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mardi 4 septembre 2018

MADELEINE PEYROUX ~ Anthem [2018]


Les histoires de vieux couples ne sont pas toujours très marrantes. Je ne sais trop si cela vient d’elle ou de moi, mais, depuis trois albums déjà, le fameux courant ne passe plus entre nous comme au joli temps jadis... Sincèrement, j’étais heureux de la revoir et impatient d’écouter ce qu’elle avait à raconter, mais dès la première écoute du titre d’ouverture, j’ai senti que ça n’allait pas matcher (comme disent les djeunes). Ce n’est pas si simple à expliquer. La voix est impeccable, l’orchestre plus que compétent, les compositions de bonnes tenues et la version du Liberté de Paul Eluard va faire plaisir à notre ministère de la culture, mais il y a comme une sorte d’espèce de machin qui gêne aux entournures ! S’il s’agissait d’une autre chanteuse, on ne trouverait sans doute rien à redire, mais Madeleine a placé la barre trop haute, pendant des années, pour qu’on puisse se contenter d’un à peu près. Ce n’est rien et tout à la fois : comme sur ses deux précédents disques, je n’entends plus le souffle magique de l’innocence, le charme du naturel, le petit grain de poivre qui rehausse la sauce… Cela me crève le cœur de l’écrire, mais j’ai l’impression que Madeleine Peyroux est devenue une chanteuse de jazz comme les autres – comme tant d’autres. Longtemps, elle a possédé ce rare talent qui nous faisait croire que chaque nouvel album avait le goût de la sublime première fois. Madeleine, on avait le sentiment qu’elle ne savait pas vieillir, et qu’elle serait toujours cette petite chanteuse des rues de Montmartre qu’on avait laissée, presque par hasard, franchir les portes d’un studio. Aujourd’hui, elle paraît enfermée dans une routine sympatoche qui ne saurait nous suffire. Les histoires de vieux couples ne sont pas toujours très marrantes. J’espère que vous serez nombreux à me contredire, mais je crains d’avoir raison.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !] 

  

01 - On My Own
02 - Down On Me
03 - Party Tyme
04 – Anthem
05 - All My Heroes
06 - On A Sunday Afternoon
07 - The Brand New Deal
08 – Lullaby
09 - Honey Party
10 - The Ghosts Of Tomorrow
11 - We Might As Well Dance
12 – Liberté
13 - Last Night When We Were Young
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 123


 


lundi 3 septembre 2018

GENE CLARK ~ Gene Clark Sings For You [(1967) 2018]



Il y a une poignée de mois a paru quelque chose comme le sept-cent-quarante-neuvième album posthume (pas vilain, au demeurant) de Jimi Hendrix. Tous les génies n’ont pas droit au même traitement de faveur, ainsi les fans de Gene Clark (mes frères !) réclamaient ce Sings for you depuis plusieurs décennies sans qu’aucune oreille compatissante ne se décide à descendre fouiller la crypte aux trésors oubliés. L’affront est enfin réparé et c’est une félicité de tous les instants – cet homme ayant toujours été à peu près incapable d’offrir autre chose que des chefs-d’œuvre (même sur des démos (ici dans un état très avancé))… Les bonnes fées remplirent le berceau du Gene jusqu’à l’en faire déborder : talent, beauté, succès et tout ce genre de chouettes machins lui furent offert en double exemplaire, et le bougre en profita à l’excès, jusqu’à ce qu’un méchant dieu décide que ça commençait à bien faire et ne le plonge dans le tumulte des tourments majuscules… Pour faire bon poids, bonne mesure, le label Omnivore a ajouté les démos que le généreux Clark céda au groupe Rose Garden. L’ensemble donne largement de quoi s’évanouir (et pas uniquement aux fans des Oyseaux). On classera sans barguigner cet album dans la grande discothèque indispensable pour âmes sensibles.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !]  

