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lundi 22 octobre 2018

MARILINA BERTOLDI ~ Prender Un Fuego [2018]



Il existe des familles touchées par la grâce. Lorsque papa Bertoldi commence à faire écouter des disques de AC/DC et Aerosmith à ses deux filles, il ne se doutait pas qu'il contribuerait à changer la musique rock de son pays. L'aînée, Lula, forme son premier groupe à quatorze ans. Elle joue actuellement au sein de Eruca Sativa, l'un des groupes les plus intéressants de la scène argentine. Marilina, sa petite sœur de trois ans sa cadette, quitte sa famille avec sa guitare sous la bras pour s'installer seule à Buenos Aires. Elle publie sur YouTube un morceau acoustique où l'énergie de la jeune rockeuse de dix-neuf ans transperce l'écran.  La vidéo fait le buzz dans la capitale. Puis elle monte le groupe Marilina Connor Questa, un jeu de mots sur "Marilina con orquesta", je ne vous fais pas l'injure de traduire. Connor Questa rencontre un succès énorme en Argentine et commence à tourner en Amérique latine. C'est en pleine gloire que Marilina met un terme à l'expérience pour se lancer dans une carrière solo. En avril 2016 sort Sexo con modelos, un album coup de poing qui marque les esprits et occupe nuit et jour toute la bande FM (et AM, il en reste encore !) de la capitale. Samedi 13 et dimanche 14 octobre, Marilina assurera à Buenos Aires la présentation de son second album, Prender un fuego, qu'elle a produit elle-même. C'est donc en avant-première que je vous invite à découvrir cet album dont le son doit beaucoup aux arrangements du britannique Matt Colton (Muse, Coldplay, Peter Gabriel, Christine and the Queen, etc.).
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !] 

 
01 - O No
02 - Fumar De Día
03 - La Casa De A
04 - Nunca
05 - Correte
06 - China
07 - Tito Volvé
08 - Intervalo
09 - Techo
10 - Remis
11 - Prender Un Fuego
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 134 

mercredi 10 octobre 2018

BEN VAUGHN ~ Imitation Wood Grain And Other Folk Songs [2018]


