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dimanche 24 février 2019

VARIOUS ARTISTS ~ All The Young Droogs (60 Juvenile Delinquent Wrecks) [Boxset 3CD] [2019]



Toni Barber, le premier bassiste des Buzzcocks, haïssait les sixties. Il comprit d’emblée que les seventies seraient jouissives et colorées lorsque Arsenal réalisa le doublé coupe et championnat lors depour la première année de la décade. Nottingham Forest, sorti de la deuxième division grâce à son génial manager Brian Clough,  clôturera la décennie par une sorte d’apothéose en remportant par deux fois la coupe d’Europe des clubs champions en 1979 et 1980 avant de replonger lentement dans les abysses du Championship dont elle n’a jamais plus resurgi. Musicalement parlant, pour le supporter des gunners, les planètes ont commencé à s’aligner en 1972, lorsqu’il vit Marc Bolan à l’émission Top of the pops qui amorçait l’explosion du glam rock. Susie Q, Slade, "Double G" (Garry Glitter pour les sourds et malentendants), T.Rex, Sweet… allaient déferler sur la planète teen en alignant les singles comme s’il en pleuvait. L’opportuniste Bowie qui comme Bolan (malgré sa tentative de folk psyché peu concluante), était resté en rade sur le quai des sixties, préparait sur le pas de tir glam la fusée à étages Ziggy 1 pilotée par capitaine Rono direction Mars et sa constellation d’étoiles scintillantes. Mott the Hooople qui besognait à la cave se voyait offrir par le même Bowie l’opportunité de briller enfin sur le devant de la scène avec le morceau : All the young dudesLe film prémonitoire de Kubrick : Orange mécanique de 1971 marquera les esprits par son esthétique Glam et sa mise en scène d’une ultra violence gratuite et sadique exercée par une bande de boot boys dégénérés (les droogs). Phantom of the paradise du jeune et brillant Brian De Palma fera aussi dans le style par sa parabole faustienne à la sauce Glitter. Outre atlantique, Alice Cooper, les New York Dolls et Iggy and the Stooges (réactivés par l’inévitable Bowie) et même ce bon vieux Lou Reed (Transformer) ravivaient par leurs outrances un (hard) rock moribond laissant espérer un renouveau rock'n'rollien qui ne se concrétisera pas malgré les avatars sans suite de la scène punk rock. Bientôt des groupes aussi classieux et parfaits que Roxy Music, Be Bop Deluxe ou Sparks allaient émerger de ce fumier de paillettes. Après une honnête carrière punk, post punk etc. qui s’essouffle vers 1982, Barber doit faire un constat amer : les expérimentations dangereuses de la new wave, le mariage avec les synthés, l’exclusion des guitares et du power chord, l’intellectualisation bidon et artificielle de la musique, ont conduit le punk rock dans des miasmes bien plus terrifiants que le prog rock qu’il prétendait combattre. Jamais plus le rock ne se préoccupera de son cœur de cible prioritaire : les teenagersLe premier octobre 1982, sortait au Japon le premier compact disc numérique : une réédition de l’album 52th street de Billie Joel , sonnant le glas du vinyle et de son format roi, le 45 tours. La messe était dite. Flanqué de son acolyte, le collectionneur Phil King, Barber commence à récolter et archiver tous les singles qui peuvent s’apparenter à la madeleine proustienne de son adolescence glam. "Descends donc voir au sous-sol, j’ai une ou deux caisses de cette daube 70’s que tu recherches, si tu pouvais m’en débarrasser cela m’éviterai de faire un voyage à la déchetterie - OK, pas de souci, approche la camionnette, Phil, on va charger !"



