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lundi 12 septembre 2022

GERARD MANSET ~ Le Crabe Aux Pinces D'Homme [2022]


Vite, une cuvette ! J'ai envie d'insulter, de crier et de pleurer mais avant ça, il faut que je régurgite rapidement ! Non, Monsieur Manset, vos admirateurs n'ont pas boudé vos deux précédents disques parce que vous y racontiez des histoires à travers des "concept albums" mais parce qu'ils étaient extrêmement mauvais - et celui-ci s'avère du même tonneau de liqueur frelatée. Ce "Crabe aux pinces d'hommes" (passons sur ce titre inepte) ne contient pas l'ombre d'une chanson ni le reflet d'une véritable mélodie. Tout au long (il m'a paru interminable) de ce machin informe, on a l'impression de dérouler un vieux papier peint bas de gamme... La moindre des déférences quand on est en panne d'inspiration, c'est de soigner la présentation. Ici, l'instrumentation est abominable : boîte à rythmes paraplégique; cuivres en plastique; orgue dégoulinant; guitare rappelant les pires heures du hard FM... Toute cette immonde quincaillerie se mêle et s'entremêlent dans un vilain chaos. Evidemment, chanter au milieu de ce bourbier n'est pas chose aisée. Les années ont fait perdre une octave au vieux bougre, mais ça ne l'empêche pas d'essayer des falsettos encore plus ridicules que ses tentatives, pourtant bien gratinées, de "talk over". Les textes pourraient sauver la mise. Hélas, dès qu'une phrase nous accroche (malgré les redites qui frôlent l'auto parodie), elle est écrabouillée par une rime téléphonée ou ridicule. "Ridicule", voilà deux fois que j'utilise l'adjectif, et je crois qu'il résume assez bien l'ensemble de cette œuvre complaisante et grotesque. Malgré ce qu'en dit l'adage, je crains qu'il ne puisse tuer. 

Jimmy JIMI 


01 - Dans Un Pays De Pain D’Epices
02 - Le Crabe Aux Pinces D’Homme
03 - L’Espérance
04 - Pantera
05 - Marilou-Marilou
06 - Sandales noires
07 - Laissez-Nous
08 - Une Histoire D’Amour
09 - Mais Elle Est Là
10 - La Fontaine De La Vérité D’Amour
MP3 (320 kbps) + front cover

mercredi 7 septembre 2022

D'AILLEURS STRAITS...


Suite des chroniques du Vieux Khôn... Pas plus tard que ce matin, au moment d'aller prendre le train, je suis tombé sur une affiche: "The Dire Straits Experience en concert au Zénith de Paris". Comme vous pouvez l'imaginer, je ne suis pas exactement un grand fan de ce groupe, mais je me dis quand même dans ma petite tête: "Tiens, les gars n'étaient pas séparés depuis des lustres? Certainement une énième reformation pour l'amour de l'art!" Arrivé au boulot, l'affaire continue de m’interroger, c'est surtout le mot "Experience" que je trouve louche. Je demande donc de l'aide à notre ami Google. Figurez vous qu'un certain Chris White (dont je n'avais évidemment jamais entendu parler), saxophoniste ténor et flutiste de son état, et qui n'a joué que sur un album tardif du groupe et quelques tournées, s'est mis en tête de former The Dire Straits Experience, un tribute band, quoi. Jusque là, rien de bien extraordinaire. Ce qui me sidère quelque peu, c'est que les bougres ne jouent pas dans des salles des fêtes mais parviennent à faire une tournée des Zénith de France avec des places allant de 42 à 78 euros! Il me semble que ça en dit long sur notre époque, tellement nostalgique et dépressive que des gens sont capables d'aller voir la copie, là même où ils voyaient l'originale, il n'y a pas si longtemps. "Eh, mec, t'es allé voir The Dire Straits Experience? C'était chouette, non? Chris White en personne m'a dédicacé mon CD de Communiqué, il joue pas dessus, mais c'est pas grave, de toute façon, c'est qu'une copie."