"Alright, tchick-a-tchick-tchick-tchick."
J’ai l’impression que cette année les pépites tombent du ciel (si vous voulez la liste il suffit de la demander) et qu’Yggdra a raison : à ce rythme-là on va jamais y arriver, surtout si TJW s’y met. D’un côté ça m’arrange, flemmard comme je suis ça me donne une excuse pour pas m’étaler dans ces parages : "je sais pas quoi choisir, je sais pas par où commencer." Du coup si l’idée c’est de rendre service (un crédo chez moi) le mieux c’est de pas vous emmerder trop longtemps. 33 minutes, c’est la durée de ce disque, voyez, ça sera pas long (le dernier Ron Gallo que j’écoute à l’instant culmine à 35 ça fait déjà trop). Et la dernière fois qu’un disque faisait 33 minutes vous ne vous en souvenez même plus mais c’était un 33T (haha!), soit de JJ Cale soit des faux-frangins Ramoneurs. Tentant serait le raccourci suivant et vous l’attendez au tournant :  "et justement, si on croisait l’un avec les autres"… que dalle, n’y comptez pas ! Pas non plus de temps à perdre à analyser la production ou la richesse de l’instrumentation là y a qu’une voix et une guitare, autant dire que c’est du frugal. Enfin non, y a aussi une trompette. C’est avec sa bouche qu’il fait la trompette mais on s’y croirait. Ah, la chambre d’écho aussi il la fait très bien, mais comment vous dire, mais comment vous dire, j’aurais du mal à la décrire, j’aurais du mal à la décrire. Ben Vaughn est un drôle de lascar, ses morceaux les plus guillerets sont parfois les plus noirs, et vice-versa, et derrière la légèreté d’un couplet vous reviendra la férocité, souvent auto-dirigée, du propos. Le plus fort étant que ça sautera aux oreilles de tous, même ceux peu roués aux subtilités de la langue de Shakespeare (dont il paraît qu’elle était pâteuse tous les matins vu qu’il se torchait la gueule tous les soirs, mais c’est une autre histoire). Les textes de Ben Vaughn sont d’une accessibilité déconcertante, il suffit d’un minimum d’attention pour tout capter, et croyez-moi la récompense est au bout de l’effort. Goûtez-moi donc ce florilège miraculeux de fausse naïveté, de douce-amertume, d’humour décalé, de bonne humeur malgré tout et de culture rock’n’rollienne profonde. Cette culture se glissera en douce, sans ostentation aucune, au détour de petites phrases ou dans le titre même de certaines chansons de cet Imitation grain and other folk songs qui, comme sa pochette et son titre en témoignent, ressemble à une petite récréation que l’ami Ben (ça c’est de la formule !) se serait accordée entre ses activités multiples et variées que je vous laisserai découvrir ailleurs si ça vous intéresse. Sachez juste qu’il diffuse une émission radio hebdomadaire, pas de tabouret dans le studio parce qu’"assis tu peux pas danser", compose des génériques Ciné-TV, produit d’autres artistes, a enregistré des disques tout seul dans sa voiture ou dans le désert, avec différents groupes, et même avec Kim Fowley ou Chilton & Vega (si-si!), ça c’est pour le boulot, et possède Metal machine music en cartouche 8 pistes pour l’écouter dans sa voiture, ça c’est pour la culture (et en plus ça rime). De mon côté, dès le jour où j’ai acheté Blows your mind (c’était un 33T qui durait plus de 33 mn), juste parce que j’en trouvais le nom du mec et la pochette géniaux, je me suis décrété Plus Grand Fan du Monde de Ben Vaughn, en accord avec moi-même. C’est un peu prétentieux mais c’est pas grave, à part vous personne n’est au courant. Depuis ce jour de 1988 jamais le  loustic ne m’a déçu. Certes il faut parfois batailler ferme pour trouver ses enregistrements, ou compter sur le hasard, mais le résultat en vaut toujours la peine, comme l’effort cité plus haut. On n’a rien sans rien. Imitation wood grain, bien qu’un peu à part dans sa discographie, m’a transporté dès la première mesure dans cet univers dans lequel je me sens comme chez moi, si ce n’est que chez moi y a des tabourets. Pourtant l’exercice du disque acoustique ultra-dépouillé c’est casse-gueule (sauf quand on s’appelle, au hasard, Tony Joe) et le résultat oppose régulièrement l’attitude : "il est génial ce disque", au comportement : "je ne l’écoute jamais". Moi j’ai un truc si je veux pas me mentir, je jette un coup d’œil au compteur iTunes. Alors certes Jurado écrase la concurrence mais au milieu d’une cuvée 2018 d’une richesse étonnante (si vous voulez la liste etc.) ce Ben Vaughn… bah ce Ben Vaughn je l’écoute tout le temps quoi. Et chaque fois que je l’écoute, devinez quoi : il Blows my mind. Conclusion pourrie, c’était juste pour voir si vous suiviez.
Everett W. GILLES [Please take some time and leave a comment !]
 

 
01 - When Love Returns
02 - People It's Bad
03 - Meanwhile (Back In The Jungle)
04 - Look What The Cat Dragged In
05 - Imitation Wood Grain
06 - Rock Bottom
07 - Rain Songs
08 - Echo Chamber Blues
09 - Somebody Don't Love Somebody
10 - Apropos Of Nothing
MP3 (320 kbps) + front cover
 
 

lundi 8 octobre 2018

JOE STRUMMER ~ 001 [2CD] [C. 2018]


Joe Strummer avait un cœur gros comme ça (non, encore plus gros), mais celui-ci était si fragile. Il aura vécu toute sa vie avec une guitare entre les mains et une épée de Damoclès en équilibre précaire au-dessus de la tête. Ses albums post Clash étaient souvent inégaux, mais on s'en foutait, ils nous donnaient des nouvelles d'un pote (presque d'un frère). Ce généreux florilège n'apporte rien de plus à la légende, mais on est en droit de s'en foutre également ! Compter les postillons qui éclaboussent ses mots console toujours autant !... La nuit était tellement noire, qu'elle semblait presque bleue. Je suis sorti de chez moi pour suivre le hasard à travers les rues sourdes. J'ai monté le son jusqu'à convoquer un maximum de souvenirs. Je me suis bientôt mis à danser sur un reggae cabossé. Qu'est-ce que je pourrais bien vous raconter d'autre au sujet de John Graham Mellor que vous ne sachiez déjà ?  Il nous manque, mais vous étiez déjà au courant.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]   


