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lundi 5 février 2018

THE JAMES HUNTER SIX ~ Whatever It Takes [2018]


Une vieille vanne nous dit que du temps où il n'y avait que deux écrivains, le second plagiait déjà le premier ! Oui, il ne faut pas se leurrer, la plupart des artistes ne sont que des fainéants qui ne font "rien qu'à copier" sur leurs petits camarades. D'aucuns, plus malins que la moyenne, mélangent des genres différents pour nous faire croire qu'ils ont inventé quelque chose. Et puis, il y a James Hunter et ses potes, cossards comme ce n'est pas permis, qui se contentent de reprendre des trésors que les génies de la soul n'ont pas eu le temps d'écrire ! Evidemment, ça fait moins branché que les jeunots qui accommodent tout avec n'importe quoi (et inversement) et font paraître dix albums par an avec des groupes plus ou moins différents, mais on est en droit de préférer... Ce nouvel album, enregistré en mono et les doigts dans le nez, ne propose aucune surprise, il maintient juste le niveau d'excellence des précédents - ce qui n'est pas une mince affaire.   
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]


01 - I Don't Wanna Be Without You
02 - Whatever It Takes
03 - I Got Eyes
04 - MM-Hmm
05 - Blisters
06 - I Should've Spoke Up
07 - Show Her
08 - Don't Let Pride Take You For A Ride
09 - How Long
10 - It Was Gonna Be You


vendredi 2 février 2018

Jazz En France - Volume IX : Didier Lockwood [HMC. 2018]



Sans doute faut-il y voir la marque de notre éducation musicale classique, les violonistes de jazz sont nombreux dans notre pays, bien plus qu'ailleurs. Stéphane Grapelli, Jean-Luc Ponty, Dominique Pifarély, mais aussi les moins connus Michel Warlop, Pierre Blanchard, Thomas Enhco, Scott Tixier, Mathias Lévy et André Hodeir qui, soit dit en passant, est plus connu comme compositeur et arrangeur de jazz d'avant-garde. Didier Lockwood partage avec Stéphane Grapelli le privilège d'être connu d'un large public qui déborde de la scène jazzistique. De formation classique donc, Didier Lockwood est venu au jazz sous l'impulsion de son frère Francis. Tout au long de sa carrière, il le retrouvera dans des duos piano-violon ou dans le cadre de formations plus étoffées. Pourtant, ce n'est pas dans le milieu du jazz que Didier fait ses premières armes discographiques, mais, excusez du peu, avec le mythique groupe Magma. Didier retrouvera d'ailleurs Christian Vander en 1981 pour l'album Fusion. En 1978, il grave son premier opus, un disque intitulé Surya. Dès lors, les albums vont s'enchaîner sans interruption jusqu'à la fin des années 90. Le style fusion est omniprésent dans l’œuvre de Didier Lockwood, sans doute même un peu trop. Heureusement ses nombreuses collaborations apportent un peu de variété dans une discographie qui aurait pu, sans cela, frôler la monotonie. Je reconnais que j'ai un peu survolé ce style au profit d'autres enregistrement plus acoustiques ou plus rares, tel que celui effectué avec le chorégraphe indien Ragunath Manet. Une autre originalité de ce morceau est que Didier y joue de la trompette, un instrument qu'il affectionne, bien qu'il y soit moins à l'aise qu'au violon. Astral trip et A Quiet sun sont d'autres raretés, le premier figurant sur un album du franco-américain Bunny Brunel, le second sur un disque de son frère Francis. Enfin, autre disque rare, celui qu'il enregistra en 1989 pour ses enfants, ne comportant, à l'exception d'un titre, que des comptines et des chansons traditionnelles pour le premier âge.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]
P.S. : un grand merci à Keith qui m'a fourni le morceau de Magma figurant dans ce florilège.


