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lundi 10 avril 2017

NICOLE ATKINS ~ Slow Phaser [2014]



"Operator, gimme number 911."
J’ai noté tout un tas de trucs bizarres récemment sur ce blog. Des batailles sur la légitimité de compiles, des détournements de style et autres impostures, la moindre n’étant pas de se qualifier d’imposteur alors que d’imposteur ici il n’y en a qu’un et vous êtes en train de le lire. OK Zocalo ? J’ai donc décidé unanimement de rajouter au bordel ambiant en postant ici un disque de gonzesse. C’est à dire que c’est une gonzesse qui chante. Pour aller au bout du concept il me faut toutefois flirter avec le danger, comme disait Uncle Louis (ouais, faut faire passer la pilule de l’introduction auprès du patron des lieux). Il peut ici se manifester occasionnellement par une basse discoïde ou des arrangements limite variétoche. Je dis arrangements mais je sais pas ce que c’est exactement que des arrangements en fait, je vais pas commencer à vous raconter des craques. Y a aussi des ouh-ouh un peu limite, genre pas du tout le genre New York Dolls, quelques paroles un peu cul-cul enfin c’est l’impression qu’elles me donnent et des chœurs parfois, comment dire, "Joyeux Anniversaire" style. Voilà pour le côté tordu de l’affaire. Comment rebondir maintenant sur l’honnêteté de ce qui m’amène ici devant vous, pfou… je ne le sais guère. Oui parce qu’il est question d’être honnête, l’imposture sans une certaine forme d’honnêteté ça n’a pas très bon goût, et honnêtement cette petite nana je l’adore. Peut-être parce qu’elle vient du New Jersey, Neptune plus exactement, et les ethnologues parmi vous se souviendront que c’est la patrie de Danelectro mais bon c’est pas le sujet et puis elle joue pas sur Danelectro elle s’accompagne régulièrement d’une demi-caisse Gretschoïde plus grande qu’elle. En plus ce disque fut enregistré en Suède, nous voilà bien. Si au moins il l’avait été au Mexique ou s’il était chanté en japonais j’avais carton plein mais non, même pas. Les plus fins de ces ethnologues, mais alors là faut vraiment qu’ils soient fins, auront bien une idée de comment j’ai pu découvrir la Miss mais honnêtement on s’en fout. Ça commence à en faire un paquet des "honnêtement", faudrait pas que vous vous imaginiez non plus que j’essaie de vous embrouiller. Pas mon genre. Mon genre à moi c’est l’imposture déclarée, tout sauf sournoise. Mais puisque c’est définitivement un post sur l’honnêteté (c’est ça l’imposture) il me faut bien l’avouer : je tourne en rond, je tourne en rond … parce qu’en fait je ne sais pas ce qui m’attire chez Nicole, si vous en avez une idée je suis preneur même si je sais que vous n’en avez rien à cirer et je me vois mal vous le reprocher. Je vous demanderai toutefois de signer une clause de confidentialité, j’ai une réputation à tenir. Ah au fait, les photos ça compte pas.
Everett W. GILLES [Vous prendrez bien le temps d’un petit commentaire !]



01 - Who Killed The Moonlight ?
02 - It's Only Chemistry
03 - Girl You Look Amazing
04 - Cool People
05 - We Wait Too Long
06 - Red Ropes
07 - What Do You Know ?
08 - Gasoline Bride
09 - The Worst Hangover
10 - Sin Song
11 - Above As Below
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 21



dimanche 9 avril 2017

COOL VIDS ~ Gérard Manset (présenté par Guy Lux !) : Il Voyage En Solitaire [1975]


Je me souviens de ce passage, je venais de m'offrir le quarante-cinq tours. A l'époque (le haut moyen-âge !), Guy Lux présentait le Ring Parade et Manset acceptait encore de faire un peu de promo (quel look, c'était bien la peine d'avoir fait parti de la Bande du Drugstore !). Si vous prenez le temps de fouiller sur YouTube, vous trouverez d'autres délices du même genre et des choses plus passionnantes encore...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]



  

samedi 8 avril 2017

DON'T BOGART ME...


"Tournez et tournez encore
Tournez et tournez sans aucun remords
Tournez dansez sans vous soucier du sort
Tournez sans cesse approchez vous du bord
Qu'importe l'heure les nuits suivent les jours
Jusqu'au bonheur beaucoup trop de détours"
Daniel Darc (Tournez tournez (extrait))




vendredi 7 avril 2017

SUICIDE ~ Attempted : Live At Max’s Kansas City 1980 [2004]


"C’était trop, même pour les punks." (Marty Thau, ancien manager des New York Dolls et fondateur de Red Star Records, dont Suicide fût la première signature). Alors que la vague punk déferle, le duo Alan Vega & Martin Rev extirpe Elvis de sa tombe à peine refermée pour le plonger dans un bain de radicalité dont il sort récuré jusqu’à l’os et passé au hachoir de cris primaux, de beats et de riffs synthétiques à pas cher. Suicide, ou les arts premiers en musique. Comme pour un autre groupe ayant marqué, lui aussi, le rock d’une empreinte indélébile tout en ayant connu, de son vivant, un échec commercial retentissant, des bandes magnétiques témoignent d’une soirée suicidaire au Max’s Kansas City. Avec le CBGB, situé à deux pas, ce club du Bowery, quartier alors crasseux d’un Lower East Side aujourd’hui gentrifié, constituait, à la fin des années soixante-dix, l’épicentre d’un nouveau séisme sur la planète rock.