Jimmy JIMI              

lundi 5 septembre 2022

WILCO ~ Cruel Country [2022]


Wilco, comme tout un chacun, nous propose désormais de réécouter ses chefs-d’œuvre d'antan en version "Deluxe". J'avoue me sentir moyennement disposé à plonger des heures dans un bain d'enregistrements live. Je préfère rejouer leur dernier disque, déjà replet, puisqu'il s'agit d'un bon gros double album à l'ancienne. La Covid et les périodes de confinement sont passées par là et les artistes (les vrais) ressentent un véritable besoin de s'exprimer. Autant l'écrire tout de suite, ce Cruel country (à double sens) m'a bouleversé comme trop peu de disques ont su le faire ces dernières années. Il n'est pourtant pas si facile d'accès. Ses longs morceaux lents donnent l'impression de se promener sur une plage déserte au couché du soleil. C'est très beau, mais ça peut rapidement donner envie de s'enrouler dans la nostalgie et la mélancolie. Ici, Jeff Tweedy et ses amis regardent leur pays et le monde actuel au fond des yeux et se risquent au jeu dangereux de l'amour/haine. La magnificence des mélodies et des enluminures font office d'espoir...

Jimmy JIMI    


 

01 - I Am My Mother
02 - Cruel Country
03 - Hints
04 - Ambulance
05 - The Empty Condor
06 - Tonight's The Day
07 - All Across The World
08 - Darkness Is Cheap
09 - Bird Without A Tail - Base Of My Skull
10 - Tired Of Taking It Out On You
11 - The Universe
12 - Many Worlds
13 - Hearts Hard To Find
14 - Falling Apart (Right Now)
15 - Please Be Wrong
16 - Story To Tell
17 - A Lifetime To Find
18 - Country Song Upside Down
19 - Mystery Binds
20 - Sad Kind Of Way
21 - The Plains
MP3 (320 kbps) + front cover

     

jeudi 1 septembre 2022

PIERRES QUI MOUSSENT...


Il paraît que les Rolling Stones étaient sur les routes, cet été. Sans Brian Jones évidemment. Sans Mick Taylor bien sûr. Sans Bill Wyman ou Ian Stewart non plus. Et désormais sans Charlie Watts. Les musiciens seraient-ils donc tous interchangeables? A l'occasion, il faudrait le demander à Jean-Jacques Burnel. Dans cinq ou dix ans, nous ne sommes pas à l'abri d'une tournée sans Mick Jagger ou Keith Richards. Finalement, tout cela n'a plus beaucoup d'importance. Les vieux viennent s'offrir une tranche de nostalgie comme on allume un jukebox aux disques rayés, certes, mais porteurs de tant de souvenirs. Les jeunes (la rumeur persiste à dire qu'ils viennent en nombre) se déplacent comme on va au musée ou au parc zoologique. Ils ne s'attendent certainement pas à vivre une révélation (heureusement pour eux): au zoo, on voit des vieux tigres tourner mélancoliquement dans des cages, pas de jeunes fauves en liberté prêts à vous déchirer le cœur. Le moment le plus important, c'est celui où ils se filmeront avec leur téléphone portable en train de reprendre le refrain de Satisfaction au milieu de la foule. A la sortie, ils achèteront un T-shirt pour leur petite sœur; ça remplacera celui des Ramones. Les Stones, comme les autres, ne se sentent même plus obligés d'enregistrer un nouvel album inepte pour organiser une tournée: c'est toujours ça d'économisé. N'allez pas croire que j'oublie mon chouchou, le gars Ron Wood. Il se repose un peu avant de retourner en piste avec son pote Rod Stewart pour une tournée des Faces. Finalement, tout cela n'a plus beaucoup d'importance... sauf à nous faire sentir si incroyablement vieux. 