CD1 :
01 - Letsagetabitarockin'
02 - Keys To Your Heart [Vers 2]
03 - Love Kills
04 - Tennessee Rain
05 - Trash City
06 - 15th Brigade
07 - Ride Your Donkey
08 - Burning Lights
09 - Afro-Cuban Be Bop
10 - Sand Paper Blues
11 - Generations
12 - It's A Rockin' World
13 - Yalla Yalla
14 - X-Ray Style
15 - Johnny Appleseed
16 - Minstrel Boy
17 - Redemption Song
18 - Over The Border
19 - Coma Girl
20 - Silver And Gold Before I Grow Too Old
CD2 :
01 - Letsagetabitarockin' Strummer Demo
02 - Czechoslovak Song  Where Is England
03 - Pouring Rain 1984
04 - Blues On The River
05 - Crying On 23rd
06 - 2 Bullets
07 - When Pigs Fly
08 - Pouring Rain 1993
09 - Rose Of Erin
10 - The Cool Impossible
11 - London Is Burning
12 - US North
MP3 (320 kbps) + front cover 

mardi 2 octobre 2018

TONY JOE WHITE ~ Bad Mouthin' [2018]


Avec ce Bad Mouthin', le génial Tony Joe White abandonne pour un temps son merveilleux swamp pour taquiner les racines du blues. Ce nouvel album ne vous sautera pas immédiatement à la gorge, il s'agit d'un disque essentiellement acoustique et très intimiste qui réclame d'être bien infusé. Si vous savez être un tout petit peu patient, sa magnificence s'offrira alors et saura couler délicieusement sur quelque plaie demeurée ouverte... Magnifique.
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !] 


01 - Bad Mouthin'
02 - Baby Please Don't Go
03 - Cool Town Woman
04 - Boom Boom
05 - Big Boss Man
06 - Sundown Blues
07 - Rich Woman Blues
08 - Bad Dreams
09 - Awful Dreams
10 - Down The Dirt Road Blues
11 - Stockholm Blues
12 - Heartbreak Hotel
MP3 (320 kbps) + front cover 

 

 

mercredi 26 septembre 2018

BEATRIZ NUNES ~ Canto Primeiro [2018]


VIAGEM A PORTUGAL # 4

Vous avez été sages, alors chose promise, chose due. Voici notre quatrième voyage au Portugal, en compagnie cette fois-ci de Beatriz Nunes, la seconde voix de Madredeus. Résumé de l’épisode précédent : Teresa Salgueiro, la première chanteuse et pierre angulaire du groupe quitte la formation à la fin de l’année 2007. Son départ déclanche une longue période de doute où l’avenir du groupe est sérieusement compromis. C’est alors l’arrivée fin 2011 de quatre nouveaux musiciens qui redonnent souffle et vie à Madredeus. Parmi eux, la chanteuse Beatriz Nunes, que nous découvrons ici dans son premier et unique album solo à ce jour. Ambiance totalement différente de celle de Madredeus. Accompagnée d’un trio avec lequel elle collabore depuis six ans, Beatriz laisse ici libre cours à son amour du jazz et de la MPB (musique populaire brésilienne), au travers de reprises et de compositions de son cru. Il est de coutume dans le jazz de citer les musiciens qui participent à une session. Voici donc Luís Barrigas au piano, Mário Franco à la contrebasse et Jorge Moniz à la batterie. Suractive, la jeune chanteuse de trente est également professeure de chant dans deux écoles de musique de Lisbonne. 
ZOCALO [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]

 
01 - Andorinhas
02 - Ouroboros
03 - Aurora Tem Um Menino 
04 - Valsa De Um Bom Rapaz
05 - Sul E Sueste
06 - Canção Da Paciência
07 - Rio Sem Margem
08 - Pára-Me De Repente O Pensamento
09 - Resistência
10 - Pedras
11 - Senhora Do Ó
MP3 (320 kbps) + front cover

 

lundi 24 septembre 2018

GERARD MANSET ~ A Bord Du Blossom [2018]