01 - Kobah [Avec Magma]
02 - Astral Trip [Avec Bunny Brunel]
03 - Do Anything You Want
04 - Vieux Pape
05 - A Quiet Sun [Avec Francis Lockwood]
06 - Aldino
07 - Sleight Of hands
08 - Tanganika
09 - Turning Point
10 - Format [Avec Uzeb]
11 - Frère Jacques [Avec Daniel Huck]
12 - Jimmy B-3
13 - Tip Tap
14 - Golden Eagle Dance [Avec Ragunath Manet, Didier Lockwood à la trompette]
15 - Indifférence [Avec Marcel Azzola]
16 - Minor Swing [Avec The Amazing Keystone Big Band, Stochelo Rosenberg, Thomas Dutronc & Marian Badoï]
MP3 (320 kbps) + front cover


lundi 29 janvier 2018

THE FALL ~ The Infotainment Scan [1993]


Voilà, j’ai écrit ce texte quelques jours avant la mort de Mark E. Smith. Alors, faites-moi ce petit plaisir, pendant le court moment de votre lecture, il sera encore vivant parmi nous...

Il y a quelques temps (et, avons-le, même quelques années), j’avais fait la promesse pieuse de remonter le temps dans l’imposante discographie du groupe en illustrant son long parcours par un album par décennie. Or, il y a urgence car Mark E. Smith, leur emblématique meneur, est a priori gravement malade, sans doute suite à de nombreux excès en tout genre. Autant vous dire que le groupe, c’est lui, et que les autres n’auront jamais été que des électrons ou fusibles interchangeables en fonction de ses humeurs parfois massacrantes. Lui qui avait fanfaronné sur ses 50 ans (cf. https://www.youtube.com/watch?v=ApCTKt0-Fz4 ), on sait d’ores et déjà que sa soixantaine s’annonce plus difficile. Et malheureusement pour moi, s’il s’est écoulé tant d’années autour de ma promesse, c’est parce que j’ai buté sur la décennie 90, que je connaissais finalement assez mal, car elle correspond à celle au cours de laquelle je me suis éloignée du groupe. Force est de constater que cette période de The Fall me touche moins que les autres. Non qu’elle soit mauvaise ni qu’il y ait moins de morceaux totalement déments (et Dieu sait s’il y en a), mais je me sens plus proche de ce que le groupe a réalisé avant et après. Donc, après avoir espéré vous proposer un autre disque que celui-ci pour illustrer ces fameuses 90’s, je reviens vers mon  choix initial, soit cet Infotainment scan, qui correspond au dernier que j’ai longuement écouté (avant de revenir vers le groupe dix ans plus tard), ainsi qu’à leur pic de popularité pour une œuvre loin d’être aisée. Ce groupe est définitivement immense, avec une œuvre colossale dont même les multiples compilations de tout genre n’arrivent pas à faire véritablement le tour. A la manière de certains grands artistes (comme Tom Waits qui n’a pourtant rien à voir), la musique du groupe dessine un univers à part qu’on pourrait croire limité alors qu’il est d’une richesse insoupçonnée et surtout l’expression d’une démarche profondément vitale et aventureuse, sans être fermée aux courants musicaux actuels. La musique de The Fall ressemble à du The Fall et il n’y a rien d’autre à savoir et c’est très bien ainsi. Alors, rompez cette indifférence française polie et agaçante à l’égard de ce groupe à l’influence toujours aussi cruciale et vivante, précipitez-vous dessus avant qu’une funeste nouvelle ne nous parvienne un jour et qu’on le visite avec cette déférence hypocrite des médias qui se voudront « branchés » et se donner bonne conscience en voulant nous faire croire qu’ils l’ont toujours soutenu à la hauteur de ce qu’il méritait (alors même qu’en France, il ne doit exister aucune couverture en quarante années d'existence et tout juste trois ou quatre interviews pour la plupart anecdotiques). Une chose est sûre, c’est que John Peel, lui, même tout là-haut, attend toujours avec impatience le prochain The Fall.