Jimmy JIMI               

lundi 25 avril 2022

THE LYRES ~ Lucky seven [C. 2017]


 

Le disquaire de Madrid avait eu le bon goût et la gentillesse de joindre un petit bonus à la commande d’une réédition du magnifique quatrième album de Télévision Personalities : The Painted world. Le CD scotché dans son plus simple appareil indiquait : Lucky seven / The Lyres sur Munster Records. C’était mon jour de chance, effectivement, mais quelle idée de connecter les TV Personalities et les Lyres et de tomber pile sur le clampin qui adore les deux. Cet événement devait m’inciter à un travail d’introspection avancé sur le sens que je  devais donner à cette incohérente fuite en avant discographique. Le jour suivant, un de mes acolytes  avouait en dévoilant notre set list à base de covers des Groovies et consorts à un jeune gratteux talentueux : "Tu sais, on n’écoute pas ça tous les jours, d’ailleurs personne ne connaît vraiment ces morceaux... comme cela on peut faire croire qu’ils sont de nous,  malin !" Le bougre n’en connaissait effectivement aucun à par Harlem shuffle et encore à cause de la version des Stones qui n’arrive pas à la cheville de celle de Bob and  Earl. OK me suis-je dit, il veut recruter le jeunot en évitant de nous faire passer pour une bande de Cromagnons comme les Troggs, mais comment va réagir le puceau à l’écoute de ces perles ? Pendant que mon pote fanfaronnait en expliquant qu’il écoutait plutôt de l’americana, j’avouais piteusement que mon spectre musical était plus étendu que cela. La semaine suivante, notre jeune Mick Taylor qui avait potassé le répertoire me lâchait après avoir giclé le solo de Strychnine : "putain, j’adore ce morceau !" Tu parles ! c’est du rock garage, la honte ! Mais pour moi, c’est juste du rock'n'roll qui me fait le même effet que Be bop  a  lula  ou Johnny B. Goode. Dans le dernier numéro de Rock & folk, le magazine de vieux qui fait croire qu’il s’adresse au jeunes, j’ai trouvé que Nick Kent n’avait pas très bonne mine, affublé d’un bonnet de nuit, il semble pantoufler dangereusement dans un appartement rococo minimaliste couvé par le regard  bienveillant de Ian Curtis et Charlie Manson placés sur la devanture de sa petite bibliothèque. "Le rock n’oscille plus, il stagne… John Lydon est un connard, Lou Reed n’est pas sympa , Iggy est cool" et de nous (re)servir la sempiternelle fable du punk rock qui terrasse le prog boursouflé et le rock californien cocaïné. Alors que c’est totalement faux, tous les Supertramp, Queen, Toto, Fleetwood Mac, Eagles, Yes, Genesis, ELO Foreigner... et j’en oublie tellement ils étaient nombreux et je ne parle pas du disco qui était à son pic, n’ont jamais vendu autant de disques qu’à cette époque et continué de prospérer dans les années 80 alors que le punk était déjà moribond en 1978. Bref on n’apprend pas grand-chose de nouveau sauf que Sticky fingers est un chef-d’œuvre parce que  TOUTES les chansons de l’album sont des chefs-d’œuvre ! Alors là,  je tire mon chapeau à N.K. pour cette brillante analyse partagée. Rachel Nagy des Detroit Cobras viens de nous quitter. Une vie en rock pour dame Rachel ! Sonnez trompettes, résonnez haut bois, moussez binouzes en hommage à la déesse trash des reprises improbables! Pour dénicher des covers aussi pointues, il n’y avait guère que les Cramps, mais c’était avant Internet. A propos d’Internet me voici converti au téléchargement illégal à base de séances de masturbation quotidiennes. Hier, j’ai rentré Street rats de Humble Pie et le troisième album de Jojo Gunne : Jumpin’ the Gunne (disque du mois de juin 1973 dans Best) que je trouve très bien et que je vais commander en vinyle chez le revendeur le plus compétitif. Je dois être  complètement con de faire ça, mais je ne peux pas m’en empêcher. On t’as dit que c’était GRATUIT ! t’es bouché ou quoi ?! Avec la hausse du pétrole, les vinyles sont hors de prix, mais c’est aussi devenu un placement spéculatif comme les vieilles grattes; je viens de découvrir que l’album Maybe tomorrow des Iveys (Pré Badfinger) pressé par Apple en Italie que j’avais dégoté pour moins de 30 francs dans un bac à promos