Donc, voici regroupé sur 3 CD de 60 titres savoureusement agencés le fruit d’une partie de leur travail d’anthropologie rock'n'rollienne à l’usage des jeunes générations ignares. (Les deux compères ont déjà produits plusieurs compilations de glam rock.) Sur le CD 1, Rock off, on n'est pas encore tout à fait dans le glam, c’est plutôt du proto punk, de la power pop graisseuse, ou du bovver rock à la mode Jesse Hector (Hammersmith Gorillas, Crushed Butler… ) ou ce que vous voudrez. L’esprit du bovver rock résumé par Jesse Hector ce serait : "Huh t’a pas vu machin aujourd’hui ? - Hein quoi ? qu’est ce ça peut te foutre ! fais pas chier connard !!" Tout une philosophie malheureusement révolue de nos jours. Parmi mes morceaux préférés, le stoogien : Hey sweetie de Ray Owens Moon, le rock cockney prolo de Third wold war conduit par le chauffeur routier Terry Stamp qui commettra l’album Fatsticks avec Ollie Hallsal à la gratte (dispo sur Utube uniquement !) ; Be your man par les horribles Brats from NYC, formés par l’ancien guitariste des Dolls, Rick Rivets ; Le choo choo boogie de James Hogg : Lovely lady rock ; Teenage love affair de Iron virgin ; Hard road de Stevie Right ancien chanteur des Easybeats (Friday on my mind !) avec le jeune Malcom Young (AC-DC) à la rythmique... Sur le CD 2 : Tubthumpers hellraisers, on passe au glam bubblegum de bas étage qu’on adore, enfin vous voyez le genre gros malabar crasseux collés sous la semelle de mes platform boots. La tenue de base du stomper, pantalon pattes d’éléphant avec revers de 10 cm de large porté au-dessous du genou, chaussettes de cricket, bovver boots ou baskets montantes à lacets style boxing, polo à rayures colorées ou maillot de foot col pelle à tarte, coupe de cheveux court devant long derrière à la Chris Waddle voire pour les blonds décolorés une espèce de coupe au bol longue avec la frange remontée en haut du front. Le truc à filer une sévère crise d’urticaire à tous les vieux mods du quartier s’il en restait encore. Sur cette deuxième galette, je conseille : Bye bye bad days de Hector qui a réalisé d’autres bons singles ; le Saturday night de Bilbo Biggins d’Edimbourg à terroriser Elton John et son : Saturday’s night allright for fighting tout juste bon pour la cour de récréation ; Zéphir de Baby grande de Camberra Australie avec ses chorus en Français ; Cut loose de Stud Leather... Les grands absents de cette compile sont Jook, les plus doués sans nul doute (écoutez un peu cette merveille de morceau glam pop : Crazy Kids sur le tube !) et le teddy boy chaines et cuir recyclé glam Alvin Stardust. Sur le CD 3 : Elegance and décadence, on aborde une version du glam rock plus soft et raffinée, musicalement plus aboutie, on se rapproche plus de Ziggy et Roxy comme dirait Ramon Pipin, qui pratiquait le twist and glam avec son groupe Au Bonheur Des Dames. A noter : Night creatures de l’excellent Be Bop Deluxe menés par le guitariste Billy Nelson ; Ultra star de Rococo qui fricotait avec le prog rock tout comme Be Bop Deluxe ; Waiting des regrettés Doctors Of Madness avec leur violon fou ; I live in style in maida vale de Jesse Hector avec Helter Skelter ; Pastiche blue, le slow de l’été 76 à Brighton par James Arthur Edwards... Pour conclure, je vous laisse méditer deux citations de Brian Clough, un philosophe de la trempe de Jesse Hector qui pourraient s’appliquer aux commentaires que vous aller faire sur ce billet. Sur la nécessité de faire participer les joueurs aux prises de décision : "On a discuté pendant vingt minutes et on a convenu que j’avais raison." "Si Dieu avait voulu qu’on joue dans les nuages, il aurait mis de la pelouse la haut…" 
THE DUKE [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]
P.S. : pour les footeux littéraires, par le génial auteur de polars anglais David Peace : 44 jours, c’est le temps exact qu’a passé Brian Clough à Leeds United avant de se faire saquer par les dirigeants. Red or dead !, un livre définitif sur le foot anglais à Liverpool par le même auteur.