Cet enregistrement sismographique, initialement non destiné à un usage commercial, en constitue un précieux témoignage. La belle session photographique qui l’habille en renforce encore l’intérêt. Vital.
AREWENOTMEN? [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - Harlem
02 - Radiation
03 - Dream Baby Dream
04 - Ghost Rider
05 - Cadillac
06 - Dance
07 - 96 Tears
08 - Rocket USA
09 - Touch Me / Be Bop A Lula
10 - Night Time
11 - Jesus
12 - Frankie Teardrop
MP3 (320 kbps) + artwork
COOL 20



mercredi 5 avril 2017

VARIOUS ARTISTS ~ Aranjuez [HMC. 2017]


Cette compilation a tout d'une imposture. Au départ, j'avais prévu de mettre en application ce que j'avais répondu à Jimmy, à savoir composer de A à Z un florilège les pieds dans l'herbe, au soleil, avec un laptop et un casque. J'avais donc préparé une première sélection de trente-cinq titres, chargé à bloc mon portable, pris le volant pour rejoindre un jardin paradisiaque de ma connaissance, préparé un répétiteur wifi pour le cas où la couverture eût été insuffisante. Bref, l'ascension du K2 par Lacedelli et Compagnoni, en comparaison, était une gentille balade improvisée. Et là, nous sommes dimanche, et il pleut. Cette compilation a donc été réalisée au chaud, une tasse de thé à la main, et sur un système hi-fi pas très éloigné de celui de Jimmy sur son île déserte.
C'est à Paris, en 1939, que Joaquin Rodrigo composa le Concierto de Aranjuez. Malgré cela, l'inspiration de cette œuvre ne doit rien à la France. Son nom se veut un hommage aux sublimes jardins du Palais Royal d'Aranjuez, près de Madrid. C'est aussi un concerto pour guitare, instrument emblématique de la péninsule. Il est composé de trois mouvements, Allegro con spirito, Adagio et Allegro gentileLes musiciens non classiques ne vont s'intéresser qu'à l'adagio, ce qui fait que cette sélection présente le concerto sous une forme un peu bizarre. Entre le premier et le dernier mouvements, ce sont dix interprétations de l'adagio que vous allez entendre. Si le jazz est largement majoritaire, on trouve également des versions chantées, dont celle très célèbre de notre Richard Anthony national. Plus rares, deux versions en portugais interprétées par Amália Rodrigues et Dulce Pontes, chanteuses de fado. Pour en revenir au premier mouvement, j'ai choisi l'interprétation très délicate de la guitariste japonaise Kaori Muraji. Le dernier mouvement est quant à lui joué avec énergie par Paco de Lucía.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]
P.S. : on croit être convié à une promenade dans un jardin espagnol et l'on se retrouve assit, le fessier sur la lune, à contempler les étoiles... Ce florilège magnifique mériterait de s'offrir au plus grand nombre, mais seuls les plus malins, visiteurs de ce superbe petit blog (ouille, les chevilles !), pourront en profiter. Un véritable délice, du début à la fin.
Jimmy

  
01 - Kaori Muraji - ロドリーゴ:アランフェス協奏曲 [Allegro Con Spirito]
02 - Miles Davis & Gil Evans - Concierto De Aranjuez (Adagio)
03 - Dulce Pontes - Meu Amor Sem Aranjuez
04 - Dorothy Ashby - Concierto De Aranjuez
05 - Joe Diorio - Adagio From Concerto Di Aranjuez
06 - Richard Anthony - Aranjuez Mon Amour
07 - Santana Brothers - En Aranjuez Con Tu Amor
08 - Chris Botti - En Aranjuez Con Tu Amor
09 - Amália Rodrigues - Em Aranjuez Com Teu Amor
10 - Brassed Off OST - Rodrigo's Concierto D'Orange Juice
11 - Chick Corea & Hiromi Uehara - Concierto De Aranjuez
12 - Paco de Lucía - Concierto De Aranjuez Allegro Gentile
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 19




mardi 4 avril 2017

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 134


134. JANITOR OF LUNACY [NICO] 

   Il n'y a pas de hasard, le destin hurle à la mort... La vengeance, peut-être, aura fait chuter quelques fantômes de leur hamac... Des phrases qu'emporte le vent... 