       

01 - On Her Own
02 - Past Tense
03 - Yesterday, Am I Right
04 - Past My Door
05 - That's Alright By Me
06 - One Way Road
07 - Down On The Pier
08 - 7;30 Mode
09 - On Tenth Street
10 - Understand Me
11 - A Long Time
12 - Big City Girl
13 - Doctor Doctor
14 - Till Today [Demo]
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 122


 


mardi 3 juillet 2018

ANA MOURA ~ Desfado [2012]



VIAGEM A PORTUGAL # 2 

Ana Cláudia Moura Pereira est née en 1979 à Santarém, une ville moyenne située le long du Tage, au nord-est de Lisbonne. Elle sort son premier album à l'âge de 23 ans et se fait connaître en participant à l'émission télévisée d'António Pinto Basto, un fadiste alors âgé de 51 ans. En 15 ans, elle ne publie que 5 albums studio, mais tous sont remarquables. Comme beaucoup d'autres chanteuses de sa génération, Ana Moura prend beaucoup de liberté avec la tradition du fado incarnée principalement, faut-il le rappeler, par Amália Rodrigues. Elle collabore ainsi avec Prince, avec Mick Jagger et comme dans cet album, avec le grand pianiste de jazz Herbie Hancock. Elle chante volontiers en anglais, mais je n'ai pas trouvé trace de textes en espagnol ou en français dans sa discographie. Aux côtés de Cristina Branco, Ana est l'une des très grandes fadistes d'aujourd'hui. Mais elles ne sont pas seules. Notre viagem a Portugal continue.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Desfado
02 - Amor Afoito
03 - Até Ao Verão
04 - Despiu A Saudade
05 - A Case Of You
06 - E Tu Gostavas De Mim
07 - Havemos De Acordar [Com Tim Ries]
08 - A Fadista
09 - Se Acaso Um Anjo Viesse
10 - Fado Alado
11 - A Minha Estrela
12 - Thank You
13 - Como Nunca Mais
14 - Com A Cabeça Nas Nuvens
15 - O Espelho De Alice
16 - Dream Of Fire [Com Herbie Hancock]
17 - Quando O Sol Espreitar De Novo
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 121


mercredi 27 juin 2018

THE GLOAMING ~ Live At The NCH [2018]


Saloperie de musique populaire à la con ! Nan mais ok les refrains entêtants, les mélodies qui reviennent en rêve, les sifflotements impromptus mais il n’avait pas tort l’autre là avec son "à la volette", les mélodies populaires : ça reste. Y’en a qui râle (comme le mec qui a rédigé les lignes juste au-dessus) mais c’est sans doute ce que je préfère dans la musique populaire. Le foutage de gueule du rayon " musique du monde" aurait eu la décence de se nommer "rayon des musiques avec des phrases musicales et/ou chantées qui se répètent, s’entremêlent, se croisent et vont te hanter durant des siècles", j’aurais peut-être daigné y jeter plus que mon plus beau regard dédaigneux. En même temps, je dédaigne, je dénigre, je tape dans l’énorme fourmilière du économiquement facile à vendre, mais il est difficile de dépasser les étiquettes. Si vous faîtes un peu folklorique avec un arrangement ou deux, on va vous dire que vous n’y connaissez rien, que vous faites dans la facilité voire que vous êtes racoleur. Alors que si vous creusez bien gentiment le sillon (image d’Épinal quand tu nous tiens) des artistes antérieurs, v’là t’y pas que les gars de la hype vont venir vous enterrer avec la boue que vous soulevez au seul prétexte que vous êtes vieux ou ancien. J’vous parle même pas des gars qui veulent tout révolutionner en saccageant tout sur des sonorités, forcément, à la mode et des réactionnaires qui continuent à être aussi visionnaire qu’un anachorète séculaire ayant fait vœux de silence. Nan franchement, la musique folk ça peut vite virer à la chasse à l’ours avec un opinel  n° 4 à la main, quoi qu’on dise, qui que l’on soit, qu’elles que soient nos intentions, on peut se faire dépecer. Bon, après une intro comme ça, vous vous dîtes sûrement que je vais vous faire le coup de "pourtant ces gars sont parvenus à chasser l’ours"… eh bien pas du tout… ce sont des gars biens (sinon je ne vous en parlerais pas !), ils ont vite vu que le coup de la chasse à l’ours c’est bon pour épater la galerie en quête de hype ou pour faire une métaphore foireuse quand on essaie d’appâter l’auditoire. Nan ces gars-là sont des musiciens doués, ils aiment la musique celtique (la vraie, celle qui te fait croire que tous les instruments sont hantés depuis des décades, que ton cerveau va imploser, que tes yeux vont pleurer un amour perdu en mer  – alors que tu comprends même pas les paroles-, que tes pieds tapent… du pied… tous seuls comme des grands, enfin vous voyez l’genre, j’vais pas non plus vous mâcher tout le boulot). Ils aiment aussi le jazz, ce machin fumeux qui ne sont pas encore le cadavre selon le poète, qui doit causer de liberté, d’improvisation et se foutre du reste parce qu’il  de toute manière bien trop occupé à se défoncer les neurones et à errer dans le labyrinthe de Dédale à la recherche de sa propre mort, tout en se prenant les pieds (décidément, j’dois avoir un truc avec les pieds aujourd’hui) dans le fil de Thésée, histoire de mourir en toute noblesse des mains d’Astérion plutôt que de se soucier de son image. Ils aiment aussi le rock prog, mais ça je ne l’écris pas trop fort, y’en a encore qui croient que ça ne cause que prise de tête comme musique. Pis la musique classique aussi… enfin, ils aiment la musique mais pas trop les étiquettes. Avec un tel bordel y’en a qui foutent le feu aux guitares, d’autres qui brisent tout et qui font du punk histoire de brûler tout ce qui gêne entre la musique et les oreilles… tandis que d’autres jouent dans des églises (parfois c’est l’inverse, mais comme je ne me souviens plus vraiment du début de la phrase, je vous laisse vous débrouiller avec le résultat de cette opération). Ce que je retiens, c’est qu’il y a des violons, de la guitare, du piano et d’autres sons aussi…  souvent ils sont râpeux et rugueux comme la mélancolie…  et, vous allez rire, parfois mes pieds sont aussi de la partie. 
YGGDRALIVRE [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - The Booley House
02 - Cucanandy
03 - The Sailor's Bonnet
04 - The Pilgrim's Song
05 - The Rolling Wave
06 - Fáinleog
MP3 (320 kbps) + front cover