CD1 :
01 - Ray Owen's Moon - Hey Sweety
02 - Third World War - Working Class Man
03 - Iggy & The Stooges - I Got A Right
04 - Milk 'n' Cookies - Wok 'n' Roll
05 - Method - Hold On Tight
06 - Brats - Be A Man
07 - Change - Lazy London Lady
08 - Gio Macari - Lookin' For Love
09 - Slowload - Big Boobs Boogie
10 - James Hogg - Lovely Lady Rock
11 - Iron Virgin - Teenage Love Affair
12 - A Supernaut - I Like It Both Ways
13 - Fancy - Brother John
14 - Rats - Don't Let Go
15 - Cole Younger - She's Not My Lover
16 - Sweeney Todd Featuring Guy Adams - Roxy Roller
17 - Taste - Boys Will Be Boys
18 - The Hustler - Get Outta My 'Ouse
19 - Ning An - Machine
20 - Stevie Wright - Hard Road
CD2 :
01 - Harpo - My Teenage Queen
02 - Hector - Bye Bye Bad Days
03 - Bilbo Baggins - Saturday Night
04 - Hello - Games Up
05 - Frenzy - Poser
06 - Simon Turner - Sex Appeal
07 - The Jets - Yeah!
08 - Lemming - Lucifera
09 - Mott The Hoople - Whizz Kid
10 - Angel - Little Boy Blue
11 - Baby Grande - Zephyr
12 - Hot Rod - I Want You (All Night Long)
13 - Redhead -  Lookin' For You
14 - Stud Leather - Cut Loose
15 - Biggles - Gimme Gimme Some Lovin'
16 - Mint - Dog Eats Dog
17 - Tank - Fast Train
18 - One Hit Wonders - Hey Hey Jump Now
19 - Boneshaker - Sweetness
20 - U.K. Jones - Let Me Tell Ya
CD3 :
01 - Brett Smiley - Abstracting Billy
02 - John Howard - Who's Coming To Dinner
03 - Metro - Criminal World
04 - Roy Allison - White Stockings
05 - Paul St John - Spaceship Lover
06 - Rococo - Ultrastar
07 - Woody Woodmansey's U-Boat - Star Machine
08 - Be-Bop Deluxe - Night Creatures
09 - Clive Kennedy - New York City Pretty
10 - John Henry - I Won't Dance
11 - Steve Elgin - Don't Leave Your Lover Lying Around (Dear)
12 - Alastair Riddell - Wonder Ones
13 - Helter Skelter - I Live In Style In Maida Vale [Demo Version]
14 - Greg Robbins - Virginia Creeper
15 - Brian Wells - Paper Party
16 - Doctors Of Madness - Waiting
17 - Sleaze - Showbiz Kid
18 - The Spiders From Mars - White Man, Black Man
19 - James Arthur Edwards - Pastiche Blue
20 - Buster - Daybreak
MP3 (320 kbps) + artwork

