ici il n’y en a qu’un et vous êtes en train de le lire. OK Zocalo ? J’ai donc décidé unanimement de rajouter au bordel ambiant en postant ici un disque de gonzesse. C’est à dire que c’est une gonzesse qui chante. Pour aller au bout du concept il me faut toutefois flirter avec le danger, comme disait Uncle Louis (ouais, faut faire passer la pilule de l’introduction auprès du patron des lieux). Il peut ici se manifester occasionnellement par une basse discoïde ou des arrangements limite variétoche. Je dis arrangements mais je sais pas ce que c’est exactement que des arrangements en fait, je vais pas commencer à vous raconter des craques. Y a aussi des ouh-ouh un peu limite, genre pas du tout le genre New York Dolls, quelques paroles un peu cul-cul enfin c’est l’impression qu’elles me donnent et des chœurs parfois, comment dire, "Joyeux Anniversaire" style. Voilà pour le côté tordu de l’affaire. Comment rebondir maintenant sur l’honnêteté de ce qui m’amène ici devant vous, pfou… je ne le sais guère. Oui parce qu’il est question d’être honnête, l’imposture sans une certaine forme d’honnêteté ça n’a pas très bon goût, et honnêtement cette petite nana je l’adore. Peut-être parce qu’elle vient du New Jersey, Neptune plus exactement, et les ethnologues parmi vous se souviendront que c’est la patrie de Danelectro mais bon c’est pas le sujet et puis elle joue pas sur Danelectro elle s’accompagne régulièrement d’une demi-caisse Gretschoïde plus grande qu’elle. En plus ce disque fut enregistré en Suède, nous voilà bien. Si au moins il l’avait été au Mexique ou s’il était chanté en japonais j’avais carton plein mais non, même pas. Les plus fins de ces ethnologues, mais alors là faut vraiment qu’ils soient fins, auront bien une idée de comment j’ai pu découvrir la Miss mais honnêtement on s’en fout. Ça commence à en faire un paquet des "honnêtement", faudrait pas que vous vous imaginiez non plus que j’essaie de vous embrouiller. Pas mon genre. Mon genre à moi c’est l’imposture déclarée, tout sauf sournoise. Mais puisque c’est définitivement un post sur l’honnêteté (c’est ça l’imposture) il me faut bien l’avouer : je tourne en rond, je tourne en rond … parce qu’en fait je ne sais pas ce qui m’attire chez Nicole, si vous en avez une idée je suis preneur même si je sais que vous n’en avez rien à cirer et je me vois mal vous le reprocher. Je vous demanderai toutefois de signer une clause de confidentialité, j’ai une réputation à tenir. Ah au fait, les photos ça compte pas.
Everett W. GILLES [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !]



01 - Who Killed The Moonlight ?
02 - It's Only Chemistry
03 - Girl You Look Amazing
04 - Cool People
05 - We Wait Too Long
06 - Red Ropes
07 - What Do You Know ?
08 - Gasoline Bride
09 - The Worst Hangover
10 - Sin Song
11 - Above As Below
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 21



dimanche 9 avril 2017

COOL VIDS ~ Gérard Manset (présenté par Guy Lux !) : Il Voyage En Solitaire [1975]


Je me souviens de ce passage, je venais de m'offrir le quarante-cinq tours. A l'époque (le haut moyen-âge !), Guy Lux présentait le Ring Parade et Manset acceptait encore de faire un peu de promo (quel look, c'était bien la peine d'avoir fait parti de la Bande du Drugstore !). Si vous prenez le temps de fouiller sur YouTube, vous trouverez d'autres délices du même genre et des choses plus passionnantes encore...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]



  

samedi 8 avril 2017

DON'T BOGART ME...


"Tournez et tournez encore
Tournez et tournez sans aucun remords
Tournez dansez sans vous soucier du sort
Tournez sans cesse approchez vous du bord
Qu'importe l'heure les nuits suivent les jours
Jusqu'au bonheur beaucoup trop de détours"
Daniel Darc (Tournez tournez (extrait))