le chanteur d’origine que l’on retrouvera plus tard dans Copperhead lâche l’affaire après quelques
concerts et voici notre quatuor de bravados réunis dans leur formation historique : Cipollina,
Duncan, Freiberg et Elmore.
Très rapidement, le groupe se distingue comme un des plus emblématiques de la scène bouillonnante
de San Francisco et particulièrement lors de ses performances scéniques ou le public en totale
interaction avec la musique du groupe expérimente le LSD de façon plus ou moins organisée.
Des acid tests et des love in sont organisés à qui mieux mieux avec comme support la
musique des représentants du cartel San Franciscain (QMS, Grateful Dead, Jefferson Airplane, Big
Brother, Mad River et bien d’autres).
C’est le grand raout du sexe et de la défonce sans entraves !
Mais vous connaissez la suite avec la fin tragique de Chocolate George venant s’encastrer dans cette maudite
Buick… "
An underrated musician" (comme on lit parfois sur les blogs au sujet de Jeff Lyne…) doit être cité
car ayant influencé la musique de San Francisco et de Quicksilver en la personne de Nick Gravenites.
Chanteur de blues et compositeur émérite, Gravenites posera avec Mike Bloomfield et Buddy miles
un jalon important de l’histoire du rock avec son "super » group" : Electric Flag : A Long time comin' en
1968 (également conseillé en solo : My Own labors, 1969 avec un Bloomfield au top de sa
forme).
J’espère que vous prenez des notes !
Surnommé "le Grec" en raison de ses origines le chicagoan Gravenites est une sorte de passeur
entre le blues moderne de Chicago et le blues psychédélique de San Francisco. Mike Bloomfield et le
Paul Butterfield Blues Band avaient ouvert la boite de Pandore avec leur morceau East West pour
lequel Bloomfield avouait qu’ayant eu une révélation après avoir gobé un sucre imbibé de LSD, il
avait percé le mystère de la musique indienne pour créer cette pièce totalement avant-gardiste qu’ils
étiraient en live sur plus de quarante-cinq minutes d’extase électrique.
Les frères de la côte ouest s’en souviendront.
Les esprits chagrins pourront taxer la musique de QMS d’une faiblesse relative au niveau du chant
et de la composition, mais celle-ci est très largement compensée par leur puissance d’interprétation.
On est en présence de quatre jazzmen sans leader véritable déstructurant des pièces de blues pour
créer la bande son d’un western spaghetti hallucinogène. Ils posent les bases du free rock.
Le style de John Cipollina est unique et immédiatement reconnaissable. Il utilise plusieurs onglets de
fingerpicking et deux sorties distinctes sur deux amplis différents pour sortir de sa Gibson SG les
subtils effets de vibrato caractéristique de son jeu (tout le matos de John est consigné chez les gros
blaireaux de Cleveland, mais je vais bientôt le faire rapatrier pour mon sanctuaire). Avec Gary
Duncan (Gibson Les Paul) qui est une très fine gâchette, ils opèrent en doublette, alternant le
lead et la rythmique à l’instar des autres duos célèbres de l’époque : Mike Bloomfield et Elvin Bishop
au sein du Paul Butterfield blues band, Duane Allman et Dicky Betts avec les Allman Brothers, Jerry
Garcia et Bob Weir avec Grateful Dead ou tiens Lou Reed et Sterling Morrison du Velvet Underground,
lorsqu’ils balançaient au Matrix en 1969 des versions de Sister Ray de plus de trente-sept
minutes totalement psychédéliques. John est un guitariste qui a de la personnalité, qui plus est
avec ses longs cheveux tombant sur les épaules, sa silhouette longiligne et ses fringues "hippy
chic", il a l’allure d’un dieu grec. Tout le contraire de Joe Bonamassa en définitive.
Les deux premiers albums du groupe : Quicksilver messenger service et Happy trails sont des
chefs-d’oeuvre impérissables emballés comme de rigueur à cette époque dans des pochettes
magnifiques, la première calligraphiée rouge sur fond noir est dessinée par Rick Griffin cher à nos
amis surfeurs et la seconde présente une fresque évoquant l’ouest sauvage et libre sous un ciel
d’azur... qui transpire dans la musique de l’album. Le troisième LP Shady Grove doit beaucoup à la
personnalité de Nicky Hopkins, mais Duncan n’est plus là. La suite avec la reprise en main du groupe
par le tyran Dino Valenti demeure du rock West Coast de très bonne facture ou l’on retrouve par
intermittence la flamboyance des débuts dans le jeu de guitare de Duncan et Cippolina, trop souvent
mis sous l’éteignoir par l’omniprésence du chef à la voix un brin horripilante.
Cippolina lassé des frasques de Valenti mettra un terme à l’aventure QMS pour monter