lundi 18 février 2019

Mot à mot sur la bouche [feuilleton par Jimmy Jimi] # 1



    Vous me lisez et, pourtant, je n’existe pas ! Pour l’instant, je ne suis qu’un livre écrit sur du vent, un roman en robe de sable…
   J’ai pris un semblant de forme au mitant de la nuit, au cœur d’un orage, au milieu d’autres rêves. Mais, déjà, je vois, j’entends et je sais tout. C’est que je crois être idéalement placé à l’intérieur du cerveau de mon créateur.
   Lentement, un timide soleil a remplacé la lune au fond du ciel grisâtre. Bientôt, les premiers oiseaux commencent à chanter en voletant entre les branches d’un prunier ou en jouant aux équilibristes sur les feuilles d’une haie de lauriers. A six heures précises, l’alarme du réveil se déclenche en étouffant cette joyeuse harmonie sous une avalanche de bips peu mélodieux. Je suis violemment projeté contre je ne sais quelle paroi obscure. Je crains pour mon existence. J’entrevois un songe qui se fait assommer avant d’être aspiré par les lèvres gourmandes de l’oubli.
   Jérémy se tourne sur sa couche en maugréant dans un charabia burlesque, ses yeux implorent de demeurer clos cinq minutes supplémentaires, mais il faut trouver cet assourdissant réveil pour le réduire au silence. Sa main gauche farfouille sur la table de chevet. Enfin, les gentils piafs peuvent reprendre leur délicieux couplet. Jérémy frotte doucement ses lourdes paupières maquillées de poussières d’étoiles.
   Les rideaux de velours s’entrouvrent, la pluie frappe aux carreaux ; c’est mon premier matin, et il fait tout moche sur la vie. Je ne vais pas trop me plaindre : tant que je vous parle, c’est que je n’ai pas encore été chassé de ce monde incertain.  
   Jérémy s’étire puis jette un regard sur une photographie accrochée sur l’un des murs de la chambre (un joli brin de fille, pour ce que je peux en savoir). Il lui murmure quelque secret que je ne parviens pas à déchiffrer. Soudain, apercevant un livre (le Kyoto de Yasunari Kawabata) tombé sur le sol pendant qu’il essayait d’éteindre le fâcheux réveil, il le ramasse et caresse sa couverture, comme s’il voulait s’excuser de l’avoir aussi maltraité. Il retire le signet glissé entre la cent dixième et la cent onzième page et commence la lecture d’un chapitre intitulé : Les Teintes de l’automne. Je suis jaloux et crains toujours davantage pour ma survie. J’ai peur qu’il m’abandonne tandis qu’il dévore amoureusement cette œuvre qui me semble admirable tant sur le fond que sur la forme. Il ne veut plus s’arrêter, il a été trop longtemps sevré par les heures de sommeil.
   Après s’être délecté d’une vingtaine de pages, il referme le roman – à contre cœur. Maintenant, il longe le couloir pour gagner la cuisine. Son esprit est encombré de tout un tas d’images japonaises : un kimono, une forêt de cryptomères, une maison de thé, le Daimonji… Je tangue, je vacille, je peine à refuser l’évanouissement qui se propose à moi. Je m’accroche difficilement aux guenilles d’un voisin, un vieux souvenir lui-même en piteux état.    
   Jérémy s’active dans la kitchenette : il remplit la bouilloire d’eau, glisse un toast dans le grille-pain, presse une orange (qu’il complique d’un trait de citron vert), sort une plaquette de beurre salé et un pot de marmelade du réfrigérateur. De l’autre côté de la page, je vous sens blasés par ces gestes du quotidien, mais pour moi qui vient de sortir du néant tout me paraît féérique !
   Oh, la bergamote a des effets stupéfiants sur la psyché de mon ami ! Après une seule gorgée de thé, le voilà qui quitte la cuisine à la hâte pour gagner le salon. D’un seul coup, ça s’agite étrangement dans son mignon ciboulot et la matière grise me pousse sur le devant de la scène. Jérémy ouvre le tiroir d’un ravissant petit secrétaire pour en extraire un magnifique stylo plume à pompe, une bouteille d’encre violette et un bloc de papier. Je retiens ma respiration (ou tout comme), c’est la plus belle minute de ma vie ! D’une superbe mais quasi illisible écriture (moi-même, je peine à me lire !), il dessine quelques phrases sur la page immaculée. Hourra ! le bâton phallique dégouline de liqueur séminale, la lance a transpercé la chaire pour goûter le sang ! 
   Voilà, je ne suis plus du domaine du songe, je possède des membres, un corps. On m’applaudit en haut lieu ! On me fête ! Je ne représente peut-être qu’une poignée de mots griffonnés sur un bout de papier, mais j’ai quitté la grande nébuleuse, je tiens une place dans l’univers !
   Un énorme chat tigré, un raminagrobis au poil hirsute et à la moustache en bataille, vient gâter la cérémonie en grattant contre le bois de la porte-fenêtre.
   « Tiens, te revoilà, mon gros voyou, où étais-tu donc passé depuis la semaine dernière ? » (Cela n’a l’air de presque rien et, cependant, le moment est d’importance. Je suis tout ému, c’est la toute première fois que j’entends distinctement la voix de mon auteur.)
   Pour toute réponse, le gras matou offre un ronronnement à peine audible et qu’on jurait forcé. Indolemment, il se dirige vers la cuisine où il espère trouver une gamelle à son goût. A l’évidence, c’est un gouttière sans dieu ni maître qui a choisi de dormir et de manger où ça lui chante (et tant pis si, parfois, il lui faut chasser un rongeur ou roupiller au milieu d’un champ d’étoiles).
   Jérémy se rassoit, allume sa vapoteuse et tire de longues bouffées aux saveurs vanillées. Il me relit plusieurs fois de suite avant de former des rectangles de travers, des ronds approximatifs et des triangles biscornus qu’il remplit de gribouillages agrémentés de flèches volant dans tous les sens. J’aurais de la chance s’il s’y retrouve !
   Le félin revient dans la pièce en léchant ses épaisses babines. Après trois essais infructueux et quelque peu grotesques, il parvient tout de même à se hisser sur la tablette du secrétaire. Mais quel vilain sans gêne, ne voilà-t-il pas qu’il pose son imposant fessier sur moi ! Et je suis sans défense ! Heureusement, Jérémy s’empare de l’impudente bestiole et la dépose sur le canapé avant de me plier en deux pour me ranger soigneusement dans une niche cachée du secrétaire où je serais moins en danger.
   Je possède le don d’ubiquité. Je suis désormais fait d’encre et de papier, mais je plane toujours dans le cerveau de mon créateur. C’est ainsi que je peux m’attarder un instant pour détailler le salon. Ici, c’est le royaume du livre. C’est bien simple, à l’exception d’une étagère réservée aux disques, les romans, plaquettes de poésie, recueils de nouvelles, essais et autres biographies ou correspondances mangent tous les murs en ne se privant guère pour déborder partout et ailleurs. Trouverais-je un jour ma place au beau milieu de cette improbable bibliothèque ?
   Jérémy grimace en sirotant son thé devenu froid. Il vape de nouveau pour se consoler. Il s’approche de la discothèque citée plus haut avant de l’inspecter avec gourmandise. Maintenant, il dépose délicatement la belle galette noire sur la platine. Je tombe en admiration devant la sublime brune (je vais bientôt devenir spécialiste) qui me sourit du haut de sa pochette. L’exquise créature se nomme Bobbie Gentry et elle offre une ode à un certain Billie Joe. Mince, que les dieux et les diables me damnent, mais je n’ai jamais rien entendu d’aussi beau ! Il faut reconnaître qu’en dehors des gazouillis des oiseaux, de l’alarme du réveil et des miaulements du chat, mon oreille était encore vierge. Tout de même, quel envoûtement ! Elle ne s’exprime pas dans notre langue, mais c’est égal, j’ai l’impression qu’elle chante dans quelque idiome savant que seul mon cœur peut comprendre et cela m’expédie dans des rêveries insensées ! 

