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vendredi 15 décembre 2017

PATRICK EUDELINE ~ Les Panthères Grises (roman) [2017]


Ces panthères ont le poil gris (quand il en reste). Elles rôdent en ville en rasant les murs tels des vampires édentés qui ne mordent plus qu'au fond de leurs songes troublés... Les vieux fauves sont à quelques heures de la retraite mais, sous leur chemise, bat encore un cœur de gamin avec son lot de fantasmes inassouvis. Le monde a changé et les nouveaux sexagénaires peinent à le reconnaître, comme ils peinent à comprendre leurs enfants et leurs petits enfants, toujours débordés par les mille et un minuscules jeux de pistes proposés par leur téléphone ou les réseaux sociaux, mais ignorants de la passion... Les aiguilles tournent, à l'endroit ou à l'envers, et au milieu de ce fatras dissonant, une poignée de panthères grises se demandent si un dernier coup d'éclat serait encore envisageable...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]

      

mercredi 13 décembre 2017

HUMBLE PIE ~ As Safe As Yesterday Is [D.R.] [1969]


J'ai acheté les disques de Humble Pie (ce nom !) sans jamais beaucoup les écouter... Tout ça, c'est la faute de Johnny, pardi ! C'est pendant l'enregistrement de Rivière... ouvre ton lit que Steve Marriott rencontra Peter Frampton (ex. The Herd) et qu'il décida de demander aux Small Faces de l'enrôler, lesquels lui répondirent d'aller voir ailleurs s'ils y étaient. Comme ils ne s'y trouvaient point, les deux nouveaux amis s'en furent créer Humble Pie (dans l’intervalle, Marriott refusa de monter Led Zeppelin avec Jimmy Page (celui-ci, comme par hasard, jouait également sur Rivière), laissant à Robert Plant le soin de l'imiter à l'envi). Tout ça, c'est peut-être aussi un peu la faute de Jimi Hendrix. Après son passage à Londres, l'immense majorité des guitaristes abandonnèrent le maximum rhythm'n'blues et la pop baroque pour s'acheter de plus gros amplis avec tout plein de pédales pour fomenter un boucan toujours plus lourd dans le but d'aller piller la lucrative Amérique. Ce fut la fin de l'âge d'or du Swinging London... Les albums de Humble Pie ne sont pas mauvais, ils font même partis des meilleurs dans leur genre, mais, arrivé en milieu de disque, malgré la voix et les riffs taillés au cran d'arrêt, j'ai invariablement envie de quitter le puissant navire pour retrouver l'élégante nervosité des Small Faces (ou la grâce bordélique des Faces car, cas unique dans toute l'histoire du rock'n'roll, la perte de leur chanteur et guitariste n'avait pas eu raison de nos vaillants camarades). En vérité, je ne sais trop ce que ce disque fiche ici, je crois que la disparition de Johnny me travaille plus que de raison...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]   
P.S. : en fait, s'il ne s'agissait pas de Marriott, si je ne pouvais faire de comparaison avec son passé, j'aurais peut-être aimé le Pie deux fois plus... 

     
01 - Desperation
02 - Stick Shift
03 - Buttermilk Boy
04 - Growing Closer
05 - As Safe As Yesterday Is
06 - Bang!
07 - Alabama '69
08 - I'll Go Alone
09 - A Nifty Little Number Like You
10 - What You Will
11 - Natural Born Bugie [Single A-Side,1969]
12 - Wrist Job [Single B-Side,1969]
MP3 (320 kbps) + artwork



vendredi 8 décembre 2017

LARKIN POE ~ Peach [2017]


Je doute que les frangines Lovell aient jamais écouté le gars Johnny, pour autant, toute la musique qu'elles aiment, elle vient de là, elle vient du blues... Avec les moyens du bord, mais un talent certain et la belle insolence de la jeunesse, elles expédient un blues punk jouissif de derrière les fagots. Tantôt chattes, tantôt tigresses, les mignonnes caressent ou violentent le vieil idiome avec la même grâce sexy sans jamais sombrer dans le racolage. Testé (à fort volume) un soir de pleine lune entre un incunable de Lead Belly et un chef-d'oeuvre du Gun Club, l'album des donzelles fait mieux qu'assurer.   
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]  


01 - Come On In My Kitchen
02 - Freedom
03 - Black Betty
04 - Look Away
05 - Preachin' Blues
06 - Cast Em Out
07 - Pink & Red
08 - John The Revelator
09 - Wanted Woman  ACDC
10 - Tom Devil
MP3 (320 kbps) + front cover


mercredi 6 décembre 2017

On a tous en nous quelque chose de Johnny ?