   L'album s'ouvre sur Janitor of lunacy, la chanson préférée de Nico, celle qu'elle interprétait à chaque concert.
   Sur la première note de l'harmonium, « le Monstre » se retourna doucement dans son coma... « Janitor of lunacy, paralyze my infancy, petrify the empty cradle, bring hope to them and me (Cerbère de la folie, paralyse ma petite enfance, pétrifie le berceau vacant, porte-leur espoir comme à moi). » Le chien à trois têtes empeste l'odeur nauséabonde des Enfers... Et « le Monstre » ne pourra plus s'enfuir... Je revis la scène pour la millième fois : la pointe de ma bottine frappant ses testicules recroquevillées par une trouille immense... « Mortalize my memory, deceive the devil's deed (Donne la mort à ma mémoire, déjoue le fait du diable). » Comment oublier quand les sirènes de flics se compliquent aux crissements du sable qui me mord les pieds ? « Tolerate my jealousy, recognize the desperate need (Tolère ma jalousie, reconnais le besoin acharné). » Autant lancer une prière dans le désert. La cicatrice intérieure se creuse encore un peu. « Janitor of lunacy, identify my destiny, revive the living dream, forgive their begging scream (Cerbère de la folie, identifie ma destinée, ranime le rêve vivant, pardonne leur cri suppliant). » Il n'y a pas de hasard, le destin hurle à la mort... les fantômes laissent tomber leur masque sur le trottoir ensanglanté... Je ne me souviens plus des suppliques du « Monstre »... « Disease the brething grief (Invalide le chagrin haletant). » Si seulement... Il fait une chaleur à crever sur cette île déserte...

   Janitor of lunacy, ce n'est pas exactement : « Be bop a Lula, she's my babe » avec tout le respect que l'on doit à Mr. Vincent ! 

   Nico, aussi appelée : « la déesse de la lune »... D'abord modèle qui fit frémir les couvertures de Vogue, puis cover girl pour quelques pochettes de disques de jazz, bien avant qu'elle ne s'imagine en chanteuse. D'actrice dans la Dolce vita de Federico Fellini, elle deviendra l'atout charme du Velvet Underground (avec une toute petite poignée de chansons à interpréter et quelques faméliques coups de tambourin à asséner (tiens, ça me rappelle étrangement quelqu'un de connaissance !)). Nico, un trajet unique pour devenir une artiste encore plus unique dans le monde de la « pop » (avec de très larges guillemets). On connaît son admiration pour Nusrat Fateh Ali Khan (magnifique chanteur et musicien pakistanais, dont elle parla avant tout le monde), son goût pour les harmonies inspirées des folklores eurasiens, ses inclinaisons vers les troubadours courtois ou les lieder de Gustave Mahler... Quelques références qui ne manqueront pas d’effaroucher ceux qui, pourtant, ne cessaient de vanter l'originalité du Velvet Underground, mais je suppose que l'originalité à ses limites, comme la beauté, et certains jugeaient celle de Nico glaciale – des gens, certainement, capables de confondre le Pérou et le Groenland ! Heureusement, Olympia m'avait enseigné comment ne pas craindre les très belles filles.  

   L'harmonium est une drogue, il suffit d'aspirer le souffle des vents pour tournoyer tel un derviche avant de se laisser glisser vers les profondeurs de l'enchantement.

   The Falconer (Le Fauconnier) : « The falconer is sitting on his summersand at dawn unlocking flooded silvercages and with a silverdin arise all the lovely faces and the lovely silverstraces erase my empty pages (Le fauconnier est posté à l'aube sur sa plage d'été déverrouillant les cages d'argent inondés et en un tumulte argentin se lèvent tous les ravissants visages et les ravissants tracés d'argent effacent le blanc de mes pages). » Retrouver un à un les visages des fantômes et s'endormir en paix dans les draps propres des pages immaculées.
   My Only child (Mon Unique enfant) : « There are no words no ears no eyes to show them what you know (Il n'existe pas de mots ni d'oreilles ni d'yeux pour leur montrer ce que tu sais). » Eleonore, ma petite princesse, toi qui range les disques les yeux fermés, et toi qui sauve mon aventure. Je suis si heureux que tu écoutes Nico en mon absence, toi qui l'a trouvait : « trop flippante » !
   Abschied (Adieu) : « Sein köper bewegt sich nicht, im traume sich endlich sein zwingen vergisst (Son corps ne bouge pas, en rêve enfin s'oublie sa crainte) ». Dort, petit monstre, et laisse-moi rêver !  
     
   Le disque tourna et tourna encore, il tournait toujours quand le bruit des pales d'un hélicoptère vint troubler la nouvelle harmonie de l'île.  
   Mes deux obèses préférés gagnèrent la plage dans un ridicule canot pneumatique qui manqua de chavirer sous leur poids. 
   « Je sais que je suis en train de rêver, vous ne me la ferez plus ! » 
   Ils quittèrent définitivement mes songes en maugréant...