Maintenant qu’on connait la triste vérité, on pourra même dire que John Peel les écoutera sans nous.
Audrey SONGEVAL [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]

C'est sans doute ce qu'on appelle un artiste culte : totalement ignoré du gros public, mais adulé par une poignée d'âmes sensibles... Ici, il n'y a guère de refrains à chantonner sous la douche, mais dans le domaine de l'inventivité, on trouvera rarement mieux et plus prenant. J'ai eu un peu de mal à réécouter les premiers titres à cause des événements, mais la voix (mélange d'agressivité roublarde et de tendresse infinie) a finalement pris le dessus sur la tristesse - les guitares au scalpel et la rythmique en mode tête chercheuse ont fait le reste, tout le reste. Cet album est un grand disque, un de plus, dans une discographie que nous pourrons encore fouiller longtemps...
Jimmy    


01 - Ladybird (Green Grass)
02 - Lost in Music
03 - Glam Racket
04 - I'm Going To Spain
05 - It's A Curse
06 - Paranoia Man In Cheap Shxt Room
07 - Service
08 - The League Of Bald-Headed Men
09 - A Past Gone Mad
09 - A Past Gone Mad
11 - Why Are People Grudgeful
12 - League Moon Monkey Mix
MP3 (320 kbps) + artwork


jeudi 25 janvier 2018

DAN ZANES AND FRIENDS ~ Lead Belly, Baby ! [2017]


Il y a des jours où j'ai les chevilles qui enflent et où je me dis que je possède une espèce de sixième sens pour repérer les pépites rien qu'en reniflant les pochettes ! Mais, ça, c'est uniquement les jours où j'oublie toutes les cochonneries qui me font saigner les oreilles au bout de deux couplets, et que je me force à écouter jusqu'au bout, parce que je suis trop charitable ! Tiens, pas plus tard qu'hier, j'ai écouté le nouvel album d'une chanteuse car elle y reprenait le génial Conne de Brigitte Fontaine. Une horreur, son machin, l'art et la manière d'en foutre partout tout le temps. Et ça chante et ça joue comme un narcisse devant son miroir : "Oh, comme je suis douée pour passer des notes les plus aiguës aux plus graves en une seconde !" "Ah, je n'ai pas perdu mon temps au conservatoire, comme je sais faire plein de choses compliquées !" Parfait (façon d'écrire) exemple de gens qui confondent les numéros d'équilibriste avec la recherche de l'émotion. Sur le fameux Conne déjà mentionné, la donzelle ne cesse de surjouer, là où Brigitte est totalement habitée. Basta ! Bon, il est grand temps que j'en vienne à évoquer ce Lead Belly, Baby ! D'habitude, je me méfie de ces disques qui empilent les futuring, mais, là, l'espèce de sixième sens susmentionné s'est mis en éveil. Ce disque est un petit joyaux de blues joyeux (si, ça existe !), enregistré avec une palanquée de chouettes copains (y a même des mômes qui viennent foutre un gai boxon) super heureux d'être là. Il y a de la guitare douze cordes comme s'il en pleuvait, des percussions qui donnent envie de se trémousser comme un idiot, des duos qui donnent envie que ce soit des trios avec nous... Mince, je n'avais pas exactement ce souvenir de la musique du gars Belly ! Que foutre ! Je vais me le rejouer une fois encore pour oublier la pluie et ce mois de janvier qui nous a déjà enlevé Mimi des Dogs et Mark E. Smith...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]

  
01 - More Yet [Feat. Shareef Swindell]
02 - Rock Island Line [Feat. Billy Bragg]
03 - Ha-Ha This-A-Way [Feat. Tamar Kali]
04 - Julie Ann Johnson [Feat. Jendog Lonewolf]
05 - Bring Me Little Water, Sylvie [Feat. Madame Marie Jean Laurent & Ceddyjay]
06 - Polly Wee [Feat. Father Goose & Little Goose]
07 - Boll Weevil [Feat. Aloe Blacc & Pauline Jean]
08 - New York City [Feat. Claudia Eliaza]
09 - Skip To My Lou [Feat. Chuck D. & Memphis Jelks]
10 - Take This Hammer [Feat. Valerie Jean]
11 - Cotton Fields [Feat. Sonia De Los Santos, Elena Moon Park, & José Joaquin Garcia]
12 - Red Bird [Feat. Ashley Phillips]
13 - Whoa Back Buck [Feat. Donald Saaf With Isak & Ole Saaf]
14 - Stewball [Feat. Marley Reedy]
15 - Relax Your Mind [Feat. Neha Jiwrajka]
MP3 (320 kbps) + artwork






lundi 22 janvier 2018

THE MODERN LOVERS ~ The Modern Lovers [1976]