Quand j'étais gosse, ce qui ne date pas exactement d'hier, Johnny Hallyday était déjà embarrassant pour ne pas dire totalement ringard. Avec les copains, nous aurions préféré écouter à peu prêt n'importe quoi plutôt que Johnny. Pour autant, un jour, il fallut que je me rende à la FNAC en cachette. Vous n'imaginez tout de même pas que j'allais me priver d'un disque sur lequel jouait Steve Marriott... Depuis, j'ai remonté le fil. En ce qui me concerne, les exploits de Johnny tiennent sur une petite dizaine d'années; ensuite, l'affaire se dégrade considérablement pour conduire, parfois, vers des choses pour le moins navrantes... Ce matin, j'ai surtout pensé à ces milliers de fans éplorés qui viennent de dire adieu à leur idole, et qui ont du voir leur jeunesse passer en accéléré. J'ai réécouté Rivière... ouvre ton lit et songé à l'immense sincérité du bonhomme...
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]

    

lundi 4 décembre 2017

LHASA ~ Lhasa Live In Reykjavik [2009 (2017)]


Elle est tombée de scène, un ange l'a prise sous son aile pour la ramener au pays des fées... Mon encrier est plein de larmes, débrouillez vous avec ça.
Jimmy JIMI 


01 - Is Anything Wrong
02 - Bells
03 - Rising
04 - Con Toda Palabra
05 - Love Came Here
06 - The Lonely Spider
07 - Fool's Gold
08 - Fish On Land
09 - La Confession
10 - De Cara A La Pared
11 - 1001 Nights
12 - Para El Fin Del Mundo
13 - A Change Is Gonna Come
14 - Anyone & Everyone
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 82


jeudi 30 novembre 2017

Jazz En France - Volume VIII : Michel Petrucciani [HMC. 2017]


"Je suis un mec qui perd pas de temps." Michel Petrucciani pressentait que sa vie serait brève, et il l'a menée tambour battant. Premier enregistrement à l'âge de dix-sept ans, où il fait déjà preuve d'une maturité étonnante. L'année suivante, il s'installe en Californie où il convainc le saxophoniste Charles Lloyd de remonter sur scène. Au cours d'une courte carrière de dix-neuf ans, il grave vingt-quatre albums sur lesquels il croise la route de noms prestigieux du jazz français et international : Wayne Shorter, Marcus Miller, Joe Lovano, Eddie Louiss, Aldo Romano. Malgré cela, l'essentiel de sa discographie se compose de sessions en solo, en duo ou en trio. Le style volubile du Michel des premières années s'accommode d'ailleurs mieux de ces petites formations. Ce florilège respecte méticuleusement la chronologie, sans exclure les premières sessions où Michel joue sur des pianos un peu douteux, voire complètement désaccordés, comme dans l'album Estate enregistré en Italie sur un piano qui tient plus de la casserole que d'un instrument digne du pianiste orangeais. C'est en partie pour cette raison qu'on trouve une deuxième version de ce thème (Estate) cher aux aficionados de Claude Nougaro. Deux versions également de September second, d'abord parce ce thème est magnifique et ensuite parce qu'elles sont suffisamment différentes pour illustrer deux facettes du musicien. Il n'y a quasiment rien à jeter dans la discographie de Michel Petrucciani, mais je vous recommande particulièrement Lovelee, en duo avec Steve Lacy, enregistré au Bösendorfer Center de Paris sur un excellent piano. Également la première version de September song avec une section rythmique fabuleuse, composée notamment d'Omar Hakim (Weather Report, Steps Ahead, David Bowie), l'un des meilleurs batteurs à avoir accompagné Michel. Et aussi Turn around enregistré en public au Newport Jazz Festival où l'on entend Michel ânonner à la manière d'un Glenn Gould ou d'un Keith Jarrett. Pour la même raison, prêtez une oreille attentive à Charlie Brown avec Tony Williams et une section de cordes, à Chimes avec Steve Gadd, et au monument du jazz français Les Grelots avec Eddie Louiss. Michel repose en bonne compagnie au cimetière du Père-Lachaise, à côté de Frédéric Chopin, de Jim Morrison ou de Mano Solo. Je me souviendrai toujours de son arrivée sur scène dans les bras d'Aldo Romano et de sa façon de sauter d'un bout à l'autre du clavier en s'appuyant des deux mains sur son siège.
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]

