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mercredi 16 janvier 2019

TOWNES VAN ZANDT ~ For The Sake Of The Song [1968]


Je vous présente mes meilleurs vœux pour la nouvelle année en même temps que mes sincères excuses pour ma longue absence. En fait, je supporte difficilement la période de Noël, laquelle me renvoie à de funestes souvenirs. Je pensais m'accorder une pause d'une dizaine de jours et je me suis finalement laissé absorber par une déprimette. Bon, assez bavassé, montez le son, la musique reprend ses droits.

1968 : déjà, ça sent la fin des flamboyantes sixties ; en tous cas, l'or de l'âge commence à fondre considérablement. Peu à peu, la splendide nervosité du maximum rhythm'n'blues est remplacée par la lourdeur du hard, l'élégance de la pop baroque par la prétentieuse exubérance du prog, les slim fits par les pattes d'eph et les mini jupes par des ramasses poussière. Bref, c'est la déliquescence ! Heureusement, on peut toujours compter sur la grâce des troubadours. Et, justement, en cette même année, l'un des plus merveilleux d'entre eux va nous offrir ses premières ballades en forme de crève-cœur. Ce n'est pas son meilleur album (d'ailleurs, il réenregistrera la plupart des titres dans des versions plus "brut de décoffrage"), on le sent encore tout timide, mais c'est déjà suffisamment bouleversant pour traumatiser tous ceux qui s'intéressent à cette vieille chose qu'on appelle une chanson. Ici, la passion et le talent remplacent haut la main à gratter tous les fantasmes électriques. Cet homme était trop génial (et peut-être un peu trop torturé) pour que le gros public s'en aperçoive. Sa vie ressemble aux plus beaux des romans tristes, mais sa voix, ses textes (même s'ils sont peu joyeux) et sa guitare sont des caresses à emporter au-delà de l'éternité.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]  

   
01 - For The Sake Of The Song
02 - Tecumseh Valley
03 - Many A Fine Lady
04 - Quicksilver Daydreams Of Maria
05 - Waitin' Around To Die
06 - I'll Be Here In The Morning
07 - Sad Cinderella
08 - The Velvet Voices
09 - All Your Young Servants
10 - Talkin' Karate Blues
11 - Sixteen Summers, Fifteen Falls
MP3 (256 kbps) + artwork


mardi 11 décembre 2018

VARIOUS ARTISTS ~ A Day In The Life Impressions Of Pepper [C. 2018]


Depuis toutes ces années, vous pensez si ce bon vieux Sergent Poivre en a vu de tout poil, des bananeux aux crêteux, venus pour tenter de flanquer la zizanie dans sa caserne déjà passablement psychédélique. Bon, là, il y aurait peut-être matière à s'inquiéter un tantinet, parce qu'il n'y a guère plus tordu qu'un jazzman lâché en territoire pop (du genre : planquez vos porcelaines, voici les éléphants en rute !). La pochette prévient, ça va être du lourd, pas vraiment le type de gentil florilège où de chouettes chanteuses roucoulent devant un pianiste et un contrebassiste soucieux de ne pas trop déranger le mobilier. Le plus grand des respects, c'est de s'approprier une œuvre, pas de donner dans le papier calque. Ici, nous sommes servis; il est parfois nécessaire de bien posséder le répertoire pour tenter de le reconnaître. Mais qu'est-ce que c'est jouissif ! L'ensemble est magnifiquement cohérent et se déguste la tête dans les étoiles, allongé sur un nuage multicolore. Fabuleux !
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]  

       
01 - Antonio Sanchez - Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 
02 - Mary Halvorson - With A Little Help From My Friends
03 - Makaya McCraven - Lucy In The Sky With Diamonds
04 - Wildflower - Getting Better
05 - Cameron Graves - Fixing A Hole
06 - Keyon Harrold - She's Leaving Home
07 - Brandee Younger - Being For The Benefit Of Mr. Kite!
08 - The Onyx Collective - Within You Without You
09 - Sullivan Fortner - When I'm Sixty-Four
10 - Miles Mosley - Lovely Rita
11 - Shabaka & The Ancestors - Good Morning Good Morning
12 - Antonio Sanchez - Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise)
13 - The Ju Ju Exchange - A Day In The Life
MP3 (320 kbps) + front cover 

 

lundi 10 décembre 2018

Jazz En France - Volume X : Les Double Six [HMC. 2018]