Pour le coup, ce disque (indispensable parmi les indispensables) mériterait une belle réédition (genre Deluxe) avec l'intégralité des sessions produites par Kim Fowley (je peux vous dénicher ça, si vous êtes bien polis !)... Il s'agit d'une sorte de supergroup à l'envers, puisque tous ses membres devaient connaître le succès, plus tard, sous d'autres latitudes... Leur leader d'attaque se nomme Jonathan Richman, il a vu la lumière divine en découvrant le Velvet Underground au Boston Tea Party, et, depuis, il rêve d'en offrir sa version, plus joyeuse, plus straight, mais pas light pour autant. Il s'acoquine un temps avec John Felice (que l'on retrouvera au sein des Real Kids), puis enrôle David Robinson (futur Cars), Jerry Harrison (futur Talking Heads) et Ernie Brooks (futur Elliott Murphy Band). Dès 1972, ils se font remarquer en assurant la première partie des New York Dolls (parlez d'une affiche !). La même année, ils enregistrent les fameuses sessions avec Kim Fowley, dont aucuns vieux schnocks sourds comme des pots (de chambre) des maisons de disques ne voudra. Un an plus tard, il retourne en studio avec John Cale, signe chez Warner Bros, mais l'ambiance se dégrade, s'envenime avec le producteur comme avec le label, et ce chef-d'oeuvre mettra finalement trois ans avant de paraître, alors que le groupe n'existe déjà plus (même si Jonathan continuera à utiliser le nom)... Du "1, 2, 3, 4, 5, 6" qui ouvre Roadrunner (bientôt repris par les jeunes Pistols) jusqu'à l'ultime coup de médiator qui termine Government center en passant par Pablo Picasso (couvert par John Cale, puis David Bowie), cet album est une suite d'enchantements. Je l'ai réécouté trois fois de suite en fin de semaine dernière et il n'a pas pris un semblant de ride. Si les guitares sont très velvetiennes (ce qui ne peut constituer un défaut), l'orgue quasi tex-mex et la voix de Jonathan (sans même parler des textes, géniaux, il va sans dire) qui semble mâcher un chewing-gum parfumé au bonheur, pendant qu'il s'égosille font la jolie différence. Vous devez tous déjà le posséder en plusieurs exemplaires, ce post n'est donc qu'un simple rappel : pour combattre l'hiver et la pluie qui ne cesse, le meilleur remède à la morosité demeure cet Himalaya jouissif !   
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]   


01 - Roadrunner
02 - Astral Plane
03 - Old World
04 - Pablo Picasso
05 - I'm Straight
06 - Dignified And Old
07 - She Cracked
08 - Hospital
09 - Someone I Care About
10 - Girl Friend
11 - Modern World
12 - Government Center
MP3 (320 kbps) + artwork



mercredi 17 janvier 2018

COLD SUN ~ Dark Shadows [1969]