mardi 19 juin 2018

SHANNON SHAW ~ Shannon In Nashville [2018]


Après la parution d'un tel album, dans un monde qui tournerait à peu près rond, les Rihanna et les Beyoncé de tous poils devraient retrouver le bar à strip-tease qu'elles n'auraient jamais du quitter... Or donc, Dan Auerbach (Black Keys, pour ceux qui vivraient au fond d'une grotte) a craqué sur la voluptueuse chanteuse et bassiste des garagistes Shannon & The Clams et à commencé à méchamment fantasmer à l'idée de la pousser à enregistrer un album de soul (un vrai, avec tout le merveilleux toutim que cela sous entend). Dans un premier temps, doutant de ses capacités (on croit rêver), la gamine refusa avant, finalement, de se laisser embringuer dans cette fabuleuse histoire... Question zicos, l'affaire ne s'est pas exactement jouée à l'économie : on retrouve, ici, des pointures qui enluminèrent, jadis, certaines des plus délicieuses œuvres du gars Elvis comme de la môme Dusty - et ils nous font la totale. Ce disque respire le magnifique fond de marmite de la proverbiale sorcière. Tout y passe : la soul du Sud comme du Nord, les relents girls groups, les mexicaneries suaves, l'Amy touch et je t'en passe en veux-tu en voilà ! Et tout ça sans que jamais l’exercice de style ne soit effleuré. Mais le plus important est ailleurs : dans la plume délicate et dans l'extraordinaire timbre voilée de cette diva capable de nous offrir, sans forcer, d’innombrables secousses d'amour  dans son scenic railway émotionnel suintant la grâce et les parfums rares...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]                


01 - Golden Frames
02 - Bring Her The Mirror
03 - Broke My Own
04 - Leather, Metal, Steel
05 - Freddies 'n' Teddies
06 - Love I Can't Explain
07 - Cryin' My Eyes Out
08 - Goodbye Summer
09 - Cold Pillows
10 - Lord Of Alaska
11 - I Might Consider
12 - Make Believe
13 - Coal On The Fire
MP3 (320 kbps) + artwork