C'est en 1959 que la chanteuse Mimi Perrin fonde le sextet vocal Les Doubles Six sur le modèle du trio américain Lambert, Hendricks & Ross. L'idée de base en est identique, il s'agit de chanter des paroles sur les morceaux de jazz les plus connus du moment en respectant le rythme, le tempo, le phrasé et la mélodie du thème original. Sauf que Mimi Perrin va mettre un soin maniaque à reproduire le plus fidèlement possible les soli des titres originaux. Elle utilise des consonnes explosives (P, B, D, Q) pour rendre compte de l'attaque du soliste qui est le plus souvent un saxophoniste ou un trompettiste. Elle use abondamment des : "oui !" et des : "ben, t’as dit vrai, toi" pour reproduire les tutti d'orchestre typiques du style des big bands. Le membre des Double Six qui chante le solo est choisi en fonction de la tessiture de sa voix afin de s'approcher au plus près du registre de l'instrument d'origine. Le répertoire provient des grands succès des orchestres les plus en vogue de l'époque : Count Basie, Woody Herman, Quincy Jones, Gerry Mulligan ou John Coltrane. Les Double Six sortent un premier album en 1961, suivi d'un autre en 1962. Quincy Jones, alors arrangeur et compositeur au sein de l'orchestre de Count Basie et parisien depuis 1957, y figure en bonne place. A cette époque, Quincy Jones dirige également son propre big band. En 1963 sort un album interprété en collaboration avec Dizzy Gillespie. Les textes y sont souvent drôles et le titre Roby le robot remporte un grand succès. En 1964 parait un quatrième et dernier album consacré à Ray Charles, mais l'inspiration n'y est plus. Minée par la maladie, Mimi Perrin y a jeté ses dernières forces et, peu après, abandonne définitivement la musique. L'absence de Ray Charles parmi les interprètes ajoute encore à l'impression de rendez-vous manqué que dégage cet opus. Outre Mimi Perrin, les Double Six sont composés des chanteuses Monique Guérin, Christiane Legrand (la sœur de Michel Legrand), Claudine Meunier, Hélène Devos et Annie Vassiliu (la sœur de Pierre), des chanteurs Louis Aldebert, Ward Swingle, Jean-Louis Conrozier, Roger Guérin, Jacques Denjean, Jean-Claude Briodin, Eddy Louiss (futur pianiste de Claude Nougaro), Bob Smart, Bernard Lubat, Jef Gilson (futur chef de file du free jazz français), Gaëtan Dupenher et Claude Germain. Claudine Meunier et Christiane Legrand se retrouveront bientôt sous la direction de Michel Legrand pour l’enregistrement des Demoiselles de Rochefort, le film de Jacques Demy. Une section rythmique composée de René Urtreger au piano, Jimmy Woode à la contrebasse et Jean-Louis Viale à la batterie accompagne les vocalistes. Un mot sur la technique d'enregistrement : au début des années 60, les magnétophones multipistes n'existent pas. Ils sont stéréo, deux canaux, donc. Pour enregistrer plusieurs pistes, il faut ré-enregistrer les deux pistes initiales sur un deuxième magnétophone en y ajoutant deux canaux supplémentaires que l'on mixe sur le champ, sans possibilité de modifier à posteriori le placement des musiciens. Il faut donc dès les deux premières pistes imaginer la position (droite/gauche) des musiciens que l'on enregistre. De plus, en l'absence de réducteur de bruit Dolby qui ne sera inventé que dans les années 70, chaque ré-enregistrement ajoute son propre souffle au souffle de l'enregistrement initial. Voici pourquoi les morceaux des Double Six sont entachés d'un souffle plus important que les autres productions de l'époque. Ce qui n'empêche nullement la magie d'opérer.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]

 






















01 - Tickle-Toe
02 - Westwood Walk (Histoire De baryton)
03 - Hot House [Avec Dizzy Gillespie]
04 - Early Autumn [Finalement L'Automne Est Arrivé]
05 - Stockholm Sweetnin' (Un Coin Merveilleux)
06 - Sherri
07 - For Lena And Lennie (En Flânant Dans Paris)
08 - Hallelujah, I Love Her So
09 - The Champ [Avec Dizzy Gillespie]
10 - Sweets (Les Quatre De L'Opéra)
11 - Hit The Road, Jack
12 - Moanin' (La Complainte Du Bagnard)
13 - Blue 'n' Boogie [Avec Dizzy Gillespie]
14 - Evening In Paris (Il Y A Fort Longtemps)
15 - Naima
16 - Boplicity (La Légende Du Troubadour)
17 - Tin Tin Deo [Avec Dizzy Gillespie]
18 - A Night In Tunisia (Le Tapis Volant)
19 - Lonely Avenue
20 - Emanon [Avec Dizzy Gillespie]
21 - Meet Benny Bailey (Au Bout Du Fil)
22 - Fascinating Rhythm (Le Pas Qui Plaira)
MP3 (320 kbps) + front cover

 
 

mercredi 28 novembre 2018

RAOUL VIGNAL ~ Oak Leaf [2018]


Je suis sans pitié. Si vous avez des oreilles et un cœur, vous devez déjà être au bord de l'apocalypse émotionnel après avoir enquillé le Marianne, le Josephine et le Alain. Nous ne sommes pas sur terre pour nous remettre de nos émotions, mais pour nous vautrer majestueusement dans les draps de la sensualité ! Après un premier effort, The Silver veil, paru l'an passé et ressemblant à s'y méprendre à un chef-d’œuvre, l'ami Raoul remet les savoureux petits plats dans les grandes assiettes à évanouissement. Comme chez Chet Baker ou Nick Drake, on se demande ce qui l'emporte, la couleur du soleil ou le parfum de la mélancolie. En fait, ce qui est merveilleux, c'est la complication de ces deux horizons. Ce n'est pas de ma faute si tous les derniers grands disques sont peints à l'acoustique : il va donc encore vous falloir tendre l'oreille pour entendre les confidences généreusement distillées dans cet album aussi passionnant qu'émouvant. Partout, il pleut, il mouche, il grisouille : que foutre ! je ne vous donne pas quarante-cinq secondes avant que vous ne soyez en train de faire du dos crawlé au milieu des fééries ! 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]           

01 - Pepa's Eyes
02 - No Faith
03 - The Dream
04 - Blue Raven
05 - I Might
06 - I Have Sinned
07 - The Waves [Pt. 1]
08 - The Waves [Pt. 2]
09 - Mirror
10 - The Valve
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 142