Chut ! Il ne faut pas faire de bruit. Suivez-moi, on  descend dans la crypte sacrée. Poussez la porte avec précaution et regardez à la lueur chancelante de la torche. Elles sont là, scintillant faiblement dans la pénombre,  attendant qu’une bonne âme leur rende justice. Ce  sont les nuggets et autres œuvres perdues jonchant les caniveaux du rock, fantasme des collectionneurs de cire, que de vaillants orpailleurs ont décidé de sortir de l’oubli (en tirage limité bien sûr). Les esprits chagrins me diront que tous ces  joyaux ne se révèlent pas toujours à la hauteur de l’investissement mais qu’importe, ce qui compte c’est la quête, la chasse qui vous permettra  peut être de découvrir l’un de ces outsiders qui n’a pas eu la chance d’accéder au podium. Je vais vous dévoiler l’histoire d’une de ces pépites égarées mais tout ceci doit rester discret, entre nous, entre initiés… L’année 1966 constituera le sommet et  la fin de l’âge d’or du garage punk  américain qui aura duré à peine deux ans (1965/1966). En 1967, le mouvement musical et culturel dévoyé par la jeunesse blanche bascule dans l’ère psychédélique dont il ne s’est pas encore remis à ce jour. Des foyers d’infections mutants sont signalés dans tout le pays notamment au Texas où la fièvre prend des allures de pandémie virulente. Les héros de ce mouvement se nomment Roky Erickson et le 13th Floor Elevators (qui sera prochainement intronisé au panthéon du Duke soyez en sûrs ; et certainement pas ce baltringue de Johnny Thunders)  ou l’éclectique Mayo Thompson (Red Crayola) et tant d’autres à l’instar de leurs glorieux confédérés natifs du Texas (ZZ Top, Johnny Winter, Doug Sham, Josefus, Buthole Surfers, Buddy Holly ou Stevie Ray Vaughan...)  Quel que soit son style, on reconnait toujours un musicien  natif du Texas (et pas à cause de ces bottes et de son stetson) ! Le groupe Cold Sun viendrait d’Austin où il  enregistre son unique opus dans les légendaires studios Sonobeat en 1969 ou 1970 (les avis divergent) mais de façon assez tardive, alors que la première vague psychédélique est en train de se retirer et d’infecter provisoirement  le heavy rock. Il semblerait que nos lascars, trop jeunes en 1967, aient voulu perpétuer la flamme toujours incandescente des 13th Floord Elevators, mais cet élan de nostalgie signera la fin de leur aventure puisque l’album ne sortira jamais. Le label Rockadelic exhumera le disque en 1993 en réalisant  un  tirage limité  qui deviendra  illico un collector inaccessible faisant baver les collectionneurs impavides. Il sera ensuite joliment réédité en 2010 par un label allemand à destination du vil peuple. L’album improprement nommé Dark shadows lors de son édition  est composé de trois longues suites hypnotiques : Here in the year, Fall et Ra-ma, entrecoupé  de morceaux plus courts : See what you cause, Twisted flower, chantés par le bassiste, Mike Waugh, For ever et d’un morceau de bravoure : South Texas, qui ouvre le bal des hallucinations sur la première face. "Have you seen the eyes of the Gecko... ?" Je vous  laisse deviner la suite… Fermez les yeux, vissez bien le casque sur les oreilles, vous êtes prêts pour le grand voyage ? C’est parti, votre conscience supranaturelle a pris les commandes d’un pygargue à tête blanche déployant ses ailes au-dessus du territoire  sacré des Navajos peuplé de lézards géants, de cactus multicolores, dragons venimeux, nids de crotales  et autres créatures de la mythologie indienne que vous devrez affronter et vaincre dans un parcours initiatique digne de l’odyssée qui vous conduira dans la quatrième dimension cosmique. Après ce long vol en suspension au-dessus du désert, vous terminez en piqué dans l’océan pacifique  vers le continent perdu idyllique de MU qui deviendra votre refuge pour l’éternité. Un jour, il faudra que je vous parle de cet autre barré du cerveau,  un surfer  nommé Merrel Frankhauser qui forma le groupe MU(le continent perdu ah, ah !) avec Jeff Cotton première gâchette du Magic Band du "Capitaine Cœur de Bœuf", avant de se réfugier à Maui, une île d’Hawaï qui accueillera aussi  Sky Saxon (The Seeds), cet autre grand taré du rock et sa communauté Ya Ho Wha 13… D’un point de vue musical Dark shadows est extrêmement homogène. Tous les morceaux sont tissés sur un tempo alangui et mélancolique qui répète à dessein une trame hypnotique qui préfigure la musique des géants du krautrock. Cette trame est renforcée par les effets sonores envoûtants et intimidants de l’auto-harpe électrique utilisée par le chanteur Bill Miller (à l’instar de son Homologue Tommy Hall qui lui joue de la cruche électrique avec les Ascenseurs du Treizième). Un monstre de Gila surgit menaçant au détour d’un cactus, l’orchestre accélère le tempo, éloignant provisoirement le danger pour mieux revenir ensuite sur son orbite de prédilection, filant haut à eight miles high droit sur  la ligne du soleil écarlate. Vous sortez de  votre songe soudainement éveillé  par la balafre d’un trait d’harmonica (magnifique !). Les arpèges joliment fuzzy ou distordus de Tom McGarrigle (Je crois qu’il joue sur Gibson SG comme Cipollina) viennent s’enchevêtrer telle une liane de fleurs toxiques autour de cette base rythmique accentuant l’effet tripant de l’ensemble. Point de solos indigestes ici, la guitare répète à l’envie son mantra lancinant  sur les  riffs  d’auto harpe de Miller.  De nouveau la voix habitée aux accents garage vient déchirer cette torpeur,  nous rappelant qu’il est notre guide protecteur dans ce périple  initiatique. Bon, je rame ! Il faut que je m’envoie  une  autre décoction de Mescaline derrière la cravate…  Bon sang ! J’aurais mieux fait de rester peinard dans le sofa à me siroter un White Russian plutôt que de me lancer dans cette chronique décérébrante. Slurpp !  Ah, Il faut reconnaître, c’est du brutal !  Ouaah ! la montée, sévère ! Je retrouve la  connexion cosmique avec les esprits du Joshua Tree (pas celui de la bande à Bono,  sans déconner !) qui vont me permettre  de  terminer ce billet hallucinatoire. Donc, pour en finir, je citerai Jello Biafra (Dead Kennedys), un militant de la cause animale,  à propos de Cold Sun : "Ils jouaient comme s’ils avaient laissé leur corps dans le garage pendant que leur esprit planait au-dessus du Texas" et de poursuivre en affirmant que "Dark shadows est le plus le plus grand album de rock psychédélique de tous les temps", ce que je ne suis pas loin de penser. La légende voudrait que ce disque ait été conçu entièrement sous l’emprise du peyotl, un petit cactus hallucinogène fort  rependu au Mexique et au Texas. C’est du naturel ça au moins, du Bio ! pas comme les trucs chimiques trafiqués que s’envoyaient les groupes de Frisco. Elle est peut-être là la différence ? Qui peut savoir ce qui se passait dans la cervelle de ces jeunes gens à ce moment précis ? Alors, pour paraphraser  John Ford (un connaisseur en cactus) dans L'Homme qui tua Liberty Valance : "On est dans l'Ouest, ici (et au Texas, putain !) et quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende !"  
LE DUKE [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]
A écouter aussi : MU : The First Album [1974] [réédition Guerssen] 
A ne pas lire : James Churchward : The Lost continent of MU 