valait maintenant plus de 700 € Ouah ! En plusmon exemplaire est mint, vu je ne l’ai pratiquement jamais écouté. Je vais devoir réévaluer le niveau artistique de cette pépite au regard de sa nouvelle valeur marchande. Best ressort en version trimestrielle apprends-je en feuilletant Les Echos, la feuille de choux très Rock ‘n’roll. L’investisseur suisse qui possède les droits du magazine Playboy pour l’Europe a décidé de relancer la célèbre marque en confiant la direction artistique du journal au double félon Patrick Eudeline qui avait  jadis prêté allégeance à l’ennemi R & F. Le concept reste assez fumeux puisque le magazine se présente comme un mook (traduire magazine-livre) à collectionner et d’un site internet gratuit servant de vitrine à un concours de radio crochet en version papier ! Le propriétaire David Swelaens-Kane (ne pas confondre avec Citizen Kane) nous explique : "les entrepreneurs sont les nouvelles rock-stars, pour moi Elon Musk est le nouveau Bob Dylan..." Quel crève-cœur pour tous les inconditionnels de Best dont je fis parti. Heureusement, Dita Von Teese est en couverture et peut être sur le poster ? L’important étant de créer des synergies avec le magazine Playboy pour respecter le business plan. Je serai à votre place, je m’empresserai de casser mon livret A pour tout miser sur ce nouveau canard qui va rapporter gros. Le rock est tombé dans un vide intersidéral, ce n’est pas Hawkwind qui peut nous le ramener. Jump blues, rockabilly, rythm'n'blues, rock'n'roll, british beat, freakbeat, garage punk, classic rock, hard rock, boogie rock, southern rock, country rock, soft rock, space rock, krautrock, glam rock, pub rock, punk rock, new wave, psychobilly, power pop... tout cela, c’est juste la même crème glacée à la chantilly à sucer goulûment en remuant la tête ou le postérieur, puis vous revenez le lendemain et vous demandez un nouveau parfum au crémier. Zappa, il me flanque mal à la tête  parfois,  Nico me fout les jetons, mais aujourd’hui je n’ai plus aucun groupe à vomir ni à aduler, le rock est devenu aussi triste, que la tête de Nick Kent. Lester Bangs disait que le rock'n'roll était une blague, un tas de conneries, un accident de l’histoire. "Cette blague ne pourra jamais se dessécher car c’est la super vanne la plus forte, la plus coriace, la plus INVINCIBLE de toute l’histoire." Mais les choses ont fini par se gâter justement après le punk quand certains se sont mis à penser que cette connerie pourrait être de l’art (Merci Mr. Bowie pour votre grand génie), le rock s’est écartelé, les bas du front sont partis dans le métal et le reste  du troupeau s’est éparpillé dans de multiples chapelles célébrant des cultes hérétiques. Le rock alternatif / indépendant, mais c’est quoi ce concept à la manque ? Alors quoi ! vous ne voulez plus devenir des rock-stars, vous rouler des liasses de billets, lever des poupées carosséees  comme  des Lamborghinis, descendre des soupières de champagne, surfer des montagnes de poudre et vous faire arnaquer par des managers véreux ? Pfff, vous préférez Kraftwerk à Jerry Lee ? Et les kids ? Vous avez pensé aux kids ? Ils sont où les nouveaux Rubettes et Osmond Brothers ? Vous croyez qu’ils vont se mettre à écouter la même musique merdique que leur vieux ? Et les fêlés en tout genre, ils sont tous enfermés à l’asile ? Faut vous remettre au LSD au plus  vite ! Alors, en attendant le retour IMPROBABLE de la super-vanne, une petite lampée du Mono Mann Jeff Connoly qui sait manier le tambourin et le Farfisa  avec ses Lyres, c’est juste du garage (beurk!) mais ça fait du bien. Slurp !!!

THE DUKE [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire!]

 


 

 

01 - How Do You Know? [Live]

02 -  It's All Right [Live]

03 - How Do You Know?

04 -  Don't Give It Up Now

05 -  Buried Alive

06 - High On Yourself

07 -  What A Girl Can't Do

08 -  Help You Ann

09 - I Really Want You Right Now

10 - Someone Who'll Treat You Right Now

11 - I'll Try Anyway

12 - She Pays The Rent

13 - Not Looking Back

14 - You Won't Be Sad Anymore

15 - Here's A Heart

16 - We Sell Soul

MP3 (320 kbps) + front cover

COOL 220