"Je raconte à Sylvie comment j'ai connu Petrucciani dès 1976 par René Giner à Béziers, à Sète, dans toute la région que ce "Jazzimodo" écumait. On se moquait de lui (surtout Paudras), mais peu à peu, du "C'est pas mal pour son âge et sa difformité", le milieu du jazz est passé à "C'est génial malgré son handicap". De monstrueux, il était devenu "monstrueux". Je le reverrai toujours au Cardinal Paf en 1980 pour la sortie de To Bird with love. Aldo Romano avait un peu le bras fatigué de le porter comme un fauconnier son oiseau précieux et redoutable, alors il l'a installé dans une niche de la cave voûtée. Dans la pénombre enfumée, Petrucciani ressemblait à une gargouille médiévale encastrée dans la pierre, vomissant des jurons..." (Marc-Edouard NABE in Kamikaze, Journal Intime 4)
Michel Petrucciani est comme les très belles actrices, on parle toujours de son physique avant d'évoquer son talent ! Enfin assit sur le tabouret, il pouvait oublier ce corps ingrat et le regard des autres, transformé en une oreille géante et décollée par le plaisir. Là, il lâchait ses doigts telle une armée d'araignées à l'attaque des touches d'ivoire. Là, le freak devenait magicien...
Jimmy JIMI


CD1 :
01 - Hommage A Enelram Atsenig (1981)
02 - Afro Blues (1981)
03 - Estate (1982)
04 - Lee Konitz & Michel Petrucciani - Lovelee (1982)
05 - Amalgame (1982)
06 - Turn Around (1983)
07 - Say It Again And Again (1984)
08 - Bimini (1986)
09 - She Did It Again (1987)
10 - O Nana Oye (1989)
11 - September Second (1991)
CD2 :
12 - Estate (Live At The Arsenal 1991)
13 - Billie's Bounce (1992)
14 - In A Sentimental Mood (1993)
15 - Blues In The Closet (1994)
16 - Besame Mucho (1994)
17 - Charlie Brown (1994)
18 - Les Grelots (1994)
19 - Little Peace In C For U (1995)
20 - Chimes (1997)
21 - September Second (1997)
MP3 (320 kbps) + front cover


mardi 28 novembre 2017

JOHNNY THUNDERS & THE HEARTBREAKERS ~ L.A.M.F. The Lost '77 Mixes [40th Anniversary Remastered] [1977]


Le voici remasterisé de frais et on ne va pas faire semblant d'avoir envie de le réécouter pour la énième fois... Certains fouilleurs de crottes de nez n'hésitent pas à dire que la cote de Johnny Thunders est surévaluée : voila qui est croquignolet ! Les deux premiers New York Dolls (quoiqu'on pense de leur production), ce Like a mother fucker, So Alone, Hurt me, sans oublier le délicieux Copy cats enregistré avec Patti Palladin... J'en connais qui tueraient toute leur famille et l'ensemble du voisinage pour avoir une telle discographie !... Un album pareil mériterait un livre à lui seul pour conter le changement de nom, le bassiste démissionnaire (une spécialité de Richard Hell), les différents mixes, le batteur overdosant dans la baignoire, Londres à feu et à sang (avec la vente de seringues multipliée par cent car tout n'est pas forcément glamour dans cette histoire), les looks de dandies décharnés et, surtout, cette ribambelle de chansons qui, mieux que des tubes, sont toutes des hymnes à apprendre par cœur. Ce disque mérite le plus beau des compliments : il donnait envie de fonder un groupe... Je l'ai réécouté, ce matin, sur le chemin du boulot, et j'ai pleuré de joie, tout seul dans mon coin, sur le quai de la gare de Juvisy ! Ah, cette rythmique qui pousse vers les derniers retranchements sans jamais bourriner; ces guitares (refusant les trop faciles effets mitraillettes) qui saignent les étoiles à blanc; cette voix de voyou séducteur tellement sexy... Sous les riffs vicieux (et c'est l'un des immenses tours de passe passe de ce chef-d'oeuvre), on peut entendre l'écho magique des mantras fifties, du maximum rhythm'n'blues, du doo wop, des girls groups... C'est un condensé parfait de rock'n'roll joué avec une rage et une émotion futuristes ! On a rarement fait aussi magnifique.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]                   


01 - Born To Lose
02 - Baby Talk
03 - All By Myself
04 - I Wanna Be Loved
05 - It's Not Enough
06 - Chinese Rocks
07 - Get Off The Phone
08 - Pirate Love
09 - One Track Mind
10 - I Love You
11 - Goin' Steady
12 - Let Go
13 - Can't Keep My Eyes On You
14 - Do You Love Me
MP3 (320 kbps) + front cover