01 - South Texas
02 - Twisted Flower
03 - Here In The Year
04 - For Ever
05 - See What You Cause
06 - Fall
07 - Ra-Ma
08 - Live Again [Bonus - Live, 1972]
09 - Mind Aura [Bonus - Live, 1972]
MP3 (320 kbps) + artwork


lundi 15 janvier 2018

GALAXIE 500 ~ This Is Our Music [1990]


Les décennies passant, le Velvet Underground est devenu davantage qu'un groupe, presque un genre en soi. Ainsi, certains s'adonnèrent (presque) exclusivement au Velvet, comme d'autres se la jouaient psyché ou country funk... Je ne sais plus qui a dit : "copie, si tu as quelque chose à exprimer, cela sortira forcément." Ces trois jeunes gens écoutèrent beaucoup l'album "à la banane" et sans doute plus encore celui "au canapé" qui correspondait si bien à leur fragilité. Pour épicer l'affaire, ils compliquèrent la sauce en se tournant vers un autre fan du V.U. : le génial Jonathan Richman, et comme ils ne dédaignaient pas un petit rayon de soleil ou une lueur d'étoile, une pincé de Beach Boys et quelques relents lysergiques ne pourraient pas nuire. Au final, si le velvet transpire par tous les pores du sillon, l'ensemble de leurs influences, leur intelligence et leur sensibilité nous éviterait l'inutile copie. Amateur de langueurs, Galaxie 500 n'hésitait pourtant pas à tirer sur la corde raide quand il s'agissait d'expédier les guitares flirter aux bords des précipices. Leurs disques sont longs en bouche et réservent bien des surprises à chacune des écoutes... 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]         

  
01 - Fourth Of July
02 - Hearing Voices
03 - Spook
04 - Summertime
05 - Way Up High
06 - Listen, The Snow Is Falling
07 - Sorry
08 - Melt Away
09 - King Uf Spain, Pt. 2
10 - Here She Comes Now
MP3 (320 kbps) + artwork