                 

vendredi 15 février 2019

THE AINTS! ~ The Church of Simultaneous Existence [2CD] [2018]


Vous ne le savez peut-être pas, mais vous avez toutes les chances de connaître et d’aimer cette musique. Et vous le savez encore moins, mais vous connaissez forcément ce nom. Réfléchissez bien et essayez  de lui rajouter une lettre (je vous aide, c’est sur la première qu’il faut chercher et le point d’exclamation n’était pas présent sur les précédents disques du groupe). Vous  voyez à qui et à quoi je fais allusion ? Et si vous me connaissez, vous vous doutez que je vais vous parler une fois de plus de Ed Kuepper (et donc de l’ombre de qui vous savez). Les chansons proposées ici ont a priori été écrites sur la période 1977/78 (mais certaines dateraient encore d’avant), soit des années qu’on pourrait qualifier de très sympathiques sur le plan musical si ce n’est pas plus, y compris pour le groupe en question. Certes, on peut considérer qu’avec le chant de Sir Bailey, elles eussent pu être encore transcendées mais, moi, je trouve que celui de Kuepper leur va très bien au teint et qu’elles y gagnent même une identité plus hargneuse, voire mordante. Je n’en dirais pas davantage si ce n’est qu’à l’écoute de ce disque, on peut à nouveau mesurer le rôle prépondérant qu’il a eu dans l’ADN du groupe et qu’il pourrait s’agir là d’une sorte de conclusion à sa fameuse et séminale trilogie d’époque. Au final, avec the Aints !, on peut y voir un moyen pour Ed Kuepper de montrer sans doute un peu d’amertume sur la façon dont a été écrite l’histoire, ainsi qu’une manière, un rien classe, de laisser la gloire qui est rattaché audit nom, mais tout en en revendiquant malicieusement cinq des six lettres qui le constituent… Alors, dites-moi ce qu’il y aurait de plus sain (et là aussi, il me manque une lettre ^-^) que de le vérifier en vous précipitant de ce pas sur ce disque !
Audrey SONGEVAL [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !] 
 