La colère le dispute à la tristesse. Bien naïvement, je pensais qu'Opération Aphrodite (son précédent disque) était une erreur de parcours. Il n'en est rien: Manset est devenu totalement sénile, il fait sous lui et nous propose ses couches malodorantes. Hésitant entre la collection de chansons et l'album concept, il offre, ici, une complication des deux qui ressemble à une bassine de choucroute mélangée à une cuvette de ratatouille. C'était bien la peine d'effectuer des coupes débiles sur ses chefs-d’œuvre d'antan pour enregistrer ce genre d'étron mal composé, mal écrit, mal joué, mal chanté, mal arrangé. Rien ne nous est épargné, ni les voix féminines qui semblent sorties d'un affreux machin de faux r'n'b, ni les vilaines cordes au kilomètre, ni les méchantes guitares au poids, ni les récitatifs ridicules, ni même une voix d'enfant attardé (avec un texte qui fera date dans les annales (et je pourrais l'orthographier différemment !) : "[...] on a trouvé un livre et on l'a lu, ça parlait de poésie. C'est quoi, la poésie ?"). Je ne me souviens pas de mettre jamais autant torturé pour écouter un disque en entier. Je ne me souviens pas non plus avoir jamais entendu un charabia aussi grotesque et privé de toute mélodie un tant soit peu significative... Mais, en vérité, c'est moi qui doit être gâteux car dans la presse (Inrockuptibles, Télérama, Rock & Folk...) personne ne semble s'offusquer outre mesure. Tristesse, disais-je... 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !] 



01 - Ce Pays
02 - On Nous Ment
03 - La Falaise (Amaïti Amaïta)
04 - Mon Karma
05 - L'Equipage (Amaïti Amaïta)
06 - Manila Bay
07 - Le Hamac
08 - Une Chambre A La Havane
09 - La Flûte De L'Archipel Des Perles
10 - La Vierge Pleure
11 - Sa Tribu Primitive
12 - Le Fils Du Roi
13 - Dame Nature (Amaïti Amaïta)
14 - Pourquoi Les Femmes
15 - Le Paradisier
MP3 (320 kbps) + front cover

 

        
 

mardi 18 septembre 2018

PAUL WELLER ~ True Meanings [Deluxe Edition] [2018]


Ce Paulo-là, comparé au précédent, est presque encore un jeunot : tout juste soixante piges au compteur. Pour ce nouvel album, il a fait appel à une palanqué d'invités (dont le génial Danny Thompson à la contrebasse (les fans de Nick Drake apprécieront)) - certainement pour lui servir de paravent pendant qu'il se mettait à poil ! Ceci pose la grande question de ce disque : comment fait-il pour s'offrir avec tant d'impudeur tout en demeurant aussi élégant ? Paul Weller, on le sait depuis lurette, déteste se répéter et souhaite donc brûler la vie par tous les bouts. Le voici en mode acoustique pour un voyage qui n'a d'égal que la beauté des paysages britanniques et que l'on pourra écouter sans crainte après quelque chef-d’œuvre du Nick précité, de Richard Thompson ou... de votre troubadour préféré (il y a même un Wishing well que Neil Young aurait rêvé enregistrer s'il en avait encore le talent). Sa voix fait merveille, ainsi posée sur ce tapis de velours (elle amusera sans doute ceux qui l'ont vu postillonner et donner des coups de boule au micro pendant les épiques concerts de Jam !). Cet homme ne s'est pas assagi, il emprunte juste un autre versant pour rejoindre le sommet. Somptueux, émouvant (essayez donc d'écouter Bowie sans verser une larmichette), à écouter en boucle pour tenter de percer un maximum de subtilités... 
Jimmy JIMI [Vous prendrez bien le temps d'un petit commentaire !]       

01 - The Soul Searchers
02 - Glide
03 - Mayfly
04 - Gravity
05 - Old Castles
06 - What Would He Say
07 - Aspects
08 - Bowie
09 - Wishing Well
10 - Come Along
11 - Books
12 - Movin On
13 - May Love Travel With You
14 - White Horses
15 - The Soul Searchers [Richard Hawley Remix]
16 - Aspects [RAVEN Remix]
17 - Mayfly [The Reflex Revision]
18 - Glide [Instrumental]
19 - Old Castles [Instrumental]
MP3 (320 kbps) + front cover
COOL 128