 
 
CD1 :
01 - Red Aces
02 - The Church Of Simultaneous Existence
03 - You'll Always Walk Alone
04 - You Got The Answer
05 - Country Song In G
06 - Elevator [A Song For Barking Lord Jeff]
07 - This Is Our Summer
08 - Winter's Way
09 - S-O-S '75
10 - Demo Girl Part 2
11 - Goodnight Ladies [I Hear A Sound Without]
12 - The Rise And Fall Of James Hoopnoch Eefil
CD 2 (Instrumental):
01 - Red Aces
02 - The Church Of Simultaneous Existence
03 - You'll Always Walk Alone
04 - You Got The Answer
05 - Country Song In G
06 - Elevator [A Song For Barking Lord Jeff]
07 - This Is Our Summer
08 - Winter's Way
09 - S-O-S '75
10 - Demo Girl Part 2
11 - Goodnight Ladies [I Hear A Sound Without]
12 - The Rise And Fall Of James Hoopnoch Eefil
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 154 




 

mardi 12 février 2019

MERCURY REV ~ Bobbie Gentry's The Delta Sweete Revisited [2019]


Oh, le beau concept que voilà ! Souvent, les plus belles idées semblent tellement évidentes qu'on se demande comment personne n'y avait songé avant. Or donc, après le sublime coffret paru en fin d'année dernière, la fête continue chez Son Altesse Bobbie Gentry. Mercury Rev, accompagné d'un aréopage de chouettes chanteuses, a décidé de nous offrir sa version du chef-d’œuvre de 1968 : The Delta sweete. Avec respect et délicatesse (mais sans donner dans la génuflexion), tout ce joli monde s’accapare joyeusement ces chansons totalement bouleversantes. Si rien, ici, n'atteint les sommets grandioses de la version originale (à l'impossible, nul n'est tenu), le résultat est suffisamment émouvant (mince, entendre Sa Majesté Hope Sandoval chanter Big boss man, je n'osais en rêver même dans mes songes les plus humides !) pour que je vous conseille de vous y précipiter tout affaire cessante. Pour faire bonne mesure, l'indépassable Ode to Billie Joe a été ajouté en guise de cerise sur le proverbial gâteau.  
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]   



01 - Okolona River Bottom Band [Feat. Norah Jones]
02 - Big Boss Man [Feat. Hope Sandoval]
03 - Reunion [Feat. Rachel Goswell]
04 - Parchman Farm [Feat. Carice Van Houten]
05 - Mornin' Glory [Feat. Lætitia Sadier]
06 - Sermon [Feat. Margo Price]
07 - Tobacco Road [Feat. Suzanne Sundför]
08 - Penduli Pendulum [Feat. Vashti Bunyan, Kaela Sinclair]
09 - Jesseye' Lisabeth [Feat. Phoebe Bridgers]
10 - Refractions [Feat. Marissa Nadler]
11 - Courtyard [Feat. Beth Orton]
12 - Ode To Billie Joe [Feat. Lucinda Williams]
MP3 (320 kbps) + front cover 

 

vendredi 8 février 2019

THE LEMONHEADS ~ Varshons II [2019]


"What I was before, where I was last night…"
Faut rester sur ses gardes. Et agir vite, très vite. Y a tout un tas de fauves qui veillent, suivez mon regard, prêts à dégainer. Les mecs c’est des rapides. Jimmy m’a déjà soufflé la primauté de vous parler du Disque de l’Année car oui on est déjà en février et chacun sait que les Disques de l’Année sortent tôt. Les Meilleurs Disques de l’Année s’entend. Là je me propose de vous parler du Disque Le Plus Dispensable de l’Année, avec cet intitulé j’ai de la marge mais vaut mieux assurer. Il vient de sortir, on est en février, je vous l’ai dit tout va très vite faut être prêt. Il y a dix ans tout juste, autant dire une éternité, sortait un des disques que j’ai le plus écoutés cette année-là (2009, vous suivez ?), il s’appelait Varshons, c’était un disque des Lemonheads, il était constitué de reprises plus ou moins obscures mais toujours bien trouvées, c’est simple j’aurais pas mieux choisi mais la question ne s’est jamais posée en ces termes on est d’accord. L’une des particularités de ce truc c’est qu’il me faisait chantonner régulièrement, sous la douche ou ailleurs, un morceau de GG Allin. Et ça, vous en conviendrez, faut le faire. Mais les Lemonheads, ou plutôt Evan Dando, certes le nom des Lemonheads lui appartient mais là y a plus guère que lui du line-up original (s’il y en a un qui puisse prétendre à ce titre…) mais là il était vraiment seul et donc qu’est-ce que je voulais dire, attendez, je me relis… ah oui c’est ça : l’appropriation, tout morceau chanté par Dando devient un morceau de Dando, GG Allin, Gram Parsons, Lucinda Williams même combat. Même les guitares tordues et les chœurs féminins c’est du Dando. Et moi Dando c’est sûrement ma tête à claques préférée de l’histoire. Parce qu’il se pose un peu là en terme de tête à claques. Quant à l’auto-sabordage n’en parlons pas. Tiens pour un peu il me ferait penser à… OK OK je zappe, je sais ça vous fatigue. Varshons II donc, dix ans plus tard, rien entre les deux, ça s’appelle toujours Lemonheads, c’est toujours Dando et sa voix incroyable, cette voix qui soit m’incite à l’accompagner soit me tire des larmes de bonheur (j’ai le droit, Jimmy n’a pas déposé de copyright, j’ai vérifié) ou de mélancolie. La mélancolie c’est que je me reprends de plein fouet ces deux perles inégalées de toutes les 90’s que furent It’s a shame about Ray et Come on feel The Lemonheads, indétrônables disques de chevet chez moi. Alors certes j’ai de grands chevets (bah oui, pas vous ?) mais quand même, de toute la décennie seul untel ou untel aura fait mieux et encore je pense pas. Ah si y a peut-être ce truc dont j’ai promis à Jimmy de faire la chronique un jour mais match nul, y a match nul. Non, je vous dirai pas qui c’est mais il sort encore des disques lui, pas comme cette feignasse de Dando, un tous les dix ans et encore, que des reprises dont personne, je dis bien personne, n’a rien à branler, merde Evan tu peux pas te remettre au (vrai !) boulot, c’est trop te demander c’est ça ? Le bonheur (retour sur les larmes, je sais que vous avez l’habitude mais je préfère préciser) ben ça s’explique pas, faut écouter, ce que très certainement vous ne ferez pas puisqu’il s’agit du Disque le Plus Dispensable de l’année et c’est un connaisseur en la matière qui vous le dit. Evidemment j’ai complètement craqué et failli tomber en larmes de bonheur et mélancolie mélangés à la quatrième chanson, mais les précédentes avaient commencé le boulot. Je me suis retenu pour ne pas avoir à répondre à d’éventuelles questions embarrassantes de provenance domestique. Au fait je vous l’ai pas encore dit mais c’est pas des conneries j’écris ces lignes lors de ma première écoute du truc, faut faire vite combien de fois vous l’ai-je répété, tiens là c’est la dernière chanson, et à propos de dernière c’est quand la dernière fois que les Eagles vous ont fait dresser les poils du dos de la main, hein, c’est quand ? Moi c’est maintenant. Voilà, le disque est fini, je vous laisse, je tenais à vous faire partager ma première écoute. Pour les 250 qui vont suivre je serai seul mais je m’en fous, je sais que fin 2019 Varshons II aura résonné chez moi autant que Varshons fin 2009 mais putain Evan quand c’est que t’y retournes pour de bon ? Info de dernière minute : il est prévu une série limitée en vinyle jaune et la pochette si tu la grattes ça sent la banane. De ça aussi vous pourrez faire ce que vous voulez.
Everett W.GILLES [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !]
NDLR et du Bureau des Vérifications des Conneries que l’Autre Naze ne Manque Jamais d’Écrire : nous sommes jeudi 7 février, il est 13h25 et c’est la fin de cette pitoyable chronique d’un disque sorti chez -biiip- vers 12h15. [Avec le décalage horaire, ça donne vendredi 8 à 13h11 (note de Jimmy).]
01 - Can't Forget
02 - Settled Down Like Rain
03 - Old Man Blank
04 - Things
05 - Speed Of The Sound Of Loneliness
06 - Abandoned
07 - Now And Then
08 - Magnet
09 - Round Here
10 - TAQN
11 - Unfamiliar
12 - Straight To You
13 - Take It Easy
MP3 (320 kbps) + front cover